Pendant des siècles, la vitesse de la lumière a été l’ultime limite à la création d’un empire interstellaire. Jusqu’à ce que la Compagnie Eronienne d’Energie, de Transport et de Communication conçoive le Tube. A travers un corridor de cent mètres de diamètre, les vaisseaux spatiaux voyages de planète en planète en quelques heures seulement. Eron est le point de départ et le terminal de tous les tubes de la galaxie. Son empire règne d’une main de fer sur les étoiles, et malheur à qui s’opposera à sa dictature !
Horn est un mercenaire hors pair. Mandaté comme assassin sur Terre, il doit honorer un contrat sur la tête du directeur général de la Compagnie Eronienne. Durant son infiltration, il rencontre le vieux Wu et son perroquet parlant. Les deux personnages lui semblent être de pauvres bougres perdus sur les ruines de la vieille Terre. Mais Wu réapparaît sans cesse, d’abord quelques instants avant qu’Horn n’honore son contrat, puis sur Eron, où notre assassin tente avec courage de fuir ses poursuivants en se cachant dans la gueule du loup. Qui est vraiment Wu, et quelles sont ses intentions réelles ?
Le pont sur les étoiles est un petit bijou de space opéra, injustement oublié des éditeurs. Ce grand classique est né d’une rencontre et d’une collaboration entre deux ténors de l’imaginaire : James E. Gunn, alors jeune auteur, et Jack Williamson, icône de la S.F. américaine. Leur première rencontre, en 1952, lors d’une convention mondiale de S.F., allait aboutir dès 1953 à une seconde rencontre et un projet d’écriture à quatre mains. Le véritable auteur du Pont sur les Etoiles est Gunn, mais l’initiateur de sa trame est Williamson. J.E. Gunn a travaillé à partir des notes de Williamson, lui renvoyant ses épreuves pour validation. Le manuscrit, une fois achevé, fut pris en charge par leur agent commun et publié en 1957.
Le résultat donne une œuvre puissante, combinant âge d’or de la S.F. américaine et sense of wonder dans un road trip interstellaire haletant. Les ingrédients utilisés dans la construction de cette fable futuriste son si bien agencés que le texte n’a pris aucune ride en plus d’un demi-siècle. Un tour de force qui doit certainement beaucoup au style évocateur et rêveur de Gunn, qui met en avant un univers presque onirique, une fable sur la grandeur et la décadence d’une civilisation intergalactique bâtie autour du plus grand secret technologique de l’univers. Les époques se succèdent, les empires se font et se défont, mais la fable reste la même. Je suis assez étonné d’ailleurs que je scénario n’ait pas inspiré (à ma connaissance) un réalisateur hollywoodien.
Il n’y a rien à jeter dans le Pont sur les étoiles. Le texte publié par les Moutons Électriques a subi une légère révision de sa traduction (texte traduit par Colin Delavaud et revisité par Julien Bétan) et surtout présente l’avantage d’être enfin publié dans son intégralité. Une préface de Gérard Klein, et la fort instructive postface inédite de James E. Gunn en personne complètent ce très bon texte. Plus qu’un livre de S.F., le pont sur les étoiles est une pépite dont il serait dommage de se priver.
Ma note : 16/20
Sur Helliconia, le terrible hiver touche à sa fin, après cinq cent ans de règne. Son cycle orbital complexe autour de ses deux soleils entre dans une nouvelle phase, et un court printemps s’apprête désormais. A sa surface, humains et phagors se partagent les maigres ressources de l’hiver. Tous vivent dans le souvenir légendaire de temps plus cléments. Alors que les premiers signes d’un redoux apparaissent, Yuli le chasseur nomade perd son père, capturé par les phagors. Dans son errance, il découvre Pannovial, la cité troglodyte, où les hommes cherchent à fuir le grand froid. Mais Yuli devenu prêtre refuse ce mode de vie cloîtré et remet en question l’ancien ordre établi. Il lui préfère la dure vie des nomades sur les étendues gelées. Dans les ruines de pierre d’un ancien palais, au bord d’un lac gelé, les chasseurs ont établi leur campement. Cette maigre tribu, que Yuli va conquérir, deviendra au fil des courtes générations humaines le cœur d’un bouleversement technologique, mu par le réchauffement climatique. Avec le dégel, l’humanité du paléolithique se mue en néolithique, puis en âge de bronze, et enfin en âge de fer. Le printemps voit refleurir l’humanité, et les phagors s’exilent à nouveau vers les dernières contrées gelées, fuyant l’interminable été qui s’annonce sur Helliconia.
Brian Aldiss, auteur britannique émérite de science-fiction, voulait créer son propre univers, et dresser un tableau romanesque de l’évolution de notre civilisation. L’idée d’Helliconia lui vint alors : un monde fort semblable au nôtre, à la différence près qu’une année y dure aussi longtemps que l’histoire de l’humanité. Sa première vision exposée à des amis et collègues scientifiques, il transforma ce deux rêve en un univers plus mûr. Helliconia connaîtrait bien des saisons interminables, mais en raison de son système solaire binaire. Son orbite autour de Batalix, une étoile au rayonnement plus faible que celui de notre soleil, dure 490 jours. Mais Batalix orbite elle-même autour d’une étoile géante, Freyr, en une révolution elliptique de 2592 années terriennes. La faible Batalix ne permet pas de réchauffer suffisamment Helliconia, le dégel ne s’opère que lorsque l’étoile se rapproche de Freyr. Le monde d’Helliconia n’a pas toujours connu ces cycles astronomiques majeurs. A l’origine, Batalix était seule, avant d’être capturée dans le champ gravitationnel de Freyr. Les premiers nés, les phagors, parcouraient alors leur monde gelé. L’arrivée de Freyr provoqua de puissantes transformations géologiques et écologiques, et de nouvelles espèces évoluèrent en conséquence. Les rares primates présents sur Helliconia donnèrent une race d’humains, s’épanouissant l’été et régressant l’hiver. Depuis ces temps, les phagors et les « fils de Freyr » comme ces derniers appellent les humains sont en guerre constante pour le contrôle de la biosphère helliconienne.
Cette fable teintée d’écologie planétaire resterait une belle construction de planète-opéra si les Terriens n’y rajoutaient pas leur discret grain de sel. Discrète touche de space-opéra, une station orbitale surveille discrètement Helliconia depuis des siècles. A son bord, des scientifiques terriens étudient avec attention le plus spectaculaire sujet d’étude en planétologie. Toutes les données recueillies sont envoyées vers la lointaine Terre, où l’étude d’Helliconia et de ses peuples captive les scientifiques comme le grand public. Véritable planète-laboratoire, Helliconia est également un programme de télé-réalité mondialement suivi sur Terre. Avec son millier d’année-lumière de différé, l’émission passionne notre planète. Curieux sentiment que notre humanité regardant par la lorgnette d’une station spatiale cette analogie qu’est Helliconia. Car aucun terrien ne peut venir explorer directement la planète. Il circule dans sa biosphère un virus à ARN, le virus hélico, mortel pour les Terriens. Sur Helliconia, il est véhiculé par les tiques, et est responsable de deux grands vagues d’épidémies lors des brusques changements de saison : la fièvre osseuse et la mort grasse. Ce mal vient jouer un rôle modérateur dans les populations mondiales de phagors et d’humains helliconiens, assurant discrètement le contrôle et la préservation de ses écosystèmes face aux deux espèces dominantes.
Le cycle d’Helliconia débute comme un laboratoire de l’imaginaire. Brian Aldiss s’évertue à dresser le portrait scientifique d’un monde de S.F. particulièrement complexe. Tour à tour astronome, géologue, écologue, ethnologue et archéologue, Aldiss s’appuie sur les remarques et discussions de scientifiques pour rendre son univers le plus crédible possible, et nous place dans la même situation que ces Terriens. Le biologisme omniprésent que jettent les scientifiques sur Helliconia fait place sur Terre à la passion des spectateurs pour ces lointains héros. Un certain sentiment de malaise persiste toutefois à la lecture de ce roman. Certes, la science justifie ce non-interventionnisme terrien comme un acte de foi éthique respectant l’évolution singulière d’Helliconia. Mais ce prétexte sert également de merchandising sur Terre, et écœure peu à peu le lecteur. Le spectateur terrien se réjouit du drame sans cesse répété que vivent les civilisations humaines et phagors à la surface de la planète ; est-ce là une perversion justifiée par la vertu scientifique ? L’éthique de ce roman repose dans ce questionnement sans cesse renouvelé, entre humanisme et biologisme.
De cette observation à la loupe et en accéléré d’une civilisation humaine, qu’en retient le lecteur ? Intérêt ou amusement ? La réponse est encore une fois dans le roman. Tout comme les spectateurs terriens abandonnent les vastes amphithéâtres de diffusion des années durant lorsque rien de nouveau ne se déroule sur Helliconia, le lecteur décroche à intervalles réguliers devant les scènes à rallonge développées au fil du texte. La lenteur du récit permet de créer un effet temporel, une longue mais inéluctable transition alors que l’hiver s’achève et que l’été s’annonce. Malgré les inévitables moments d’ennui qui jalonnent la lecture de ce tome, il est gratifiant d’en achever la lecture. La tableau d’ensemble est riche, haletant, dépeint avec un rare souci de minutie par un auteur convainquant. Helliconia mérite à coup sûr son titre de cycle classique de la S.F., l’œuvre ne demande qu’un peu de patience à son lecteur pour lui livrer toute son essence.
Ma note : 16/20
Sur la planète hostile de Delmak-O, quatorze colons s’installent sur une planète à la nature capricieuse, changeante et dangereuse. Alors qu’ils perdent tout contact avec l’état-major interstellaire de ce secteur de la galaxie, ils doivent faire face à des crises hallucinatoires inspirées par leur environnement hostile. Les illusions se succèdent, alors que les morts mystérieuses s’accumulent autour d’eux.
Au bout du Labyrinthe s’apparente à un Dix Petits Nègres à la sauce space opéra, mais n’a rien du polar à la Agatha Christie. Tout n’y est qu’absurdité, folie et crises hallucinatoires. Roman au bord permanent du naufrage, il n’en reste pas moins une étrange expérience de la détresse psychique dans laquelle était plongé son auteur au moment de son écriture.
Au début des années 1970, P.K. Dick est au plus mal. Sa femme Nancy Hackett l’a quitté avec sa fille, Isa. Il vit désormais en marginal dans sa maison californienne, ouverte à tous les hippies, junkies et squatteurs de passage. Il expérimente de nouvelles drogues, sombrant dans de longues périodes de délire. Lors de ses moments de lucidité, il cherche à se faire interner en hôpital psychiatrique, mais sans succès. Il publie durant cette année 70 deux ouvrages, Au bout du Labyrinthe et Message de Frolix 8. Deux livres qui suivent Ubik (1969) et Coulez mes larmes, dit le policier (1974). Une époque forte dans la vie de l’auteur, et dont ses futures œuvres garderont la trace, que ce soit dans le recours aux narcotiques (Substance mort) comme dans la recherche d’expériences mystiques (L’invasion Divine).
Mais revenons Au bout du labyrinthe. L’avant-propos de l’auteur, plutôt décousue, sonne comme un mélange mal digéré d’expériences psychotiques sous fond de crise existentielle. La fameuse expérience vécue de Maggie Walsh, qui lui aurait été inspirée à l’aide de L.S.D., est décrite de manière fade et conventionnelle. De même les différents personnages, censés représenter des facettes de sa personnalité déprimée, restent de tragiques bouffons et reflètent plus du désespoir de l’auteur que de la crise psychotique. Le fameux Coulez mes larmes, dit le policier exprime tout aussi bien, sinon mieux, la mélancolie et la déprime de Dick. Quelques références aux autres œuvres de Dick apparaissent ici et là; les structures réplicatrices de Delmak-O évoquent par exemple la nouvelle Autofab (1955). Comme souvent chez Dick, la compréhension des sciences et techniques reste hasardeuse, le caractère « scientifique » de sa SF reste relégué au second plan. Peu importe l’exactitude de ses propos, la technique ne sert que de problématique psychologique supplémentaire, sans prétention visionnaire.
Alors, si ce roman ne parvient pas à mêler efficacement hallucinations, psychologie et rêverie, que lui reste-t-il ? Probablement l’expérience mystique, avec l’écriture d’une théologie réfléchie et crédible, basée sur la déclinaison d’une divinité aux multiples facettes. Et le talent de rendre ce livre au combien imparfait aussi passionnant qu’intriguant. Peut-être pas la meilleure œuvre de Dick, mais sans aucun doute un ouvrage remarquable du maître.
Ma note : 16/20
Pas de panique ! Votre Guide du routard galactique en poche, vous voilà prêt à affronter les gouffres de l’espace (et du temps). Citons: le Vortex à Perspective Totale (où vous découvrirez l’univers dans l’horreur de son immensité); les concerts d’Oscar Paulette (le premier chanteur de pluto-rock); les Allègres Transports Verticaux de la Cybernétique de Cyrius (les ascenseurs qui ont des hauts et des bas); la redoutable sagesse antique des religieux Pères-Venches; les problèmes métaphysiques du Maître de l’Univers; et… le plat du jour du Dernier restaurant avant la fin du monde.
Que dire de plus sur ce second tome de H2G2 ? Si vous aimez l’humour britannique et potache, cette série est bien-sûre faite pour vous. Comme à l’accoutumée, chaque roman de cette série reste un moment de divertissement, sans grand autre prétention. J’irais même jusqu’à dire que relire un de ces tomes en été équivaut à revoir une énième diffusion du Gendarme à Saint-Tropez ou de la Septième Compagnie. Pour l’anecdote, il paraît que l’idée du « Dernier Restaurant avant la fin du monde » était venue à Douglas Adams en écoutant la chanson-titre de l’album de Procol Harum « Grand Hotel » . Ce restaurant spatio-temporel complètement farfelu demeure un établissement mythique de la science-fiction.
Ma note : 12/20
Yipee, c’est la fête ! Ayant juré de terrasser ma pile de livres achetés en 2009, je viens de triompher de l’infâme Kevin J. Anderson. Un petit pas pour le lecteur, un grand pas pour ma PAL. Une étape à marquer d’une pierre blanche, car j’en suis désormais arrivé à la pile tant attendue des grands formats dédicacés par leurs auteurs lors des Utopiales. Que du bon.
Mais j’arrête là de vous mettre l’eau à la bouche. Revenons plutôt sur ce chef-d’œuvre de science-fiction, ce monument dressé à la gloire de l’univers de Dune. Je veux parler bien entendu de Dune, la Genèse et son Tome 3, la « Bataille de Corrin » . Dune, un univers époustouflant mené de main de maître par Brian Herbert et Kevin Anderson, selon les notes de papa Frank Herbert (un p’tit gars inspiré mais qui n’eut pas la chance de rencontrer Anderson, triste histoire). Dans ce troisième tome, la Ligue des Nobles s’apprête à livre le combat final contre les Mondes Synchronisés. Mais le super-ordinateur OMNIUS n’a pas encore émis sa dernière mise à jour pour autant. Grâce au robot pensant Érasme, il prépare une frappe virale surpuissante qui risque d’anéantir l’humanité… J’arrête là, avec un tel teaser, on sent que les 756 pages de ce tome vont être plus qu’exaltantes. Notez au passage la putassière imagination des deux auteurs, qui n’hésitent pas à racoler le lecteur avec une épidémie « Le Fléau », des nanoréplicateurs, des machines pensantes, des voyages à la Star Trek et des combats spatiaux à couper le souffle dans le fracas sonore des tirs spatiaux (le son se propage toujours dans le vide à Hollywood, vous le savez bien).
Un tel scénario digne d’un générateur automatique d’intrigue ne serait pas parfait sans une écriture bâclée, rédigée selon la règle rémunératrice du kilomètre de papier soumis. Anderson excelle à cet exercice. La méthode est très simple, et typique des mauvais romans de licence. Prenez un univers vendeur. Sélectionnez un aspect peu développé de cet univers, ici le Jihad Butlérien de Dune. Dressez-en des ébauches en trois axes : origines du conflit, aléas de la guerre, victoire finale. Vous avez vos trois tomes. Diluez le tout en 600-700 pages par tome minimum en noyant les faits principaux (pas plus d’un élément important par tranche de cent pages) et servez le tout avec quelques phrases philosophico-débiles, soit-disant tirées de la sagesse des héros du roman. Vous obtenez au final une magnifique saga commerciale, véritable aimant à concepts vendeurs mais dénuée de tout intérêt. Servez chaud à grand renfort de phrases marketing avant que le soufflet ne retombe.
Pour le tome 3, Anderson s’est d’ailleurs particulièrement illustré. L’espace prend des dimensions ridicules et l’incohérence n’a de cesse de provoquer des éclats de rire. Le grand Vorian Atreides discute tranquillement depuis la limite d’un système solaire avec sa petite-fille restée sur une planète (avec 12h de décalage dans les répliques, en théorie, leur discussion devrait donc durer trois jours au bas mot). Les vaisseaux à propulsion classique parcourent allègrement l’espace interstellaire, au point de sprinter avec les vaisseaux plisseurs d’espace. Anderson s’essaye même aux biotechnologies (c’est tendance) et au fanatisme religieux (classique dans Dune). Tordant et pathétique. J’ai particulièrement savouré les Cultistes Butleriens qui détruisent toute machine électrique, de la centrale au baladeur de musique, mais qui ne touchent pas aux vaisseaux interstellaires (ben oui, c’est utile pour propager son culte). Le fanatisme raisonné, vous n’y aviez pas pensé, Anderson effectue sous vos yeux la pirouette.
Dune, la genèse me fait l’effet d’un de ces téléfilms science-fiction ou catastrophe que certaines chaînes TNT diffusent l’après-midi. Le scénario se résume en quelques phrases mais le réalisateur nous fait durer le suspense 5 heures durant, grâce à des micro-intrigues sans intérêt. Au bout de l’après-midi, le spectateur a l’impression d’avoir clairement perdu son temps, et qu’il aurait pu sortir un peu au lieu de glander devant la TV. Dune, la genèse c’est pareil. Une série bien loin de l’esprit du Cycle de Dune, fortement dispensable et commerciale à souhaits. A éviter, vous économiserez ainsi une somme rondelette. Non, ne me remerciez pas, c’est tout naturel.
Ma note : 5/20
(euh oui là après un tel sacrifice on peut dire que je suis méritant pour ce défi)
Voilà deux siècles que le psychohistorien Hari Seldon a prédit la chute de l’Empire. Sa Fondation, créée sur la planète Terminus afin de sauvegarder le savoir et la civilisation humaine, devient de plus en plus puissante à mesure que les années passent. Elle a su contenir les visées expansionnistes des systèmes séditieux voisins et les a incorporés progressivement dans son giron. Mais Fondation devient trop puissante, et attire l’attention de l’Empire moribond. Un jeune général ambitieux, Bel Riose, voit en Fondation le moyen de monter sur le trône impérial. Mais alors que cette crise Seldon se déroule, un autre événement, que le psychohistorien n’avait pas prévu, intervient. Un mystérieux et invincible conquérant, le Mulet, menace de renverser Fondation.
Second tome du Cycle de Fondation, ce livre paru en 1952 (Foundation and Empire, Gnome Press) contient deux nouvelles de la série Fondation. Ces textes furent initialement publiés dans la revue Astounding Science Fiction sous les titres Dead Hand (The General) (avril 1945) et The Mule (novembre-décembre 1945).
Cette édition française (comme le précédent tome chroniqué) est une traduction revue et corrigée par Philippe Gindre à partir de l’édition américaine de 1991, chez Bantam Books. Cette fois-ci, ce sont 57 pages tronquées lors des éditions françaises précédentes qui retrouvent enfin leur place dans l’ouvrage.
Asimov développe toujours avec autant de talent sa description de la chute inéluctable de l’Empire. Dans Le Général, le bel Empire Galactique vit ses dernières années. Les généraux s’en déchirent le pouvoir à la moindre occasion, les Empereurs se drapent dans le faste tandis que la capitale Trantor s’enfonce dans la corruption et l’immobilisme administratif.
Le Mulet marque une transition importante dans le Cycle de Fondation. L’Empire Galactique n’est plus, et Trantor a été saccagée par une flotte barbare, comme jadis l’antique Rome. Fondation règne sur ses ruines en annexant les royaumes barbares, mais son pouvoir est menacé par la corruption intérieure. Alors que la situation politique de Fondation devient compliquée, un nouvel ennemi apparaît, Le Mulet, que Seldon n’avait pas prédit ! Ce mutant conquiert rapidement Fondation, et il ne reste plus qu’une flotte de marchants séditieux à s’opposer à son règne despotique. Entre désarroi et chute annoncée, l’espoir pourrait bien venir d’une contre-mesure du célèbre psycho-historien : une Seconde Fondation.
Un second tome au final qui laisse le lecteur sur sa faim, prêt à se ruer sur la Seconde Fondation, et comprendre tous les aboutissants du plan de Seldon.
Ma note : 16/20
En 2045, des sondes robotisées ont détecté dans les océans sub-surfaciques d’Europa et sous la glace de Callisto des traces potentielles de vie primitive. Cette découverte révolutionnaire incite les agences spatiales internationales à lancer l’humanité à la rencontre de cette forme de vie extra-terrestre. Un ambitieux programme d’exploration des lunes joviennes est programmé, avec pour objectif l’installation d’une base réutilisable sur Callisto. Vingt ans plus tard, le programme HOPE (Human Outer Planet Exploration) a ouvert la voie à l’exploration humaine des confins du système solaire…
Vous en rêvez ? La NASA aussi. Dans un rapport mis en ligne en 2003, Pat Troutman (Nasa Langley Research Center) et Kristen Bethke (Princeton University) ont très sérieusement envisagé l’exploration du système solaire externe. Leur investigation est purement hypothétique, mais vise à anticiper ce qu’il serait techniquement envisageable d’ici quarante ans si la NASA était encouragée à poursuivre un programme fort de conquête spatiale au cours du XXIème siècle.
Il faut bien reconnaître que pour le moment, un simple retour sur la Lune ou une visite sur Mars restent encore difficiles à organiser pour la célèbre agence spatiale. Aussi l’objectif jovien des deux auteurs peut prêter à sourire. Tout d’abord parce que, comme dans 2001, l’Odyssée de l’Espace, une telle exploration nécessiterait la construction de vaisseaux spatiaux dignes de ce nom. Vaisseaux très hypothétiques à peine esquissés par les artistes de la NASA. Plusieurs systèmes de propulsion théoriquement réalisables sont cependant envisagés : des fusées thermonucléaires bimodales, des propulsion à fusion ou des propulseurs avancés à plasma (systèmes VASIMR ou MPD). A partir du point de Lagrange Terre-Lune L1 (à 84% de la distance entre les deux corps), un équipage de six astronautes s’élancerait à bord d’un de ces vaisseaux spatiaux pour une mission de 2 à 5 années. Le retour, quant à lui, serait facilité par un fly-by à faible altitude au-dessus de Jupiter, l’assistance gravitationnelle de la planète servant à se propulser vers le système solaire interne.
Callisto présente une faible exposition à la ceinture de radiation de Jupiter, tandis que Europe se situe dans une zone intense (10 fois supérieure à la ceinture de Van Allen de la Terre). De plus, cette lune présente une structure géologique stable. Callisto permettrait donc d’accueillir une base réutilisable pour soutenir l’exploration du système planétaire jovien. L’exploration des autres lunes, quant à elle, serait assurée par des robots téléguidés. Et pourquoi pas introduire un sous-marin automatisé dans l’océan souterrain d’Europe ? Nos deux chercheurs en rêvent.
La base réutilisable de Callisto devrait pouvoir accueillir trois astronautes pour des séjours de 30 jours maximum. La station serait alimentée par un réacteur nucléaire, et tous les matériaux utilisés devraient rester flexibles et tolérants à des températures de 100 K (soit –173°c). Autant dire que l’installation de la base nécessitera l’utilisation préalable de robots-ouvriers techniquement très avancés. Deux scénarios sont possibles : développer des robots anthropomorphiques, des « robonautes » multi-tâches, ou opter pour de petits automates spécialisés (mineur, assembleur, relais-maître…). Les visiteurs humains resteraient cantonnés la plupart du temps dans les modules habitables. Nos fiers astronautes ne pourraient faire que quinze sorties de trois heures par session, en raison des radiations et des faibles températures régnant à la surface. Leur rôle serait très spécialisé : planning décidé par analyse et discussion des données collectées, échantillonnage précis, exploration de l’environnement proche de manière plus complexe que par des sonde robotisées…
Le rapport HOPE est un rêve scientifique, un véritable scénario de hard science que les amateurs du genre apprécieront certainement. Malheureusement, il nous faut bien revenir à la dure réalité de notre monde. La crise économique et les restrictions budgétaires des programmes spatiaux internationaux ne jouent pas en faveur de tels programmes pharaoniques. Il ne reste plus qu’à espérer qu’un jour prochain, l’humanité sera capable d’assurer son développement durable sur Terre et d’envisager sereinement l’exploration du système jovien.
En ce début de treizième millénaire, l’Empire Galactique rayonne depuis sa planète-capitale, Trantor. Mais ce colosse aux pieds d’argile entame une lente déchéance, qui le mènera à sa destruction finale, et plongera la galaxie dans trente millénaires de chaos.
Seul l’éminent chercheur Hari Seldon a pu prédire ce cataclysme. En mathématisant les sciences humaines et sociales, ce savant a fondé la psychohistoire, sciences exacte et prédictive. L’Empire n’a plus que trois siècles à tenir selon ses propres calculs. L’inéluctable n’est plus évitable, et pour sauver le peu qui puisse encore l’être, il est impératif de regrouper tout le savoir humain à l’abri du désastre. Ainsi, la période de chaos pourrait être réduite à un seul millénaire. Ce projet salvateur, cette planche de survie de l’espèce humaine, c’est le projet Fondation, la création de la plus vaste encyclopédie jamais éditée. Le savoir, c’est l’espoir. Mais la psychohistoire fait peur aux autorités impériales, qui feront tout pour neutraliser l’agitateur Seldon et ses disciples…
Véritable monument de la science-fiction, le Cycle de Fondation s’inscrit au cœur de la mythologie d’Asimov. Récompensé par le prix Hugo 1966 de la « meilleure série de science-fiction de tous les temps » , le cycle représente un socle incontournable du space-opéra moderne, une lecture incontournable et inépuisable pour tous les amateurs du genre. Depuis un petit moment sur ma pile (encore un cadeau de l’éclairée Nessie), j’attendais sagement la période estivale pour m’embarquer dans l’aventure. Le Summer StarWars de Mr. Lhisbei n’a été qu’un prétexte supplémentaire pour m’y tenir.
Asimov était un scientifique (biochimiste) doublé d’un visionnaire enthousiaste. Avec Fondation, il voulait « rédiger un roman historique du futur » où tout son talent d’imagination et d’anticipation scientifique se manifesterait. Le Cycle s’articule tout d’abord en huit nouvelles originelles, publiées entre 1942 et 1950 dans Astounding Science Fiction. Au début des années 1950, l’éditeur Gnome Press rassemble ces nouvelles et les publie sous la forme d’une trilogie fondamentale comprenant Fondation (Foundation, 1951, quatre nouvelles plus une inédite en début de recueil), Fondation et Empire (Foundation and Empire, 1952, deux nouvelles) et Seconde Fondation (Second Foundation, 1953, deux nouvelles). Ce n’est qu’une trentaine d’années plus tard qu’Asimov y apportera les deux tomes finaux, Fondation foudroyée (Foundation’s Edge, 1982) et Terre et Fondation (Foundation and Earth, 1986). Asimov travaillera par la suite à la rédaction de préquelles permettant de relier l’univers de Fondation à ses autres cycles majeurs.
Le découpage en nouvelles rythme les trois premiers tomes. Asimov adopte dans son écriture un style proche du roman historique : il se concentre pour chaque nouvelle sur des événements-clés de la chute de l’Empire Galactique et de l’histoire de Fondation. Ses personnages jouent tous un rôle historique. Ce sont des grands hommes, dont l’empreinte va marquer irrémédiablement l’histoire galactique. Dans ces nouvelles, pas de place pour les petits. Le cadre scientifique a pris un coup de vieux. Asimov ne jure que par la fission nucléaire. Et pourtant, malgré toute la pompe de cette fresque spatio-historique un peu vieillotte, la magie opère toujours. Plus d’un demi-siècle après son écriture, on reste toujours scotché à l’intrigue. Car ces nouvelles, écrites à la lumière de sa psychohistoire, sont d’une intelligence rare. Le space-opéra évolue peut-être, mais la nature humaine reste la même. Et l’histoire se répète, sans cesses. Il est amusant de faire un parallèle entre cet empire galactique décadent et la chute de l’Empire Romain, dont Asimov s’est inspiré pour écrire son Cycle de Fondation. Avec autant de références sociologiques et historiques, la psychohistoire apparaît également comme une excellente méthode d’écriture de scénarios haletants et convaincants.
Je ne surprendrai personne en écrivant que Fondation a influencé de nombreux auteurs. A titre d’exemple, George Lucas a avoué s’en être inspiré pour La Guerre des Étoiles. L’univers de Warhammer 40,000 (qui me porte à cœur) lui doit le schéma de décadence chaotique sur plusieurs millénaires d’un empire brisé et le culte scientifico-religieux des techno-prêtres de Mars. La liste est loin d’être close, elle mériterait un article à elle toute seule. Il serait également superflu de conseiller la lecture de Fondation. Tout amateur de SF y viendra, un jour à l’autre. Alors, puisque tous les chemins du space opéra mènent à Asimov, je me précipite sur le second tome !
Ma note : 17,5/20
Film d’anticipation scientifique franco-canadien de Vincenzo Natali (Cube, Cypher, Nothing), Splice nous plonge au cœur de la biologie moderne et des questions bioéthiques. Clive et Elsa travaillent pour la société de biotechnologies N.E.R.D. Ces deux biologistes sont devenus des personnalités importantes sur-médiatisées suite à leur découverte inédite : ils ont réussi à combiner l’ADN de différentes espèces animales pour obtenir des organismes hybrides viables. L’objectif est de produire de nouvelles molécules pharmaceutiques grâce aux recombinaisons génétiques résultant de ces chimères.
Mais le couple de scientifiques voit plus grand. Ils veulent à présent passer à l’étape suivante : fusionner de l’ADN animal et de l’ADN humain. Lorsque leur laboratoire pharmaceutique refuse de les soutenir, Clive et Elsa décident de poursuivre leurs expériences en secret. Ils réussissent leur synthèse d’un génome hybride et créent Dren, une créature étonnante dont la croissance rapide la fait devenir adulte en quelques mois. Alors qu’ils redoublent d’efforts pour préserver leur secret, leur intérêt scientifique pour Dren se mue peu à peu en attachement, et les deux scientifiques perdent tout contrôle face à leurs actes et à leur créature.
Chimères animales et bioéthique
Nous sommes habituellement plus habitués aux films d’anticipation consacrés au contrôle du génome humain et aux dérives eugénistes qui pourraient en résulter. Les créatures hybrides, chimères et autres mutants sont généralement cantonnés au film d’horreur et de catastrophe (de préférence relevant du nanard). Aussi le synopsis de Splice, servi par une bande-annonce alléchante, a retenu mon attention en se focalisant sur un scénario hard science et une réflexion bioéthique sur la recherche pharmaceutique.
Clive et Elsa sont deux chercheurs lancés à corps perdus dans leurs travaux. Elsa a mis de côté ses désirs d’enfant, et le couple mène une vie de bohème dans un vieil appartement d’étudiants. Leur idéal personnel comme professionnel repose en une totale liberté de recherche, et une soif intarissable pour leur saint Graal : l’obtention d’un hybride homme-animal. Lorsque leur laboratoire refuse de leur donner le feu vert pour cette nouvelle percée scientifique, Clive et Elsa poursuivent tout de même leurs travaux. Pour Clive, il s’agit d’obtenir un génome hybride viable. Pour Elsa, ce résultat inédit ne suffit pas. Elle veut poursuivre l’expérience de biologie synthétique et introduire ce génome dans un ovule énucléé. Clive finit par céder, et Elsa poursuit jusqu’au bout leur expérience. Ils obtiennent rapidement une créature chimérique au développement spectaculaire, mais oublient peu à peu leurs règles morales.
D’abord sorte de poche larvaire, la créature effectue une première transformation en rat-fœtus géant (voir image ci-dessus). Plus, l’organisme s’humanise peu à peu et atteint un troisième stade, sous la forme d’une petite fille chimère. Baptisée Dren, la créature présente un intellect vif et progresse à grands pas. Sa croissance n’a de cesse de s’accélérer, et les deux chercheurs sont obligés de la cacher dans une vieille grange chez Elsa.
Toute la réflexion autour de la créature apparaît dans l’atmosphère oppressante du film et la ressemblance troublante de Dren avec une petite fille. Le trouble ressenti par le spectateur augmente sensiblement lorsque Dren devient une jeune femme pubère. Difficile de trancher : doit-on regarder la créature comme un être humain ou un animal ? Le réalisateur renforce ce trouble en donnant à Dren des mimiques comportementales appartenant aux deux registres.
Par bien des aspects, Splice évoque des nouvelles de science-fiction comme « La Caresse » de Greg Egan : une chimère homme-animal, une réflexion sur la bioéthique, et une créature mystérieuse cumulant plusieurs attributs, sans que le spectateur puisse trancher sur sa véritable nature. Alors, Dren, animale ou humaine ?
Une anticipation œdipienne
Le contrôle de l’expérience échappe rapidement à Clive et Elsa, alors que la créature grandit. Clive oscille constamment entre ses considérations morales et sa curiosité scientifique, alors qu’Elsa effectue un dangereux transfert sur Dren, qu’elle considère peu à peu comme son propre enfant.
S’engage alors un délicieux huis-clos dans la grange abandonnée, entre Dren, toujours plus humaine, Clive et Elsa. La trame psychologique s’engage dans un scénario œdipien, dont la conclusion repousse le spectateur aux limites du trouble. L’ultime scène vient repousser les dernières limites morales et physiques et retourne l’estomac. Filmée avec une sensualité révulsive, la conclusion de la relation entre Clive et Dren nous perturbe, dérange, et se joue de nos dégoûts. Peut-être parce qu’au-delà de son caractère difficilement soutenable, elle flatte un inconscient bestial, profondément caché derrière les remparts de notre conscience et de notre morale.
De l’apothéose à la déchéance
Mais alors que les ingrédients scientifiques, psychologiques et moraux ont été utilisés avec brio, le film s’engage dans une brutale auto-destruction hollywoodienne. Je m’interroge : pourquoi avoir gâché ce succulent film de hard science pour l’achever sur une scène d’horreur décevante et on ne peut plus cliché ?
Dren perd tout son intérêt dès que s’engage la dernière phase de son développement. Elle se transforme alors en monstre caricatural de film d’horreur. Finie, son humanité troublante. Envolée, la réflexion bioéthique. Le Nosferatu lubrique qui se déchaîne alors à l’écran fait voler en éclats toutes les qualités de ce film. On a envie de crier au crime, d’implorer le réalisateur de faire marche arrière, mais ce dernier s’obstine et porte le coup de grâce à son film au fond des bois enneigés. Splice a achevé sa mutation. Nous ne sommes alors plus devant un brillant film de réflexion mais face à un film d’horreur SF hollywoodien. C’est une déception totale !
Il me faut l’avouer, je ne suis resté dans la salle que par miracle (ou fainéantise, la salle étant climatisée), car tout mon intérêt s’est envolé durant les dernières minutes de Splice. Après une scène finale qui tente de relever le niveau (mais non, en fait, c’est trop tard), il ne me reste plus qu’un mauvais arrière-gout dans la bouche. Comme si tout ce film n’avait été qu’un moyen pervers de se rincer l’œil. Même la réflexion bioéthique en devient vulgaire. Décevant et frustrant. J’en ressors avec une mauvaise gueule de bois.
J’ai révélé durant cette chronique, il est vrai, beaucoup d’éléments-clé du film. Tant mieux. Car honnêtement, je ne vous conseille pas d’aller voir Splice, tant son dénouement m’a déçu. Il n’en reste pas moins que jusqu’à la conclusion du huis-clos entre Dren, Clive et Elsa, je maintiens mes éloges sur cette partie. Si vous êtes courageux, allez le voir jusque là. Mais fuyez la projection avant que ne débute la résurrection de Dren et le massacre final ! A croire qu’un scénario de science-fiction sans éléments hollywoodiens bourrins n’a aucune chance d’être distribué en salles. Quel dommage, j’en suis écœuré.
Ma note : 8/20
Michael Jennings est un ingénieur de talent reconnu dans le monde entier. Spécialisé dans les projets top-secrets commandités par des sociétés high-tech, il subit un lavage de cerveau à la fin de chaque contrat. Sa mémoire ainsi effacée ne peut livrer le moindre détail quant à ses missions professionnelles. Il reçoit en retour un chèque conséquent à chaque fin de contrat.
Mais un jour, l’enveloppe qui lui est remise ne contient pas de chèque. Juste quelques objets épars et sans intérêt. D’après son dernier employeur, Jennings aurait renoncé volontairement à son salaire, le troquant contre ces babioles. Harcelé par un ennemi inconnu, Jennings n’a que quelques heures pour prendre sa décision : reconstituer les pièces de ce curieux puzzle ou passer outre. Le premier choix signifie également découvrir ce qui se cache derrière les murs ultra-sécurisés de son ancien employeur…
Philip K. Dick est un auteur hors du commun parmi les plus grands écrivains américains de science-fiction. Dans ce recueil de nouvelles apparait la non moins célèbre nouvelle La clause de salaire (Paycheck) adaptée au cinéma, mais également une série de textes captivants. Nanny se fait démonter par la version supérieure ? Comme on dit, là où il y a de l’hygiène… Post-apocalypse nucléaire en vue. Attention aux guerres des Autofabs; tout cela ne vaut pas le bon temps de Poupée Pat, c’est moi qui vous le dit. L’ordinateur mondial tombe en panne ? Le suppléant débarque. Êtes-vous pris dans une spirale temporelle ? Faites un geste, un p’tit quelque chose pour nous, les temponautes ! Et n’oubliez pas de remplir le formulaire d’avortement post-naissance si dans un sursaut d’horreur, votre rejeton vous semble indigne de votre sang. Pas de remords, après tout, ce n’est qu’une Pré-personne.
Un recueil prenant, aux choix de nouvelles intéressant, mais qui laisse sur sa faim. Il me semble dans le fond plus pertinent de collectionner l’œuvre de P.K. Dick aux éditions Omnibus (romans) et chez Lune d’Encre / Denoël (nouvelles) plutôt que de courir après différents courts recueils !
Liste des nouvelles :