
Ferdias said, "We have listened to you for many months, Ashton. Our opinions have not been altered, not even by the fall of the Citadel." His gaze dwelt again on Stark, and the hounds muttered and whined and were restless. "You hope to destroy us by revealing to the world that we are not immortals but only men, only Wandsmen grown older. Perhaps this may come about. It has not happened yet. The Harsenyi nomads will carry the tale of the Citadel's fall in their wanderings, but it will be a long time in the telling. No doubt you sent messengers of your own, or tried to, to take word swiftly to Irnan. Messengers can be intercepted. Irnan is under siege. We hold all the Fertile Belt. We hold Skeg, your only hope of escape, and the starport is under guard at all times - you can hardly hope to reach it without being captured. And Skaith herself is your enemy. She is a cruel mother, but she is ours, and we know her. You do not."
Stark a survécu aux traquenards qui l'attendaient, libéré Ashton et remporté une victoire symbolique contre les Seigneurs Protecteurs... Malheureusement ses premiers alliés sont toujours prisonniers et condamnés à mort, sans compter que toute la zone tropicale les sépare de l'astroport, menacé à terme. La poignée de molosse télépathe ne sera pas suffisante pour accomplir ce périple et ouvrir la voie vers les étoiles...
Stark va devoir se trouver des alliés dans la zone désertique et s'opposer aux forces des Seigneurs Protecteurs. Un conflit à un contre dix où sa fureur primitive, en tant que N'Chaka, l'orphelin de Mercure, ne suffit plus. Un guerre où les molosses ne seront plus une carte maîtresse du fait de leur répugnance à s'en prendre à leurs anciens maîtres, désormais en première ligne.
Jofr was quiet, glancing frequently at Stark with a certain pointed hopefulness.
Old Sun watched Stark, too, a dull eye full of senile malice. I'm none of yours, Stark thought, and you know it, and you're thinking of the Springfire, like the boy. He laughed at his own fancy. But the primitive N'Chaka did not laugh. The primitive N'Chaka shuvered and was cold, smelling danger in the dim air.
The primitive N'Chaka did not place much faith in visions.
Le récit est beaucoup plus dynamique dans ce second tome, Stark est désormais pleinement actif, poussé par l'urgence... Quoi qu'il en soit, il trouvera des alliés, modelés par les conditions de la planètes : cruels et implacables. Alors que The Ginger Star avait une structure un peu répétitive dans sa succession de trahison et de capture, The Hounds of Skaith est très prenant, l'aventure étant menée tambour battant. Chaque victoire est chèrement acquise et les hordes cannibales issues du désert ou la foule de lyncheurs donnent lieu à des images puissantes. Le style de Leigh Brackett est très fluide et agréable, certaines images, évoquées dans la préface, sont très bien vues. Son univers est parfaitement maîtrisé, on sens en permanence l'ombre déchue d'une époque technologiquement glorieuse. Tandis que la présence des vaisseaux spatiaux à Skeg est une obsession tant pour les héros que leurs antagonistes. Une excellente épopée.


Au loin, les masses grises des casinos abandonnés, colosses séniles répudiés par les hommes. Et, au dessus des palmiers lépreux, un type illuminé de néon bleu, qui pendait à un lampadaire, dix mètres au dessus du périphérique. Le chauffeur coupa la radio et sortit pour l'observer. Il le regarda en se grattant le menton, puis baissa les yeux, essayant de déchiffrer les ombres encaissées au bitume par le cadavre qui pendulait dans le vent, sans y parvenir.
Les auteurs de Yama Loka Terminus récidivent, sans toutefois s'attacher à Yirminadingrad, y passant fugitivement parfois. Bien que les lieux et les époques changent, on y retrouve des ambiances similaires, le tout à un arrière goût de folie, notamment le retour à Bara Yogoï, déjà évoqué dans Yama Loka Terminus si je ne me trompe pas, avec L'atmosphère asphyxiante dans laquelle nous vivons sans échappée possible.
Chaque nouvelle est accompagnée d'une illustration contribuant à l'ambiance sombre. Bien que l'ensemble du recueil m'ai plu, trois nouvelles m'ont particulièrement marqués sur les sept proposées :
- Playlist\shuffle : le trajet d'un chauffeur de taxi pour une course solitaire et ses réminiscences.
- A propos d'un épisode méconnu des guerres coloniales motherlando-mycroniennes : un enfant d'une tribu indépendante vivant dans des montagnes désertiques est entrainé dans une traque qui ne le concerne pas par un très étrange personnage.
- Délivrances : récit fantastique post apocalyptique porteur d'espoir sur la fatalité et les traditions.
Un petit recueil toujours quelque part entre Dick et Ballard, un voyage étrange. Il faudra que je le relise, rien que le feuilletant des passages qui me semblaient obscurs hier s'éclaircissent. Une très bonne surprise.

Le temps des aventures sur Mars est passé, Eric Stark est parti sous d'autres latitudes. Quand son père adoptif disparait en mission officielle sur la planète agonisante Skaith, récemment découverte, il accepte de se mettre au service de l'Union Galactique. Sa mission de secours sera autant officielle que pour des motifs personnels.
Skaith est une planète atypique, orbitant autour d'un soleil agonisant, les civilisations éminentes s'y sont tous écroulés pour revenir à un niveau technologique antique. Dans la ceinture fertile, la société est divisé en deux les travailleurs qui produisent la nourriture pour nourrir les hordes d'errants nonchalants et drogués que leur dirigeants transforment en meute meurtrière au moindre signe de révoltes.
Autant dire que la venue d'Ashton et ses propositions d'émigration les gênaient considérablement. Livré à lui même Stark devra retrouver la trace de son mentor.
He walked through the crowded streets, a dark man in a dark tunnic - a big man, powerfully muscled, who carried himself as lightly and easily as a dancer. He was in no hurry. He let the city flow around him, absorbing it through all the senses, including one that civilized men have largely lost. But he was not civilized. He was aware of the lights, the colors, the mingled smells, the strange musics made by unnameable instruments and alien voices, the bright banners that hung above the sin-shops, the movements of people ; underneath it all he sensed a rich, ripe, stink of decay. Skaith was dying, of course, but it did not seem to him to be dying well.
Malheureusement pour Stark, le passé de Skaith, autrefois glorieux, a laissé des traces. Les mutations génétiques provoqués ne se bornent pas aux hommes amphibiens anthropophages, les medium abondent et sa venue a été prophétisé de multiples façons.
Immédiatement agressé, sauvé puis embrigadé, il n'a pas d'autres choix que de passer d'une captivité à l'autre du fait de la situation insurrectionnelle. Les étendues inhospitalières où se terrent les dirigeants ne se révèlent pas plus amicales et Stark assistera à la chute de nombre de compagnons.
Each time they bound him he tested the bonds to see if they had been careless. When he found they had not, he lay on the bales of goods that formed his bed and slept, with the iron patience of a wild thing. He had not forgotten Ashton. He had not forgotten anything. He was simply waiting. And every day brought him closer to where the wanted to go.
Ce premier tome de la trilogie des aventures de Stark sur Skaith commence très bien. Les rebondissements sont fréquents et Stark apparait comme un héros pragmatique et pas aussi impitoyable qu'on pourrait le croire. Loin de tout manichéisme, The Ginger Star est un bon roman d'aventures à l'ancienne. Une très bonne lecture estivale.


Robert Silverberg n'a jamais écrit le tome terminant l'intrigue de la Grande Planète commencée avec A la fin de l'hiver et La Reine du printemps, suite à des divergences avec son éditeur du moment. Cela ne l'a pas empêcher d'élaborer un synopsis assez détaillé ainsi qu'une novella se concentrant sur une partie assez prenante de l'intrigue. Documents que l'on trouve dans le recueil présent.
Les Vestiges de l'Automne nous permet de rejoindre le peuple bien des années après les deux premiers épisodes. La civilisation entre maintenant dans une phase proche du XXeme siècle quand arrive une nouvelle édifiante : des Seigneurs-de-la-Mer ont survécu au Grand Hiver.
Une archéologue et un architecte, pris dans une relation amoureuse complexe, se grefferont à l'expédition. Sur place, ils rencontreront les survivants de la race déchue pour un constat cruel.
Côté synopsis, le manque est encore plus cruel tant les idées lancées dans ce tome présageait un roman riche et prenant.
Un très bon moment mais qui nécessite à mon avis d'avoir lu les deux premiers tomes.

- Le commandant Royd est parfait, dit-elle en secouant la tête. Un homme étrange pour une mission étrange. Qu'avez-vous à redire à ça ? Vous n'aimez pas le mystère ? Nous sommes à des années-lumière de chez nous dans le but d'intercepter un hypothétique vaisseau étranger venu du coeur de la galaxie, un vaisseau qui était déjà en route alors que l'humanité n'était encore que balbutiante, et vous voilà tous bouleversés parce que vous ne pouvez pas compter les points noirs sur le nez de Royd.
Parmi toutes les espèces intelligentes voyageant , on trouve le mythe du Volcryn, un ou plusieurs vaisseaux qui traverserait la galaxie en propulsion standard et en se tenant à l'écart des systèmes solaires. Une poignée de savant se lance sur les traces du mystérieux engin à bord d'un vaisseau peu cher affrété pour l'occasion.
Alors que Royd, le propriétaire et seul équipage du navire se cache des passagers, le télépathe de l'expédition présente des signes de psychoses, se sentant menacé. Rapidement la paranoïa s'installe et la situation dégénère avec le premier mort...
Avec cette novella, George R.R. Martin réussit à mener un thriller spatial, véritable lieu clos l'action se déroulant dans l'espace interstellaire, mais aussi une histoire maligne de rencontre du 3eme type. Bien ficelé et mené, Le Volcryn se révèle un très bon moment.


Le Dragon était mort. Il secoua la tête et ferma les yeux. Ananaïs, Decado, Elias, Beltzer. Tous morts. Trahis parce qu'ils avaient cru à l'honneur et au devoir avant tout. Morts parce qu'ils avaient cru que le Dragon était invicible et qu'au bout du compte le bien triomphait toujours.
Tenaka se secoua pour se réveiller. Il mit de grosses branches dans le feu.
- Le Dragon est mort, déclara-t-il à voix haute.
Celle-ci résonna dans toute la grotte. Comme c'est étrange, pensa-t-il. Les mots sonnaient vrai et pourtant il n'arrivait pas à y croire.
Un siècle après Légende, Drenaï est sous la coupe d'un dictateur dément. Après avoir été dissoute, la redoutable unité anti-nadirs, le Dragon, a été anéantie, ses membres attirés dans un piège et massacrés. Tenaka Khan, sans mêlé drenaï - nadir en était un membre éminent. Suite à la dissolution, il s'est exilé au loin. Quand la nouvelle du massacre lui arrive, il décide d'en finir avec le tyran Ceska.
En chemin, il tombera (encore !) sur un prêtre de la Source qui lui révèlera une prophétie.
- La mort m'appelle. Je dois répondre, murmura le mystique. Pourtant le Porteur de torche n'est pas ici.
- Donne-moi le message, vieillard. Je te promets de le faire passer à qui de droit.
Petit à petit des compagnons se grefferont à lui et ils rejoindront les résistants dans les montagnes. Bien qu'ayant remporté quelques succès, leur situation deviendra intenable au fur et à mesure que Ceska lancera des forces de plus en plus importantes contre eux. Ne restera alors plus qu'une seule solution pour le sang mêlé, aller chercher l'aide des tributs nadirs et se mesurer au Roi sur le Seuil.
A force de trop tirer sur la corde, elle casse. C'est le cas avec ce roman sur Drenaï. L'univers est toujours aussi minimaliste que dans Légende et Waylander mais la recette ne fonctionne plus, globalement l'intrigue n'est pas très cohérente Ceska et les Templiers Noirs étant tour à tour vindicatifs puis lymphatiques alors qu'ils sont conscients de la menace.
Si le personnage de Tenaka est bien taillé et le récit qui s'attache à ses pas est plaisant, ce n'est pas le cas pour le reste des personnages à quelques exceptions près (Païen et Rayvan s'en tirant plutôt bien). Le roman compte quelques moments forts mais il ne semble ne rien y avoir entre eux. On s'ennuie, c'est plat, plein de poncifs et donne l'impression d'avoir été expédié.
Un roman dont on peut se dispenser.

Seul recueil de science fiction de Banks, l'Essence de l'Art s'avère une bonne surprise. La préface, Introduction à la Culture par Arkady Knight est plaisante et résume bien l'oeuvre de Banks. Viennent ensuite huit nouvelles ou novellas pas forcément en rapport avec la Culture
La route des Crânes, première nouvelle du recueil; et hors Culture, s'avère anecdoctique.
Vient ensuite Un cadeau de la Culture où les aventures d'un citoyen ayant quitté cette dernière pour vivre au sein d'une société moins hypocrite à ses yeux mais aussi beaucoup plus brutale.
Non, je ne pouvais pas faire ça. J'avais quitté la Culture parce que je m'y ennuyais, mais aussi parce que la morale prosélyte, interventionniste de Contact impliquait qu'on commette précisément les actes que nous étions censés empêcher chez les autres : déclenchement de guerre, assassinats... toutes ces choses mauvaises... je n'avais jamais travaillé directement avec Circonstances Spéciales, mais je savais bien ce qu'il s'y passait. (Circonstances Spéciales ! Trucs Crapoteux, oui. Le seul euphémisme de la Culture, ce qui en dit beaucoup...) J'avais refusé cette monstrueuse hypocrisie au profit d'une société ouvertement égoïste et intéressé, qui ne prétend pas à la vertu et affiche son ambition.
Un texte bien ficelé présentant agréablement une nouvelle facette de la Culture.
Curieuse jointure, hors Culture, raconte un premier contact entre une entité extra terrestre et un voyageur spatial humain. L'explorateur devra faire face au désespoir amoureux de l'extra terrestre... Un texte amusant et assez saignant.
Descente, narre la curieuse relation entre un naufragé et son scaphandre conscient. Loin de tout secours sur une planète aux conditions hostiles, l'un blessé, l'autre endommagée, les deux entités intelligentes noueront une relation au cours de leur lutte pour la survie. Un texte prenant.
Nettoyage est un texte humoristique à la Robert Sheckley, un dispositif extra terrestre défectueux bombarde la Terre d'artefact au temps de la Guerre Froide. Féroce cynique et drôle.
Fragment s'inquiète de l'intolérance religieuse quelque que soit le niveau d'éducation sur fond d'actualité écossaise.
Les cinglés peuvent bien brûler les disques de rock et aller chercher l'Arche de Noé en haut du mont Ararat ; qu'ils se ridiculisent donc pendant que nous forgeons l'avenir ! Il nous reste seulement à espérer que nous resterons plus nombreux qu'eux, ou au moins que nous aurons toujours davantage d'influence qu'eux, garderons notre place aux commandes... peu importe.
Un excellent texte, hors SF, qui frappe juste.
La novella, L'Essence de l'art narre la découverte par un navire de Contact, de notre planète à la fin des années soixante dix. A bord le débat fait rage, au sein de l'équipage humain, sur la nécessité d'intervention ou non. Tandis qu'un des membres de l'équipe s'amourache de nos sociétés et souhaitent s'y fondre.
- Prêts ? Mais quelle importance ? Qu'est-ce que ça veut seulement dire ? Evidemment qu'ils ne sont pas prêts, bien sûr que nous allons tout gâcher ! Tu crois qu'ils sont davantage prêts pour leur Troisième Guerre Mondiale, que nous pourrions provoquer davantage de désastre que ce à quoi ils parviennent tout seuls en ce moment ? Quand ils ne sont pas en train de se massacrer les uns les autres avec application, ils inventent de nouveaux moyens de le faire avec plus d'efficacité, à moins qu'ils ne se consacrent à provoquer des extinctions d'espèces, de l'Amazonie à Bornéo... ou bien ils déchargent tout leur merde dans l'océan, l'air, le sol. Ils auraient du mal à vandaliser plus complètement leur planète, même si nous leur donnons des leçons.
- Pourtant tu les apprécies tels qu'ils sont, en tant qu'humains, je veux dire.
- Non, c'est toi qui les apprécies comme ils sont, ai-je répondu au vaisseau en pointant le doigt sur le drone. Ils flattent ton amour du désordre.
Un texte plutôt bien vu, plus qu'un réquisitoire, toujours dans le ton et l'ambiance générale de la Culture.
Le recueil se termine sur Eclat, un texte expérimental dont je suis passé à côté.
Six textes sur les huit m'ont emportés, ce qui me permet de conclure que ce recueil est une réussite.

- Est ce qu'ils peuvent voler jusqu'aux soleils ?
- D'eux mêmes, non. Pour ça, ils utilisent des vaisseaux. Des vaisseaux dont les voiles sont invisibles.
- La chaleur des soleils ne les brûle pas ?
- Pas les voiles : comme elles sont invisibles, la chaleur ne fait que les traverser. Mais bien sûr, le bois des coques roussit, noircit et finit par s'enflammer s'ils s'en approchent trop.
- A quelle distance se trouvent les soleils ?
- Je l'ignore, mais il paraît que l'un est plus éloigné que l'autre. Des gens très intelligents affirment même qu'ils sont très distants l'un de l'autre.
- J'imagine qu'il s'agit de ces mathématiciens qui prétendent que la monde n'est pas plat, mais qu'il a la forme d'une boule, intervint Perrund.
- Certainement, opina DeWar.
Sur un monde ayant été ébranlé par une chute de météorites, deux citoyens de la Culture se sont infiltrés, chacun dans un royaume, ignorant tout de la présence et des actions de l'autre.
DeWar est devenu le simple garde du corps du Protecteur, un régicide audacieux et passe son temps libre avec l'héritier de ce dernier et Perrund une de ses concubines. Les merveilles de la Culture ne sont alors qu'un thème bien pratique de conte pour l'enfant. Bien qu'efficace dans son office, DeWar ne semble pas vouloir intervenir dans le cours des évènements ou changer quoi que ce soit à ce monde en pleine Renaissance.
"Serais-je suffisamment rétabli pour le bal de la prochaine petite lune ?" demanda le roi au docteur tandis qu'elle préparait un pansement propre pour sa cheville. En vérité, l'ancien était impeccable, le roi s'étant alité à cause d'éternuements et d'une gorge chatouilleuse peu de temps après qu'on nous eux annoncé le décès de Nolieti, la veille, dans les Jardins Cachés.
"Je pense que vous pourrez y assister, sire, répondit le docteur. Mais ne vous avisez pas d'éternuer sur quelqu'un.
- Je suis le roi, objecta-t-il en reniflant au creux d'un mouchoir propre. J'éternue sur qui bon me semble."
Vossl de son côté est devenue, le médecin du roi d'un royaume voisin et semble décidée à influencer ce dernier subtilement afin de réformer l'ensemble de la société. Ce faisant elle s'attire bien des inimitiés, notamment des nobles de la cour, qui se passeraient bien de ses services.
Inversions tranche complètement des romans de la Culture, non pas par l'ambiance, mais par la narration effectuée par un autochtone ignorant tout des spécificités des deux protagonistes. Les deux histoires sont racontées en alternance et n'ont que peu de rapport entre elles si ce n'est leur passé commun évoqué sous forme de conte par DeWar. Un roman dépaysant où l'on s'amuse à reconnaître les gadgets technologiques de la Culture à travers la description de leurs effets. Au final, l'on se trouve devant deux histoires en une avec trame sombre qui se termine bien. Une bonne surprise.


Excession. C'était le nom que la Culture donnait à ces choses. C'était devenu un terme péjoratif, ce qui faisait que les Elenchs ne l'utilisaient pas en temps normal. Ils s'en servaient uniquement, à titre exceptionnel, entre eux, pour désigner quelque chose d'excessif. Une agressivité excessive, n'importe quoi. Ces choses-là se présentaient, ou étaient créées, de temps à autre. Tomber sur l'une d'elles faisait partie des risques que l'on prenait quand on partait à l'aventure.
Des éléments Elench, une civilisation issue de la Culture, découvre un gigantesque objet dans les confins de la galaxie. Le premier contact tourne mal et une bouteille à la mer est lancée. Le message parviendra à la Culture mais l'Affront, une société belliqueuse suivait les Elenchs de près et se compte bien mettre la main sur le fameux objet sans se soucier des conséquences ou de l'avis du sujet.
Les exemples ne manquaient pas ; en fait, quand on examinait de près leur société, il était presque impossible d'éviter de rencontrer des manifestations de leur usage délibéré, et même artistique, de manipulations génétiques destinés à produire sous la pression d'un égoïsme aussi exubérant que déplacé - pour eux, impossible à distinguer d'un altruisme authentique -, des résultats qui auraient exigé de la plupart des sociétés des sommets de perversion suicidaire.
Chaleureux mais horrible, tel était l'Affront. Il avait un dicton pour cela :"Le progrès par la douleur." Genar-Hofoen l'avait même entendu de la bouche de Quindital. Il ne se souvenait pas exactement des circonstances, mais il avait dû être suivi d'un "ho ! ho ! ho !" sonore.
L'Affront sidérait la Culture tant il semblait impossible à réformer, tant son attitude et sa moralité abominables semblaient prémunies contre tout remède.
Circonstance Spéciale s'empare de l'affaire et des Mentaux portés disparus surgissent soudainement et pour diriger les opérations.
Une poignée d'humains de la Culture est aussi prise dans la tourmente, l'un pour obtenir des informations d'une de ces anciennes relations hébergée sur le VSG excentrique Service Couchettes, l'autre pour l'en empêcher. Il apparait bien vite que plusieurs factions de Mentaux opèrent simultanément chacune avec son propre agenda et n'hésitent pas à se tirer dans les pattes alors que le risque de conflit avec l'Affront enfle de manière démesurée et que l'Excession défie toujours les règles de la physique tranquillement dans les confins.
Iain M. Banks livre ici, un space opera échevelé, tranchant avec le spleen propre aux romans de la Culture. La mise en avant des Mentaux est intéressante d'autant plus qu'elle place cette société anarchiste face à ces contradictions. Plaisante, la lecture d'Excession constitue un bon moment.


Une fois l'an, sur le tronçon d'autoroute abandonné de la zone nord, les vingt ou trente chevaux de la ville courent sur le bitume. Il faut boucler cinq tours à la grande feria qui a lieu à l'automne, la seule qui compte vraiment, et à chaque tour attraper une bouteille de vodka pleine, la vider sans cesser d'éperonner.Les familles, les habitants du quartier, les curieux sont massés le long des glissières. Ils attendent de voir les coureurs tomber, les bêtes se briser la jambe dans un trou du macadam.
Yama Loka Terminus est l'évocation d'une cité d'Europe de l'Est ou de Russie en un temps incertain. Une cité de béton en partie ruinée et totalement surréaliste : Yirminadingrad.
- Yirminadingrad... Vous savez, quand je suis en déplacement, je rêve souvent de cette ville. J'y invente de grands travaux en cours. Des transformations. Des tours transparentes qui poussent dans les marais, de vieux transatlantiques qui rentrent dans la rade en sifflant, des plantes grimpantes qui craquellent le bitume d'autoroutes à l'abandon.
- ...
- Mais à chaque fois que j'y reviens, je me sens floué. J'ai conscience que ce n'était que des songes, bien sûr, mais je suis tout de même déçu de ne retrouver que cette cité grise, ces bâtiments sales, ce ciel bas, toujours fade, toujours plombé.
Plutôt qu'un guide touristique, nous avons ici vingt et un récits, s'interpellant parfois mais tous ayant à voir avec la cité. Des ambiances variées mais généralement amères, teintées par la déliquescence de la cité, affectant même les privilégiés.
On nous a finalement annoncé que tout était en voie de s'arranger, qu'il faudrait simplement patienter encore un peu. Ces explications n'ont pas satisfait les passages en transit.
Quant à moi, l'idée de me retrouver bloqué dans cette salle, dans une ville étrangère, loin de mes responsabilités et de mon quotidien, commence à me plaire de plus en plus. L'absurdité de la situation la rend presque amusante.
Difficile de présenter ce recueil orbitant autour de cette ville à la fois sinistre et fascinante. Les ambiances sont variées, il y a du Kafka, du Ballard, du Dick là dedans. Yama Loka Terminus est un voyage étrange, prenant et dérangeant. En ce qui me concerne, j'ai pris un billet pour y retourner avec Bara Yogoï.
Il m'a donné envie de faire une réservation : Le Pendu.