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06/09/2010 : may le monde / Michel Jeury 26/08/2010 : Le Trône de Fer. Intégrale 1 / George R.R. Martin 05/08/2010 : Le Filet d'Indra / Juan Miguel Aguilera 27/07/2010 : Flashforward / Robert James Sawyer 20/07/2010 : Les Naufragés de l'entropie. 2, Les Manuscrits de Kinnereth / Frédéric Delmeulle 17/07/2010 : Après le départ, le Retour... 28/07/2009 : Le Chevalier errant suivi de l'Epée Lige / George R.R. Martin 23/07/2009 : Le Pouvoir des cinq. Tome 1, Raven's gate / Anthony Horowitz 18/07/2009 : Le Cauchemar d'Innsmouth / H.P. Lovecraft, texte lu par Victor Vestia, Michel Chaigneau et Hugues Sa... 08/07/2009 : Douze / Jasper Kent
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may le monde / Michel Jeury 
Par BiblioMan(u) le 06/09/2010 à 09:49
J’ai immédiatement répondu un oui de principe à la proposition de Biblioman(u) d’écrire ici, à l’occasion, quand le cœur m’en dirait. J’y avais pensé de mon côté. Puis, je crains de le dire, j’ai un peu dit non. Je lis beaucoup, ce qui ne signifie pas grand chose quant à la capacité de mes lectures. Particulièrement s’agissant de SF : je suis un dévoreur de mondes. Je crois sincèrement qu’alors je lis pour oublier. Un roman de SF est une branche d’où ululer dans mon coin à la lune. Je ne suis pas un lecteur éclairé de SF, je suis une sorte de taupe, j’y creuse mes obscurités. Entendons-nous : rien de plus facile que l’obscurité ; c’est la lumière qui est complexe. Je lis comme un ogre, un rien me guide vers mes cavernes aveugles – devine et songe. Ce qui à mes yeux me disqualifie complètement en tant qu’exégète. Je ne compte plus les chiteries que j’ai lues, soyons franc, aussi. Il me paraitrait fort peu élégant de commenter ces mésamours passagères ; on se trompe souvent quand on n’aime pas inconditionnellement. J’avais d’abord dit oui puis j’avais reculé. Ce n’est pas rare dans mon cas. Le ventre plus gros que les yeux. Je préférais me taire. J’avais connu certains petits mondo paradisio tout au long de l’été mais j’avais manqué de coup de foudre. On ne le dit pas assez : il arrive souvent que le plus gros travail soit celui du lecteur… Difficile toutefois de résister n’est-ce pas à un super héraut. D’autant qu’il est patient, attentif et toujours prêt à vous faire découvrir un nouveau livre, c’est-à-dire vous-même, cet autre ; sa sélection se fait de plus en plus serrée, il a ajusté ses antennes, il vous empathe pour finir tout entier ; à la fin de l’envoi il touche.

Animé d’une grande gaité de cœur, après que Livre-Homme-(Main), héraut aux supers pouvoirs, me l’a si justement et amicalement proposé à la lecture, je viens donc vous parler, à ma façon (désolé le cas échéant) de may le monde, de Michel Jeury, qui sort aujourd’hui, le zéro six zéro neuf deux zéro un zéro, en France, un peu partout. N’oubliez pas cette combinaison, elle pourrait bien vous ouvrir l’insoupçonné de votre propre monde.

M’est avis qu’existent autant de lectures d’un seul livre qu’il y aurait de mondes parallèles. Non. Qu’il y a de mondes parallèles. A la physique propre, la même une autre. Par exemple l'œuf monde Grandora où s’échangent des rires air-eau, tout gloutants. Où les apprentis-vivants nagent-volent à la rencontre du Mal, la foire aux proies. Les mondes 1 et 2 et celui de la lunatic fringe, marge et théâtre, hors du temps… Ces mondes ont l’air inventé, ce pourrait être ceux des rêves, dont on sait formellement qu’ils sont réels. Je vous les laisse découvrir par vous-même de la façon qu’il vous plaira. La particularité des parallèles est qu’elles ne se croisent pas. On passe de l’une à l’autre en sautant. Sautons à une autre lecture, voulez-vous ?

may le monde à n’en pas douter est un livre de SF. Il est une œuvre d’anticipation. Sa langue est déjà la nôtre, celle de nos enfants, de nos petits enfants, qui sait ? On pourrait la croire décalée, elle est logiquement (et joyeusement) futuriste. C’est dire si elle est attentive, ici et maintenant, à ce qui se dit dans le monde bonobo et alentour. Je ne vais pas vous la faire bonzarchic, voyez par vous-même.

may le monde à n’en pas douter est un livre de SF. Il est une œuvre d’imagination. De toute évidence ses personnages sont tous vrais, ils sont attachants, on les aime aussitôt. Pour autant ils changent d’identité tout le temps, font des sauts de côté, se forment puis se déforment dans un miroitement infini, de monde en monde. Changer/ ne pas est la grande affaire humaine, vous n’êtes pas d’accord ? Nous sommes ici en plein tourbillon. Qui est qui, on ne sait plus qui l’on suit. Filez les personnages, vous comprendrez.

may le monde à n’en pas douter est un livre de SF. Il est une œuvre d’idées. Sur le(s) monde(s), l’humanité, la vie et la mort, les êtres, tous les êtres, homme femme enfant, plantes et bêtes. Il est une œuvre de forêt, de foisonnement, d’ensemencement.

may le monde à n’en pas douter est une œuvre de Science-Fiction. Un auteur, Michel Jeury, y joue de tout son savoir, qui n’est pas mince, pour vous transporter de l’intérieur de votre quotidien vers la fiction. Rien ici n’est bizarre mais tout est étrange. Il tient du Docteur Goldberg autant que de Panthéra la panthère.

Autant de lectures que de mondes parallèles. Il y aurait tant et tant à dire. Lisez, à vous de jouer, à vous de sauter. Dans may le monde, bien sûr, il y a may. Comme joli mois de. Comme peut-être. Peut être, je devrais dire. Une fillette charmante, vivante à un point. C’est une autre lecture ici tout à coup, faite par un homme à une fillette malade, délicatement, chaleureusement, une lecture de chevet, un souffle dans la nuit, un espoir et une élévation, un calme et une rage, une réinvention… Et vice et versa.
On nous dit que Michel Jeury, auteur prolixe, fait retour à la Science-Fiction. Il me semble moi bien plutôt qu’il ouvre des perspectives le long desquelles j’espère me laisser changer à nouveau. Le plus tôt sera le mieux.

Merci aux éditions Robert Laffont et à Blog-O-Book pour cette lecture.

Torcol


may le monde, Michel Jeury, éditions Robert Laffont (Ailleurs et demain), 403 p.
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Le Trône de Fer. Intégrale 1 / George R.R. Martin 
Par BiblioMan(u) le 26/08/2010 à 12:57
De mémoire, je crois ne jamais avoir lu ou entendu de critiques négatives sur le Trône de Fer. Bien au contraire, cette histoire de fantasy semble faire l'unanimité à tous les niveaux. Aussi, à force de m'entendre dire qu'il fallait absolument que je le lise, à force aussi de faire mienne l'idée que je devais bien avoir de la chance de ne pas l'avoir encore fait, ce n'est pas sans une certaine appréhension que je me suis lancé dans l'aventure. Je redoutais en effet de devenir la victime de ce phénomène courant faisant qu'après avoir entendu tant et tant d'éloges sur une œuvre, toutes les attentes la concernant ne sont finalement pas satisfaites ou comblées et que la déception soit au rendez-vous.


Eh bien, je ne serai pas celui qui fera la fine bouche ni celui qui trouvera à redire sur ce bouquin impressionnant. Pas l'once d'une remarque négative ne figurera dans ces lignes pour la simple et bonne raison que s'il y en avait une, voire même plusieurs, le souffle et la d
imension épique qui habitent ce premier tome de l'intégrale du Trône de Fer balayent tout sur leur passage.

J'avais déjà eu l'occasion de parler ici des Préludes consacrés à cet un
ivers médiéval développé (c'est le moins que l'on puisse dire!) par George R.R. Martin et des a priori pas toujours fondés touchant à ce type de manie des éditeurs, consistant à tirer sur la corde et faire paraître tout et n'importe quoi sous prétexte que c'est vendeur... Le Royaume des Sept Couronnes ne m'était donc pas totalement étranger. A vrai dire, la seule difficulté que j'ai rencontrée a été de me familiariser avec les personnages de l'histoire. Ils sont nombreux, appartiennent à des familles qui se sont mélangées et étoffées au gré des jeux du mariages et des manigances de Cour. Je me suis souvent référé à l'utile (!) liste des acteurs principaux du Trône de Fer pour savoir qui était le fils de qui, la soeur ou le frère de qui, quels liens unissaient les uns aux autres. Et une fois passé cette nécessaire difficulté – le foisonnement des personnages et la complexité des enjeux qu'ils suscitent étant essentiels à la marche du récit – je me suis littéralement laissé prendre au jeu. Je n'ai pas eu l'impression de lire une resucée de tous ces ouvrages de Fantasy auxquels je n'adhère plus depuis un moment déjà. Je ne vais pas refaire ici l'historique des griefs que je rencontre à l'égard du genre, je crois l'avoir déjà fait presque à chaque fois que j'ai parlé d'un ouvrage lui appartenant. Dans le Trône de Fer, point ou peu de magie, nul besoin de manichéisme forcené pour parvenir à captiver le lecteur. C'est le cœur des hommes - avec son lot de complots, de traîtrises, de courage, de couardise, d'amour, de veulerie et de complexité - qui fait battre celui de cette histoire où rien n'est jamais simple ni tranché.

L'étendue du Trône de Fer est encore vaste, il me reste pas mal de contrées à visiter, de personnages à rencontrer et d'aventures à suivre mais d'une certaine façon, j'ai déjà l'impression que George R.R. Martin a démontré qu'il est possible d'écrire une longue, très longue série, de Fantasy qui plus est, sans jamais lasser son lecteur. Dans tous les cas, on sera amené à en reparler.


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Le Filet d'Indra / Juan Miguel Aguilera 
Par BiblioMan(u) le 05/08/2010 à 10:30
Parmi tous les aspects abordés par la science-fiction, j'ai un faible pour les récits archéologiques. Vous savez, ces histoires où des vaisseaux atterrissent sur des planètes désolées où l'on a découvert les signes d'une civilisation ancienne, disparue dans d'étranges circonstances et qu'il conviendra naturellement de déterminer. Mais c'est pour les histories où d'énigmatiques et très anciens artefacts sont localisés sur la surface de la terre que mon faible est bien plus prononcé. Dans quel but sont-ils là ? Quels sont leurs fonctions ? Qui les a créés ? Que se passera-t-il si nous jouons aux apprentis sorciers avec eux ? Autant de questions qui ont la faculté de mettre mon imagination en ébullition et de lui faire emprunter des chemins insoupçonnés à mesure que l'histoire progresse. Si tant est que tous les éléments soient réunis pour y contribuer, comme ça a par exemple été le cas avec Anciens Rivages de Jack Mcdevitt. Ceux qui ont la chance de se le procurer – il est malheureusement épuisé – pourront découvrir un ouvrage prenant et facile à lire, auquel il n'aura manqué qu'une suite.

Mais en attendant, si vous partagez ce faible avec moi, si vous voulez découvrir Juan Miguel Aguilera – personnellement, j'ai trouvé ses livres assez inégaux - ou si, tout simplement, vous voulez vous laisser emporter par une histoire de science-fiction digne de ce nom, le Filet d'Indra devrait vous convenir. L'histoire, je vous l'ai presque déjà dévoilée. Cette fois-ci c'est un satellite qui révèle la présence d'un artefact – une géode de deux kilomètres de diamètre - enfoui sous terre dans le nord du Canada. Aussitôt découvert, une équipe de scientifiques est dépêchée sur les lieux pour tenter d'en déterminer l'origine. Les premiers résultats sont pour le moins surprenants : l'objet aurait plus de deux milliards d'années et sa forme n'a rien de naturelle.

Sur la base de cette histoire, Juan Miguel Aguilera embarque le lecteur dans un voyage trépidant où, une fois n'est pas coutume en science-fiction, se pose en toile de fond la question de la place de l'homme dans l'univers. On pourrait en avoir marre d'être une nouvelle fois confronté à cette grande question du Que suis-je ? Que fais-je ?, moi, dans cette immensité vertigineuse et oppressante. Mais là encore, une fois n'est pas coutume bis, tout dépend de la manière dont le sujet est traité et de l'angle d'approche adopté par l'auteur. Dans le filet d'Indra, Juan Miguel Aguilera ne déçoit à aucun moment. Peut-être parce qu'il conjugue habilement action, rebondissements et réflexion, ne provoque jamais de dichotomie trop franche (et trop barbante pour la peine) entre l'histoire elle-même, ses composantes, et la thématique sur laquelle elle s'appuie. Et peut-être aussi parce qu'il s'écarte des poncifs du genre, laisse la part belle à l'imagination en favorisant l'éclosion d'images fortes, dépaysantes, vertigineuses, induites par l'exploration d'un monde où tout est encore mystère et découverte. Où l'Inconnu n'a pas fini de nous surprendre...

Le Filet d'Indra, Juan Miguel Aguilera, traduit de l'espagnol par Christophe Josse, L'Atalante (Dentelle du cygne), 384 p.
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Flashforward / Robert James Sawyer 
Par BiblioMan(u) le 27/07/2010 à 08:45
Il est fort probable que le titre de cet ouvrage – et la couverture aussi tant qu'on y est – vous fasse penser à la série du même nom. Oui remarquez, c'est normal. C'est en effet le livre qui a poussé les scénaristes à adapter le roman de Robert J. Sawyer... en prenant son lot de libertés au passage et en façonnant le tout pour lui donner un format à même de séduire les producteurs et les spectateurs. Entendez par là que les personnages n'ont plus rien à voir avec ceux du livre et que l'action se focalise essentiellement aux Etats-Unis. Comme je passe très peu de temps devant les écrans, je comprends néanmoins aisément pourquoi les gars de la télé se sont emparés d'une telle histoire : le postulat de départ est captivant mais, plus encore, il est la base même d'une multitude d'histoires à raconter.

Je ne vais de toute façon pas vous parler de la série, je ne l'ai pas vue, et j'ai semblerait-il bien fait puisqu'elle a eu un effet flop complet. Enfin presque total. Suffisamment gratiné en tout cas pour ne pas remettre le couvert pour une saison supplémentaire.

Bref, il est tout de même temps pour moi de vous raconter l'histoire parce que mes nouveaux luminocapteurs lacrymologiques (une merveille ces petites bêtes!) m'indiquent que certains lecteurs de ce blog n'ont jamais entendu parler ni de la série, ni du livre. En avril 2009, au sein du CERN, l'organisation européenne pour la recherche nucléaire, une équipe de scientifiques menée par Lloyd Slimcoe et son associé Theo Procopides, procèdent aux derniers préparatifs de leur expérience dont le but avoué est de détecter le boson de Higgs. Ne me demandez pas de vous expliquer dans le détail ce que c'est, mais en gros, si j'ai bien compris, c'est un transfert de masse des particules consistant à recréer les conditions du Big Bang, sans le provoquer stricto sensu, cela va de soi. En très très gros, c'est une salade de particules malaxées en tous sens et, dans tous les cas, si le résultat est concluant, les conséquences pour la science seraient de l'ordre du révolutionnaire.

Seulement l'expérience ne se déroule pas du tout comme prévu. Pour des raisons qui restent encore à déterminer tous les humains se sont endormis instantanément dès la fin du compte-à-rebours. Mais plus qu'un simple sommeil, la plupart d'entre eux ont eu accès à une fenêtre de 1 minute quarante trois secondes sur leur futur, vingt et un an plus tard. A leur réveil, cependant, le monde est sens dessus dessous. Cette coupure momentanée n'a pas été sans conséquences et les décès sont nombreux : accidents de voiture, d'avions, chutes, incendies, opérations chirurgicales délicates interrompues... en plus des questions existentielles et les désordres personnels suscités par les visions, le monde doit se reconstruire, panser ses plaies.

Casse-gueule comme histoire, non ? Parce que c'est joli comme ça sur le papier, mais mine de rien l'auteur doit rendre tout ça crédible, maîtriser l'ensemble des implications de son scénario tout en s'attachant à ses personnages, à les faire évoluer au milieu d'un monde soumis au désordre le plus total. Du point de vue des répercussions de la catastrophe tant au niveau psychique que matériel, Robert J. Sawyer ne s'en sort vraiment pas trop mal. Il maîtrise l'environnement de son histoire et parvient à lui donner une tonalité assez plaisante. En revanche, il n'en est pas de même pour ce qui est des questions engendrées par les visions, sur les possibilités de chacun d'altérer le cours de son histoire et de l'Histoire en général. Libre arbitre ? Pas de libre arbitre ? Tout est-il tracé d'avance ? La ligne du futur est-elle aussi immuable que celle du passé ? Toutes ces questions n'ont rien de bien originales, soit, elles restent de l'ordre du connu et ne datent pas d'hier mais elles n'ont rien perdu de leur intérêt. Ce qui m'a gêné dans leur approche,et qui a, par la même occasion, altéré mon plaisir de lecture, c'est le contexte dans lequel les personnages se les posent. Prenez Lloyd Simcoe, par exemple. Suite à sa vision il n'a de cesse de se demander s'il doit se marier ou non avec sa compagne du moment et c'est pratiquement là sa seule préoccupation. Un peu léger au regard de la catastrophe sans précédent dont il semblerait qu'il soit à l'origine avec son expérience, non ?

D'autres éléments de la sorte, des aspects un peu invraisemblables, font perdre du crédit au récit, comme par exemple cette femme à qui il tarde presque de retourner travailler sur le site du CERN alors qu'elle vient de découvrir le corps sans vie de son enfant. Pour le moins surprenant.

Même la pointe de mystère planant autour de l'assistant de Slimcoe, Theo Procopides, n'est pas parvenue à m'intéresser véritablement. Lui n'a pas eu de vision ce qui laisse entendre qu'il sera mort d'ici 21 ans et grâce à divers témoignages rapportés par des tierces personnes, il met tout en œuvre pour découvrir les raisons de sa disparition et modifier le cours de son existence.

C'est finalement, je crois, la superficialité des personnages qui dessert ce livre, qui empêche d'y adhérer totalement. C'est d'ailleurs bien dommage parce que pour le reste, comme je l'ai dit, le potentiel de l'histoire est énorme, les trouvailles sont là, les détails aussi et les questionnements qu'il soulève sur nos choix, sur la marche du temps et la manière dont on l'appréhende sont tout à fait intéressants. Flashforward aurait pu être un très bon livre, il n'en est qu'un ersatz.

Peut-être aurez-vous un tout autre aperçu de ce roman, qui sait, avec Brize qui a mis sa chronique en ligne en même temps que moi (c'est pas beau ça, hein ?). Et comme je ne sais pas ce qu'elle en a pensé ne m'en veuillez pas si je déserte momentanément ce blog pour aller voir ça de plus près....

Flashforward, Robert J. Sawyer, traduit de l'américain par Thierry Arson, Milady, 384 p.

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Les Naufragés de l'entropie. 2, Les Manuscrits de Kinnereth / Frédéric Delmeulle 
Par BiblioMan(u) le 20/07/2010 à 17:00
Voici donc la suite très attendue de La Parallèle Vertov. Enfin, quand je parle de suite, ce n'est pas tout à fait exact. Comme l'avait en effet annoncé Frédéric Delmeulle dans plusieurs interviews consacrées à son travail en général et au premier opus des Naufragés de l'entropie en particulier, il n'est pas nécessaire d'avoir lu ce dernier pour apprécier Les Manuscrits de Kinnereth. Mieux, les lire dans le désordre ne risque en rien d'entacher le plaisir que l'on peut en retirer, et il faut d'ailleurs voir dans cet aspect l'un des - nombreux – attraits de cette série. Une série qu'on aurait d'ailleurs envie de voir se prolonger un bon moment, surtout si Frédéric Delmeulle parvient à maintenir ce niveau de qualité, cette virtuosité dans l'art de jouer avec le lecteur et de l'emmener vers des sentiers loin d'être battus et rebattus, malgré les premières apparences, quand bien même, c'est bien connu et tout à fait justifié ici, il faut s'en méfier.

Avec cette histoire de manuscrit retrouvé en d'étranges circonstances et signé de la main d'un proche de Jésus, un de ces manuscrits à même de faire trembler jusqu'aux fondations de l'Eglise Catholique, le premier réflexe est de se dire : «Et voilà, c'est reparti pour une Da Vinci connerie! ». Sauf que d'entrée de jeu – il joue, je vous dis, il joue – l'auteur nous rassure sur ce point.

Je crois que plus personne n'oserait raconter ce genre de choses aujourd'hui. Les temps ne sont plus au Da Vinci Code, Dieu merci!

Ouf !

Ensuite, lorsque les heureux protagonistes de cette folle aventure - dans laquelle figurent au casting le père de Child Cachoudas, évaporé dans le temps, l'ancienne compagne de ce dernier, sa fille, un groupe de rockeurs sexagénaires ainsi qu'un fonctionnaire de L'ONU – font route ensemble pour tenter de remonter la piste du cher disparu et se retrouvent grâce au sous-marin Vertov pour assister à la crucifixion de Jésus, on se dit une nouvelle chose, à savoir que l'on va avoir droit à une version revisitée de Voici l'homme de Moorcock, où le voyageur temporel n'endosse rien de moins que l'habit et la personnalité de Jésus. Ben tiens!

Cependant, c'est dans un tout autre périple que nous emmène Frédéric Delmeulle, fait celui-ci du matériau de l'Histoire, de l'Humain, de la Religion et des croyances qui lui sont inhérentes. C'est un voyage à la saveur particulière, appréciable, où tous les éléments qui le constituent sont à leur place, imbriqués les uns dans les autres, infiltrés dans et par les éléments de la Parallèle Vertov pour constituer, tout compte fait, un ouvrage original à mille lieux des sentiers battus et rebattus dont je parlais plus haut. Le tout servi indéniablement par l'humour, la finesse, l'érudition, et le plaisir du jeu, de l'écriture.

Et pour ne rien oublier, il convient de parler du final parce que des comme ça, où on ne s'appuie pas cette fois-ci sur d'autres références, où on se laisse prendre par le vertige des révélations, où l'on mesure la dimension réelle du bouquin, alliant divertissement et réflexion, des finals comme ça, je vous dis, on n'en voit pas tous les jours. Alors on savoure... en attendant une prochaine pépite.

Les Manuscrits de Kinnereth / Frédéric Delmeulle.- éditions Mnémos (Dédales), 286 p.

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Après le départ, le Retour... 
Par BiblioMan(u) le 17/07/2010 à 22:18
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Le Chevalier errant suivi de l'Epée Lige / George R.R. Martin 
Par BiblioMan(u) le 28/07/2009 à 13:06
Oui, je sais, je sais, je sais. Il n'y a pas si longtemps, j'ai dit ceci : "le bavardage et l'artillerie descriptive en Fantasy me portent à croire que cette littérature n'est décidément plus pour moi."

Et puis cela, plus tard : "tout simplement, je crois ne plus être sensible à l'univers médiéval, aux batailles, à l'aspect stratégico-politique qui touchent à ce genre d'ouvrages."

Cependant, j'avais aussi dit ça : "mais je sais aussi qu'il suffira d'une belle couverture (quand ce ne sera pas la quatrième) ou que je succombe au discours passionné d'un lecteur persuasif pour que j'y remette un coup d'oeil."

Ça n'a pas loupé. En voyant la couverture du Prélude au Trône de Fer, une petite pincée de nostalgie m'a étreint. Des chevaliers en armure, pensez donc ! Ça a de quoi éveiller vos souvenirs de films moyenâgeux, de combats épiques, de tournois où celui qu'on croyait battu à plate couture se ressaisissait (enfin!), se relevait d'un coude, la tête pleine de boue, apercevait son adversaire, un fourbe de la première heure, lequel venait de se tourner, les bras levés, vers une foule en émoi et une princesse déconfite. Vous connaissez la suite, non ? De la force à revendre quand on le croyait au trente-sixième dessous, et l'heure de la raclée a sonné. Du Rocky Balboa à la sauce médiévale, si vous voulez, une recette qui avait fonctionné en son temps.

Il y a donc eu cette réminiscence à laquelle se sont greffés les propos unanimement élogieux autour du Trône de Fer. Le roman étant assez court, je me suis dit que ce serait une bonne manière d'avoir un aperçu de l'univers créé par George R.R.Martin, sans pour cela me lancer d'emblée dans un cycle à rallonge.

En règle générale, je vois d'un mauvais œil les parutions fonds de tiroir que les éditeurs balancent en librairie une fois qu'une série a connu le succès : prélude à, l'aube de, préquelle à... Comme si, d'une certaine manière, on allait éditer un bouquin avec deux ou trois novellas en attendant les épisodes suivants qui tardent à venir. Des a priori pas toujours justifiés.

Une fois balayé celui concernant cet ouvrage, dont les titres qui le composent étaient déjà parus dans les anthologies de nouvelles réalisées par Robert Silverberg, la surprise était au rendez-vous. George R.R. Martin a du style, de l'expérience aussi, cela se sent. Très vite, on se retrouve emporté dans son univers où action, humour et personnages forts forment un mélange détonnant. Pas besoin de dons, de pouvoirs ou de magie à tous crins pour cela, et c'est tant mieux. Pour un peu, on serait enclin à penser que l'auteur fait figure d'extra-terrestre dans le paysage de la Fantasy.

Voilà, il ne me reste donc plus qu'à tremper le premier orteil dans cet océan de mots qu'est Le Trône de Fer.

Le chevalier errant suivi de l'Epée Lige / George R.R. Martin, traduit de l'américain par Paul Benita et Jean Sola, Pygmalion, 269 p.
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Le Pouvoir des cinq. Tome 1, Raven's gate / Anthony Horowitz 
Par BiblioMan(u) le 23/07/2009 à 13:02
Matt Freeman, 14 ans, n'est pas ce qu'on peut appeler un mauvais gars. Depuis la mort de ses parents dans un stupide accident de voiture, il a perdu pas mal de ses repères. Et pour ne rien arranger, la tante chez qui il est allé vivre, ne l'a pas accueilli à bras ouvert. Elle a plutôt vu son arrivée comme une intrusion dans sa vie et le lui a bien fait sentir. Pas de quoi être à l'aise dans ses baskets.

Après s'être fait embringué dans un simple cambriolage qui a mal tourné, Matt est appréhendé par la police et se voit contraint de choisir entre l'emprisonnement ou un programme de réinsertion dans une famille d'accueil, au sein d'un petit village de campagne. Et pour tout dire, c'est là que ses ennuis commencent vraiment.

Voici quelques chroniques, je m'étais étonné du manque de tension et d'angoisse dans un livre de terreur. Ce que je n'avais pas trouvé alors, je l'ai obtenu dans ce premier tome du Pouvoir des cinq d'Anthony Horowitz. Il ne s'agit pas de claquements de dents ou de chair de poule, et, non, je ne me suis pas mis à parler à mon héros en lui disant par exemple : « Non ! Ne va pas par là, malheureux ! ». Mais la part de mystère qui entoure le village et l'attitude de chacun des habitants ont ce je ne sais quoi d'inquiétant qui vous donne envie d'en savoir plus, de lever le voile sur les particularités de Matt, et de découvrir ce que cachent les Portes de l'Enfer, sur le point de s'ouvrir à nouveau. A nouveau, tiens donc...

Raven's Gate, en plus de l'aura de mystère qui l'entoure ne manque pas d'action non plus, et certaines scènes laissent la part belle à l'imagination de l'auteur qui semble s'en être donné à cœur joie pour certaines d'entre elles. Venez faire un petit tour au musée, et vous verrez de quoi il retourne.

Dans l'ensemble les personnages sont assez bien rendus, les bons comme les mauvais. Certains pourront peut-être déplorer un certain manichéisme, mais franchement il ne me paraît pas si marqué que ça non plus. L'histoire l'induit de toute manière et, quelque part, l'ambiance générale règnant dans le livre vient en atténuer les effets. Et puis bien des zones d'ombres restent encore à éclaircir, alors...

Attention toutefois, il semble que cette série soit une réécriture de la série Pentagrame, parue dans les années 80 à la bibliothèque verte, puis rééditée il y a quelques années sous la refonte de la collection Livre de poche jeunesse. Manque d'imagination, histoire de gros sous, ambition cinématographique impulsé par le succès de sa série Alex Rider au cinéma, visée d'un public plus âgé, envie d'améliorer une histoire qui ne satisfaisait pas pleinement l'auteur... les raisons ne manquent pas et je ne m'avancerais pas à en avancer une au détriment d'une autre. Pour tout dire je n'en sais rien. Je me suis contenté de lire Ravens Gate, et ma foi, c'était plutôt agréable. Il s'agit d'un bon livre pour ado qui se lit avec plaisir sans être non plus inoubliable. Mais les prochains tomes Evil Star, Nightrise et Nécropolis contribueront peut-être à emballer la machine.

Le Pouvoir des Cinq. Tome 1, Raven's Gate, Anthony Horowitz, traduit de l'anglais par Annick Le Goyat, Hachette Jeunesse, 331 p.
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Le Cauchemar d'Innsmouth / H.P. Lovecraft, texte lu par Victor Vestia, Michel Chaigneau et Hugues Sauvay 
Par BiblioMan(u) le 18/07/2009 à 12:42
Alors bien sûr, H.P. Lovecraft est un classique de la littérature fantastique. L'un des maîtres, diront certains. Son mythe de Cthulu n'est presque plus à présenter, tant et si bien qu'il a même fait l'objet d'adaptations en jeux de rôle et vidéos. Et si j'ai lu il y a bien longtemps, L'Affaire Charles Dexter Ward avec un certain intérêt, j'avoue avoir ensuite été coupé dans mon élan de découverte par le recueil de nouvelles Dans l'abîme du temps. Mon impression d'alors était que les textes se ressemblaient tous plus ou moins – un individu se trouvait confronté à la réapparition des Grands Anciens, sortes de monstres ancestraux bien décidés à reprendre la maîtrise de la Terre, quitte pour cela à semer folie et perte des hommes -, que le style était trop chargé. Il ressortait de mes lectures un sentiment d'étouffement, d'écrasement. C'était d'ailleurs peut-être ce que recherchait l'auteur, faire en sorte de coller l'impact des découvertes et des déconvenues de son personnage central sur le lecteur. Mais en ce qui me concerne, c'est l'aspect plombant qui m'était resté, avec aussi cette conviction : les voies de Dagon et de Cthulu me resteraient à jamais impénétrables.

Cependant, et peut-être cela vous arrive-t-il aussi, je me suis fait la réflexion que je ne pouvais pas arrêter mon point de vue sur aussi peu de matière, car l'œuvre de Lovecraft est assez importante, notamment et surtout à travers ses nouvelles.

L'écouter pouvait aussi donner une dimension supplémentaire à son univers, permettre de l'aborder sous un nouvel angle, l'appréhender d'une manière différente, à savoir devenir le dépositaire direct des révélations d'un homme ayant été confronté, sa majorité à peine acquise, aux pires abominations qu'on puisse imaginer.

Malheureusement, le livre sonore n'a pas contribué à l'appréciation de l'œuvre. Si les bouquins ont des coquilles, les pistes audios, elles, ont des couacs. Des couacs et des voix qui – j'hésite sur le mot, non seulement parce que le concept même des livres lus me paraît utile et intéressant à la fois, mais aussi parce que les éditions Sonobook ont pris le risque d'éditer des bouquins de science-fiction et de fantastique, entre autres, alors forcément ça m'embête de tirer sur l'ambulance – agacent. Outre les problèmes de changements de pistes, en plein milieu d'un monologue, rogné qui plus est, la voix du narrateur est on ne peut plus monocorde. Si monocorde que, suivant la musique des mots, on se retrouve avec des points en plein milieu de phrase, quand on aurait imaginé une virgule. Dommage quand on sait le narrateur littéralement vibrant et bouleversé par l'ambiance délétère régnant à Innsmouth. Mais lorsque l'émotion survient vraiment, lorsque l'horreur est à son comble, la voix du narrateur se contente d'accélérer le débit, troquant ainsi un ton monocorde, donc, pour un autre. Et les quelques incursions sonores (ressac de la mer – j'ai cru que mon lecteur vivait ses derniers instants dans un souffle crépitant – , râles mécaniques de monstres amphibiens), ne pourront rien changer à ma débâcle auditive et littéraire, car malgré tout ceci, mes impressions autour de Lovecraft sont restées les mêmes.
Serait-ce que les voies de Dagon et de Cthulu me soient à jamais impénétrables, nom d'un Necronomicon ?

Le Cauchemar d'Innsmouth / H.P. Lovecraft, Sonobook, 1cd mp3, 2 h 41 min.
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Douze / Jasper Kent 
Par BiblioMan(u) le 08/07/2009 à 17:56
De l'art de faire long quand on peut faire court, ou comment plomber son livre par un manque d'intensité. Presque pas besoin d'en dire plus. Si ce n'est que le début de cette histoire semblait plutôt prometteur et original pour un récit de terreur. Jugez-vous même : l'armée napoléonienne est sur le point de prendre Moscou. L'issue semble en tout cas irrémédiable. C'est pour quoi un groupe d'homme décide de faire appel à un corps d'armée un peu spécial dont ils ne savent que peu de choses en réalité. Ce qui est sûr, en revanche, c'est que ces personnes, douze au total, aussi bizarre que cela puisse paraître, sont capables de faire vaciller l'armée française.

Alors si le début fonctionne assez bien dans sa mise en place, on ne peut pas en dire autant en ce qui concerne la suite. C'est lent, lent, mais d'un lent ! Si lent qu'on aurait vite fait de secouer le livre pour au moins avoir la satisfaction de lui donner un sursaut de vie. Bien sûr, vous m'objecterez que dans ce genre de bouquin, il est plutôt question de mort. Mais même le côté angoissant que l'on aurait été en droit d'attendre n'a pas de prise sur le lecteur. Les douze personnages n'ont pour ainsi dire aucune épaisseur, leur part de mystère est pratiquement nulle et ils ne foutraient même pas la trouille au plus peureux des peureux. Ce qui fait que l'intérêt porté au bouquin au début de la lecture se délite, s'effrite et ce n'est pas les quelques scènes de combats sans punch qui changent quoi que ce soit à la donne. D'où un abandon somme toute assez logique de la lecture. D'autres livres se bousculent au portillon.
Douze, Jasper Kent, traduit de l'anglais par Sandrine Burriel, Bragelonne, 480 p.
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