Pour parfaire l'éducation de son fils Mikédi, le chef de guerre Nakamura Ito le confie à un rônin du nom de Miyamoto Musashi. Un samouraï de légende, le plus grand maître de sabre qu'ait connu l'Empire des quatre Poissons-Chats. Ensemble, pendant six longues aimées, le maître et l'apprenti vont arpenter la route qui mène jusqu'à la capitale Edo, où l'Impératrice-Dragon attend Mikédi pour en faire son époux.
Mais la Voie du Sabre est loin de trancher l'archipel en lime droite : de la forteresse Nakamura aux cités flottantes de Kido, du Palais des Saveurs à la Pagode des Plaisirs, Mikédi apprendra les délices de la jouissance, les souffrances du combat, et la douceur perverse de la trahison.
Auteur : Thomas Day Edition : Folio, Collection : SF Série : La voie du sabre 1/2 Parution : 10/2002, Pages :294, Prix Indicatif : 5,50 €, ISBN :9782070420483
Présentation
Amateur du Japon contemporain mais aussi du Japon historique et de Chanbara, cet ouvrage m'a permis de faire coup double en profitant pleinement de cette ambiance et de découvrir par son intermédiaire un auteur de SFFF Français que je n'avais pas encore abordé.
Semblant maitrisé son sujet, Thomas Day nous offre ici une vision romancée de l'illustre Miyamoto Musashi par les yeux de son élève Mikèdi. Dans un récit fantastique ou l'Empire des quatre Poissons-Chats se substitue avec talent et naturel au Pays de l'Empire du Soleil Levant, cette fresque initiatique d'un jeune homme héritier d'un Daimyo à qui son maître va tenter de faire entrevoir la voie du sabre. L'Empire des quatre Poissons-Chats est un Japon "Fantaisiste" (dans le bon sens du terme), ou les dragons et la magie existent bel et bien, mais qui ressemble sur bien d'autres points à s'y méprendre au Japon historique. Cet ouvrage composé de trois rouleaux est la transposition d'une nouvelle (constituant le premier rouleau) parue préalablement au sein de l'anthologie "Fées & Gestes".
La longue quête de Musashi pour retrouver le Wakizashi légendaire de son daisho papillon, va ainsi être remisée au second plan tandis qu'il entame la formation de son jeune élève. C'est ainsi que nous allons voir arpenter la route par un rônin sale et aux manières brusques, accompagnée comme son ombre par un jeune garçon vaniteux, en quête de puissance et de pouvoir. Les étapes de cette formation seront ainsi jalonnées de combats, de morts, de stupre et de plaisirs. Les scènes de batailles font immanquablement penser à certaines scènes épiques de Chanbara ou l'on imagine sans peine les ralentis et les prouesses martiales hors norme des protagonistes. La poésie et les légendes y côtoient la violence brute et l'action de fort belle manière. La véritable personnalité des deux compagnons se faisant un peu plus jour tout au long de ce périple pour parvenir à un dénouement touchant.
Un roman court, trop peut être, qui se veut une brillante évocation et un hommage sincère à une figure légendaire du Japon. Un texte que je vous conseille de découvrir, pour vous plonger le temps de quelques heures délicieuses dans une ambiance dépaysante. L'ouvrage se clos sur un lexique bienvenu pour ceux n'étant pas assez familier avec certains termes Japonais, une bibliographe de référence comportant nombres d'ouvrages des plus intéressant et une vidéographie qui permettra à chacun de replonger dans l'ambiance du Japon médiéval.
La cité de Windwir vient d'être anéantie, et avec elle la Grande Bibliothèque où reposait la mémoire du monde. L'onde de choc de cette catastrophe rompt les équilibres politiques et religieux des Terres Nommées, attise les convoitises, ravive les complots, met à mal les alliances. La guerre est inévitable. Rudolfo le roi tsigane, seigneur des Neuf Maisons Sylvestres, est le premier sur les lieux et recueille dans les ruines un automate de métal. Agité de sanglots et rongé par la culpabilité, celui-ci s'accuse d être à l'origine du drame. Quel est son terrifiant secret ? A-t-il été manipulé ? Qui voulait la destruction de Windwir et pourquoi ? Mais voilà que Neb, un jeune moine orphelin qui a assisté à l'horreur, commence à faire des rêves prophétiques...
Auteur : Ken Scholes, Traducteur : Olivier Debernard Edition : Bragelonne, Collection : Fantasy Série : Les psaumes d'Isaak 1/5 Parution : 05/2010, Pages :473, Prix Indicatif : 22,00 €, ISBN :9782352943907 Titre Original :Lamentation, Edition Originale :2009 chez Tor Books
Présentation
Depuis quelques années je reviens peu à peu à la Fantasy, un genre que j'avais délaissé après m'en être repu jusqu'à satiété. Des auteurs comme George R. R. Martin (Le Trône de fer) ou Scott Lynch (Les salauds gentilhommes) ont à nouveau entrouvert les portes derrière lesquelles je me suis glissé. Un nouveau venu dans le genre : Ken Scholes, semble en passe de transformer son premier essai. "Lamentation" est le premier tome d'une pentalogie dont on devrait parler dans les années à venir. Tiré d'une nouvelle de l'auteur parue en 2006 dans le numéro d'août du magasine Realms of Fantasy : "Of Metal Men and Scarlet Thread and Dancing with the Sunrise", "Lamentation" semble avoir été salué de manière assez unanime par la critique. Effet de mode ? marques de complaisance ? Non, un foutu bon roman tout simplement !
Le roman s'ouvre sur un holocauste. Celui d'une cité, d'un peuple et d'une vision d'une monde. En l'espace de quelques secondes ce qui fut le centre culturel, économique et religieux des Terres Nommées disparait dans un enfer de flammes. Avec lui disparait 90% du peuple Androfrancien et le trésor de l'humanité : la grande bibliothèque de Windwir, gardienne du savoir et de l'histoire du monde... Des lors les équilibres naturels du monde s'effondrent et avec eux s'élèvent les relents de chaos et les sons discordant des tambours de guerre.
Les armés vont se lever et marcher vers les ruines, répondant ainsi aux anciennes alliances de sang et de défense contractées avec Windwir, des quatre coins du monde les fidèles dispersés vont converger vers les cendres à l'appel du nouveau pape pour tenter de sauver les infimes parcelles du savoir, tandis qu'en coulisse les jeux politiques et diplomatiques vont se jouer. Sur place les premiers arrivés entreprennent de donner une sépulture décente aux centaines de milliers de dépouilles carbonisées sous la menace constante des nombreuses armés qui s'assemblent pour en découdre. Des éclaireurs magifiés de nombreuses armés, quasiment invisibles, entrent alors dans une danse de mort...
Voilà ! Le contexte est posé, il ne vous reste plus qu'à découvrir cet univers voué au chaos et à suivre les événements grâce à la multitude de points de vue des personnages qui y joueront un rôle primordial. C'est donc aux côtés de Rudolfo (roi des tsiganes des sept maison sylvestre et général en chef de l'armée errante) de Lyn Li Tam (concubine du prévôt Setberth), de Neb (jeune novice rescapé de l'holocauste), d'Isaak (mecaserviteur de l'ordre), et de quelques autres que vous allez suivre les événements de cette épopée.
L'originalité de ce roman est de dépeindre un univers de Fantasy que l'on devine bien vite héritier d'une civilisation avancée technologiquement et ayant disparue lors d'un épisode tragique qui ne sera que très peu dévoilé. Une civilisation technologique qui avait entre autres merveilles sue créer des mécaserviteurs, androïdes de métal à la mémoire et aux capacités de réflexions et de synthèse avancées, et qui après s'être effondrée donna naissance au monde que nous découvrons dans ce roman. L'une des taches de l'Ordre Androfrancien de Windwir étant justement de mettre à jour ses reliques technologiques du passé pour préserver le peu de connaissances perdues des jours anciens...
Le style est simple, fluide et au service du récit. Les points de vues sont multiples ce qui donne un effet chorale de bon aloi au roman. Mais là ou Martin dans son Trône de Fer faisait alterner les points de vue de chapitre en chapitre, vous trouverez ici divers points de vue au sein d'un même chapitre. Chacun semblant alors répondre directement aux précédents. Un exercice plaisant qui a du demander à l'auteur un gros travail de composition, mais qui donne une dynamique certaine au récit, composé du coup de chapitres courts ou alternent souvent quatre ou cinq points de vue différents. Le tout s'en rendre la lecture pénible ou décousue ce qu'il faut saluer comme une vraie réussite. Seul regret selon moi, un ton neutre en léger décalage avec les propos. J4aurai réellement beaucoup aimé que le ton du récit sot ici bien plus sombre, porteur de malaise et d'angoisse en rapport direct avec les événements particulièrement sombres qui forment le cadre général de l'ouvrage.
Le second tome de la saga ne devrait pas trop tarder à pointer le bout de son nez chez nos amis de Bragelonne puisque "Canticle" est disponible depuis octobre 2009 chez l'éditeur Américain Tor Books. Nul doute que je me le procurerai à sa sortie, pour suivre les aventures d'Isaak et fouler à nouveau les Terres Nommées, en espérant retrouver l'ambiance si particulière et plaisante de ce premier opus. Je le recommande vivement à tous les amateurs de Fantasy désireux de sortir des chemins battus et à la recherche d'un univers personnel travaillé et aux nuances entremêlées. Vous m'en direz des nouvelles. Un magnifique cadeau d'anniversaire que j'ai dévoré avec un réel plaisir.
Les contes du Silmarillion furent l'inspiration sous-jacente et la source de l'imaginaire littéraire de J.R.R. Tolkien : il travailla à ce livre pendant toute sa vie, sans parvenir à lui donner une forme définitive. Précédant de beaucoup Le Seigneur des Anneaux, c'est l'histoire du Premier Age du monde de Tolkien, le drame antique qu'évoquent les personnages du Seigneur des Anneaux et auquel certains d'entre eux prennent part. Le titre, Silmarillion, dérive de Quenta Silmarillion, " L'Histoire des Silmarils ", les trois grands joyaux créés par Fëanor, qui doit aux Elfes la plupart de ses dons, où il emprisonna la lumière des Deux Arbres qui éclairaient Valinor, la terre des Dieux. Quand Morgoth, le premier Seigneur Noir, détruisit les Arbres, cette lumière ne survécut que chez les Silmarils : et Morgoth s'en empara et les plaça sur sa couronne, conservée, dans sa forteresse impénétrable d'Angband, au nord du Milieu-de-la-Terre. Le Silmarillion est l'histoire de la rébellion de Feanor et de son peuple contre les Dieux, leur exil dans la Terre-du-Milieu et leur guerre sans espoir contre le grand Ennemi, en dépit de l'héroïsme des Elfes et des Hommes. Cette nouvelle édition du Silmarillion contient 45 illustrations en couleurs spécialement commandées à l'artiste Ted Nasmith.
Auteur : J.R.R. Tolkien, Traducteur : Pierre Alien, Préfacier : Christopher Tolkien, Illustrateur : Ted Nasmith, Edition : Christian Bourgeois, Collection : Tolkien Parution : 10/2004, Pages :380, Prix Indicatif : 50,00 €, ISBN :9782267017410 Titre Original :The Silmarillion, Edition Originale :1977 chez George Allen & Unwin
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En signant pour le Middle-Earth Challenge je savais fort bien ce qui m'attendait : des heures et des heures de pur bonheur. C'est sans doute pourquoi je me suis lancé tête baissée dans le niveau Valar. L'oeuvre de Tolkien m'accompagne depuis de très nombreuses années. Elle est de celle vers qui je retourne assez régulièrement, en toute quiétude, persuadé d'y trouvé mon compte d'une part et d'y redécouvrir à chaque lecture des éléments nouveaux, ou éclairés d'une autre manière depuis mes précédentes visites. Vous l'aurez compris, Middle-Earth et moi c'est une longue et très belle histoire d'amour. Je tiens d'ailleurs avant d'entrer dans le vif du sujet, à remercier encore chaleureusement The Bursar et Resmiranda pour l'organisation de ce magnifique et gigantesque Challenge.
Le grand public connais "le Seigneur des Anneaux", et parfois "Bilbo le Hobitt", mais rarement "le Silmarillion". Ce dernier jouissant d'ailleurs souvent d'une réputation immérité d'ouvrage difficile d'accès. Si "le Seigneur des Anneaux" est une quête héroïque et "Bilbo le Hobitt" un conte pour enfant, souvent conseillé pour faire ces premiers pas au sein de la Terre du Milieu, "le Silmarillion" en est la genèse et l'historique. Oeuvre d'une vie, il fut mainte fois réécrit, amendé, modifié, annoté par l'auteur tout au long de sa vie. Oeuvre posthume, l'on doit à l'un des fils de John Reunald Reuel Tolkien sa préparation avant publication. Il s'agit d'une sorte de compendium des écrits de l'auteur concernant la création de cet univers imaginaire qui devait accueillir ses récits et de son histoire douloureuse et mythique au cours des millénaires.
L'édition anniversaire que je me suis offert à l'occasion de ce Challenge, pour remplacer mes versions poche ayant subis les ravages du temps et des multiples relectures est magnifiquement illustrée par Ted Nasmith comme vous pourrez le voir grâce aux quelques planches illustrant cette chronique. Elle contient également une introduction de Christopher Tolkien, ainsi qu'une lettre rédigée par J.R.R. Tolkien et adressée à son éditeur, pour y présenter le présent ouvrage. Un document important et qui met parfaitement en lumière le souhait de l'auteur et la finalité de son oeuvre : offrir à son pays une geste mythique qu'il pourrait s'approprier, comme il en existe tant dans les pays Nordiques, et dont l'Angleterre semble cruellement manquer. Dès lors l'auteur en sus de ses aventures romancées, donnera à sa création : des cartes, une genèse, une histoire multi-millénaire, des langues, des races, des sociétés et plus encore, le tout formant un univers imaginaire parmi les plus complet et les plus aboutis.
Le premier texte intitulé "l'Ainulindalë" est une courte genèse d'Arda (le monde), ou de la seule volonté d'Erü Illuvatar naissent ses enfants : les Aïnurs qui vont à ses côtés et par l'intermédiaire de la musique créer le plus beau des songes. Ce songe entrevu quelques instants par tous, sur ces accords divins, n'est autre que la vision du monde, que les Valars et les Maiïrs vont avoir bientôt la charge de construire. Parmi les Valars, l'un des plus talentueux et puissant : Morgoth, envieux et vaniteux, n'aura de cesse de pervertir les efforts de ses frères et soeurs et de se rebeller contre la volonté d'Erü. De la toutes les peines du monde jaillissent et bientôt les premières guerres sont livrées. L'on entrevois l'éveil des premiers nés (les elfes) et des successeurs (les humains), la création controversée des nains, l'abomination qui mena à la création des orcs et bien d'autres choses. Un texte poétique, emprunt de légendes des jours anciens.
Le second texte, assez court également porte sur les Valars et les Maïars et nous permet de faire plus ample connaissances avec ces puissances des Terres du Milieu et d'appréhender ce que chacun apporta comme contribution )à la création du monde, tel qu'il sera offert aux enfants d'Erü lorsque ceux ci en recevront le don.
Puis vient la pièce de choix : "le Quenta Silmarillion" ou la fabuleuse histoire des Silmarils. Un texte dont je ne connais pas d'équivalent dans le domaine de la Fantasy, même après l'avoir explorer des années durant de mon bâton de pèlerin. Il a pour lui la force des sagas épiques, la grandeur des récits mythiques et la beauté de poèmes anciens. Les personnages qu'il introduit sont des figures légendaires qui pour certains apparaitront dans d'autres récits des Terres du Milieu.
La partie suivante "Les anneaux du pouvoir et le troisième âge" reviennent sur des éléments clés liés à la trilogie du "Seigneur des anneaux" et sur la fin du troisième âge avant l'avènement du quatrième âge du monde. Une partie particulièrement intéressante pour ceux qui ont déjà eu l'occasion de lire la trilogie mais qui risque fort de révéler certaines parties de l'intrigue à ceux ne l'ayant pas encore découvert. Vous voilà prévenus !
Une part significative de l'ouvrage est ensuite composé d'annexes. En nombres trop importantes dans certains ouvrages elles sont tendance à lasser, ou au mieux à laisser dubitatif le lecteur. Ici, au contraire elles apportent des renseignements importants, des éclairages nouveaux et bienvenus ou des informations complémentaires permettant de tirer encore plus de substance des textes qui les précèdent. Indissociable de l'ouvrage elles en sont même partie prenante. Laissant l'occasion au lecteur d'apercevoir le luxe de détails et le sérieux avec lequel cet universitaire Britannique est parvenu à donner littéralement vie à un univers imaginaire.
Un ouvrage d'une grande qualité, servie par une édition sans faille. Une des pièce maitresse de la Fantasy, dans tout ce qu'elle a de merveilleux et d'évocateur. Sans doute mon ouvrage préféré du maître. De ceux que je connais du moins, car il me semble bien que dans le cadre du Challenge Middle-Earth qui s'ouvre aujourd'hui pour moi, par ce feu d'artifice que ne renierai pas un certain magicien, quelques belles découvertes sont encore à venir.
Pour tous les amateurs de Fantasy et de merveilleux...
Mais l'aventure ne s'arrête pas là...
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