Recrues pour le Régent
Perry Rhodan
De K.-H.Scheer et Clark Darlton
Fleuve Noir - 190 pages
Avis de Monsieur Lhisbei
Perry Rhodan est devenu stellarque de l’empire Terrien (ne me demandez pas comment : pour le savoir (et pour savoir ce qu’est un stellarque) il faut lire les 35 épisodes précédents).
Le régent, un ordinateur géant, règne sur l’empire Arkonide. Les Arkonides, par fainéantise, ont laissé leur empire aux mains du régent qui gèrent leur vie oisive. La guerre qui oppose le régent et Perry Rodhan est perturbé par l’arrivé des Droufs, autre civilisation agressive mais issue d’un autre espace temps. En effet les Droufs profitent d’une faille spatio-temporelle pour attaquer notre Univers.
Dans cet épisode (donc le 36eme), Perry Rodhan met au point un plan pour contrer le régent et les Droufs. Il veut les obliger à entrer en guerre ouverte avant que la faille spatio-temporelle ne se referme et ramène les Droufs dans leur Univers. Son but est d’affaiblir le régent et l’empire Arkonide afin de laisser du temps à l’empire Terrien de se développer et de pouvoir se battre à armes égales avec le régent. J’arrête là le résumé de peur d’en révéler trop. 190 pages d’aventure c’est court, très court ou long, très long … selon la passion que l’on porte à Perry Rhodan.
Oui c’est un space opera en feuilleton. Certains parlent de plus de 2 500 épisodes. Pour ma part j’en ai répertorié environ 200 traduit de l’allemand au français. Si j’osais, allez hop ! j’ose, je comparerais la série Perry Rhodan à une autre série de science-fiction : Blade, le sexe en moins. Là où les épisodes de Blade peuvent se lire facilement et presque indépendamment, pour lire un Perry Rodhan vous avez besoin d’un résumé des épisodes précédents. Perry Rodhan est un soap space opera. Ces deux séries font véritablement partie de ce que l’on peut appeler des romans de gare : je prends le train, j’en ai pour deux heures de trajet, je passe au point presse et j’achète un roman (Blade, L’implacable, SAS ou Perry Rhodan…). Ce n’est pas de la grande littérature, mais les fans de héros récurrent en auront pour des années de lecture et d’aventure palpitante à travers l’espace : 2 500 romans x 2h = 5 000h de lecture. J’ai souvent pris le train dans ma vie et je ne compte pas m’arrêter maintenant.
Avis de Monsieur Lhisbei
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De Joan D. Vinge
J'ai lu - 572 pages
Livre lu dans le cadre du concours « Futurs : capitalismes hallucinés » organisé par Anudar pour les 10 ans de FolioSF.
Cher Anudar,
Ton concours n’est pas facile. Être le premier à lire un des livres que tu estampilles « Futurs : capitalismes hallucinés ». Après avoir fouillé la bibliothèque de Mr Lhisbei j’avais le choix. Cat le Psion de Joan D. Vinge est le livre qui s’est rapidement imposé à moi (malgré ses 572 pages) : j’avais gardé un excellent souvenir de La Reine des Neiges du même auteur. En plus l’illustration de la couverture est celle que tu as utilisée pour créer ton logo. J’y ai passé le week-end (délaissant ménage et repassage) mais, à 22h15 le défi est relevé. (Je te rassure tout de suite, lire ce livre n’a pas été non plus une torture sans fin)
Cat est un hybride : mi-humain, mi-hydran, une race extraterrestre aux pouvoirs psi et aux yeux de chats. De ses ancêtres hydrans il a hérité la possibilité de lire dans l’esprit des autres. Son don de télépathie fait de lui un paria. Les hydrans ont tous été exterminés et son enfance dans les rues de Old City, une ville de rebuts de la société, n’a pas été facile. En tuant un autre télépathe, un dangereux terroriste qui menaçait la terre entière, il a perdu son don. Ce qui ne l’empêche pas d’être haï de tous.
Alors qu’il tente d’étudier le plus sereinement possible à l’université, il se fait enlever Centuri Transports, l’un des plus puissants cartels terrestres qui tente de le recruter pour jouer les gardes du corps. Il doit protéger Lady Elnear sur laquelle plusieurs tentatives de meurtres ont échoué. En contrepartie il recevra une belle somme d’argent et des doses d’une drogue lui permettant de recouvrer une partie de son pouvoir psi. Cat devient rapidement un catspaw, un pion que la richissime famille taMing, qui dirige le cartel, utilise à sa guise en fonction des ses intérêts. Mais Cat n’est pas vraiment prêt à rester le jouet impuissant d’êtres inhumains, ballotté au milieu des intrigues politiques et coincé entre les ambitions démesurées de certains.
Le contexte est assez classique : une société post-spatiale, un monde techno-futuriste où les manipulations de l’apparence et de la génétique sont courantes, où tout le monde se fait plus ou moins câbler pour accéder à des réseaux informatiques de plus en plus puissants et où les pauvres n’ont aucune existence légale et vivent dans la peur, la drogue et la violence. Le futur n’est guère reluisant et risque encore d’empirer avec l’arrivée d’un illuminé se croyant l’envoyé de Dieu et avec le vote prochain d’un projet de loi visant à déréguler l’usage des drogues pour mieux contrôler les masses.
Les intrigues, complots et manipulations des uns et des autres s’imbriquent parfaitement mais ne noient jamais le lecteur. Les évènements s’enchaînent dans une grande fluidité. Le personnage de Cat est attachant et le fait qu’il soit le narrateur de sa propre histoire lui donne une proximité et une substance tangible. Un bémol toutefois : la traduction me parait parfois manquer de cohérence sur l’utilisation du vouvoiement et du tutoiement : certains personnages (dont l’un sort des bas fonds et a besoin de réviser ses bonnes manières) continuent à se vouvoyer après avoir passé une nuit des plus torrides. Avis aux amateurs d’ailleurs, les scènes de sexe présentes dans le roman sont très bien écrites…
J’ai dévoré ce livre et pas seulement pour le concours. Merci Anudar.
De Richard Bessière
Fleuve Noir - 190 pages
Pour sa participation au Summer Star Wars, Ferocias joue à archéologue du space-opera. Ses billets donnent vraiment envie de fouiller le grenier, de dénicher les vieilles malles de grand-mère pour plonger dans le space-opera de grand père. J'ai donc exploré les BAL (bibliothèques à lire) de Mr Lhisbei et voici ce que j'ai trouvé : le premier roman de la collection Anticipation du Fleuve Noir, collection dite « Fusées » à cause de la fusée qui orne sa tranche son dos. La fusée de la couverture annonce la couleur : space op' nous voila.
Les conquérants de l'univers, premier volume d'un cycle éponyme en 5 tomes, de Richard Bessière a été publié en 1951. C'est Internet qui nous le dit car le livre ne possède ni dépôt légal ni date d'édition ni ISBN... Richard Bessière est ce qu'on peut appeler un auteur prolifique : il affirme sur son blog (inactif depuis mars 2007) avoir à son actif 285 ouvrages ! A noter aussi : les éditions Éons ont réédité en un seul volume les cinq romans du cycle des Conquérants de l'univers.
Je ne résiste pas à la tentation de reproduire la quatrième de couverture :
A bord de leur appareil interplanétaire, six terriens se trouvent lancés
dans l'aventure la plus extraordinaire qu'on puisse rêver. Vous allez
faire connaissance avec ces audacieux astronautes qui ne tarderont pas à
vous devenir familiers, et vous suivrez leurs aventures avec un intérêt
qui ne faiblira jamais. C'est Jules Verne qui a ouvert la voie au
roman d'Anticipation. Plus près de nous, H.-G. Wells est allé encore
plus loin. Mais le roman de F. Richard-Bessiere que nous vous présentons
est bien le plus extraordinaire et le plus captivant qu'on ait écrit
jusqu'à ce jour.
Nous voila embarqué à bord du Météore, premier vaisseau capable d'arracher l'homme à la pesanteur terrestre, parti à la découverte de l'Univers. Le Météore, créé par le professeur Bénac avec l'aide de son filleul Richard, grâce aux fonds du sud-américain Don Alfonso, est un engin digne des romans de Jules Verne : fabriqué dans un alliage de métal nouveau il dispose d'une propulsion révolutionnaire et de quatre niveaux qui assurent confort et sécurité. L'expédition de Bénac devait initialement concerner trois personnes. Le professeur Bénac et Richard devait se faire accompagner par Jeff grand reporter américain chargé de couvrir en exclusivité l'évènement. Mais Ficelle, mécanicien aux doigts magiques, et Don Alfonso se trouvent malencontreusement piégés à bord au moment du décollage. Miss Mabel, jeune étudiante anglaise, a fait valoir des arguments de poids pour intégrer l'équipe : « Mais qui s'occupera du ménage ? » et « Comment voulez-vous être présentables lorsque vous arriverez chez les martiens ? Croyez-vous que ces gens-là auront une bonne impression des terriens lorsqu'ils verront vos pantalons en accordéon et vos cols froissés ? »1. Bénac finit par céder à condition que Miss Mabel « maîtrise ses nerfs »2. Ils seront donc six à s'élancer, à la prodigieuse vitesse de 45 kilomètres par seconde, vers la Lune, première escale de l'expédition, avant de prendre la direction de Mars.
Richard Bessière nous dispense régulièrement des cours d'astronomie (Mabel finira même à lire un livre traitant de cette matière) selon les connaissances de l'époque. Dix ans avant le premier vol spatial habité et la conquête spatiale, la face cachée de la Lune est un terrain de fantasmes. L'auteur résiste à la tentation de le peupler de Sélènites ce qui, en soi, constitue déjà une originalité. Dans les années 50 les canaux de Mars se prêtent à toutes les interprétations possibles et se trouvent plutôt bien exploités dans ce roman. La description de la société martienne fourmille d'idées : la rationalité scientifique gouverne la planète et la critique sociale n'est pas bien loin. Certaines scènes sont vraiment très gaies (comme la compétition sportive sur Mars).
Richard Bessière, qui avait 18 ans à la parution du premier volet des Conquérants de l'Univers, fait preuve d'érudition (qui, certes, parait bien dépassée de nos jours) et d'une imagination débordante qui compensent une écriture parfois maladroite et au style suranné. Sur 190 pages, le rythme échevelé condense les aventures lunaires et martiennes de notre fine équipe proposant de nombreux rebondissements au risque de survoler ces aventures. Un romancier moderne aurait développé un peu plus chacune des péripéties de nos aventuriers. Je n'envisage pas de lire la suite - archéologue du space opera étant un hobby pour moi - mais si quelqu'un m'offre les livres, je me sacrifierai ...
1Nous sommes en 1951 n'oublions pas. Remercions les féministes d'être passées par là.
2 Elle prouvera par la suite qu'elle les maîtrise parfaitement : juchée sur un rocher « la courageuse jeune fille » tire sans arrêt sur les créatures préhistoriques qui peuple la face cachée de la lune (même si pour cela elle doit serrer « convulsivement » les lèvres) ; et ne s'évanouit qu'après la bataille et pour une excellente raison : elle est grièvement blessée et perd beaucoup de sang.
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