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06/09/2010 : may le monde / Michel Jeury 06/09/2010 : Bon ben, prix Hugo 2010 alors, comme tout le monde 06/09/2010 : La voie du sabre, Thomas Day 05/09/2010 : Actus de la semaine (11) 05/09/2010 : Greg Egan : un moraliste dans l'ère du choix (5) 05/09/2010 : BOF 05/09/2010 : Etoiles, Garde-à-vous de Robert A. Heinlein 04/09/2010 : Greg Egan : un moraliste dans l'ère du choix (4) 03/09/2010 : Jeu-concours : "Futurs : capitalismes hallucinés" 03/09/2010 : Les conquérants de l'univers
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may le monde / Michel Jeury 
Par BiblioMan(u) le 06/09/2010 à 09:49
J’ai immédiatement répondu un oui de principe à la proposition de Biblioman(u) d’écrire ici, à l’occasion, quand le cœur m’en dirait. J’y avais pensé de mon côté. Puis, je crains de le dire, j’ai un peu dit non. Je lis beaucoup, ce qui ne signifie pas grand chose quant à la capacité de mes lectures. Particulièrement s’agissant de SF : je suis un dévoreur de mondes. Je crois sincèrement qu’alors je lis pour oublier. Un roman de SF est une branche d’où ululer dans mon coin à la lune. Je ne suis pas un lecteur éclairé de SF, je suis une sorte de taupe, j’y creuse mes obscurités. Entendons-nous : rien de plus facile que l’obscurité ; c’est la lumière qui est complexe. Je lis comme un ogre, un rien me guide vers mes cavernes aveugles – devine et songe. Ce qui à mes yeux me disqualifie complètement en tant qu’exégète. Je ne compte plus les chiteries que j’ai lues, soyons franc, aussi. Il me paraitrait fort peu élégant de commenter ces mésamours passagères ; on se trompe souvent quand on n’aime pas inconditionnellement. J’avais d’abord dit oui puis j’avais reculé. Ce n’est pas rare dans mon cas. Le ventre plus gros que les yeux. Je préférais me taire. J’avais connu certains petits mondo paradisio tout au long de l’été mais j’avais manqué de coup de foudre. On ne le dit pas assez : il arrive souvent que le plus gros travail soit celui du lecteur… Difficile toutefois de résister n’est-ce pas à un super héraut. D’autant qu’il est patient, attentif et toujours prêt à vous faire découvrir un nouveau livre, c’est-à-dire vous-même, cet autre ; sa sélection se fait de plus en plus serrée, il a ajusté ses antennes, il vous empathe pour finir tout entier ; à la fin de l’envoi il touche.

Animé d’une grande gaité de cœur, après que Livre-Homme-(Main), héraut aux supers pouvoirs, me l’a si justement et amicalement proposé à la lecture, je viens donc vous parler, à ma façon (désolé le cas échéant) de may le monde, de Michel Jeury, qui sort aujourd’hui, le zéro six zéro neuf deux zéro un zéro, en France, un peu partout. N’oubliez pas cette combinaison, elle pourrait bien vous ouvrir l’insoupçonné de votre propre monde.

M’est avis qu’existent autant de lectures d’un seul livre qu’il y aurait de mondes parallèles. Non. Qu’il y a de mondes parallèles. A la physique propre, la même une autre. Par exemple l'œuf monde Grandora où s’échangent des rires air-eau, tout gloutants. Où les apprentis-vivants nagent-volent à la rencontre du Mal, la foire aux proies. Les mondes 1 et 2 et celui de la lunatic fringe, marge et théâtre, hors du temps… Ces mondes ont l’air inventé, ce pourrait être ceux des rêves, dont on sait formellement qu’ils sont réels. Je vous les laisse découvrir par vous-même de la façon qu’il vous plaira. La particularité des parallèles est qu’elles ne se croisent pas. On passe de l’une à l’autre en sautant. Sautons à une autre lecture, voulez-vous ?

may le monde à n’en pas douter est un livre de SF. Il est une œuvre d’anticipation. Sa langue est déjà la nôtre, celle de nos enfants, de nos petits enfants, qui sait ? On pourrait la croire décalée, elle est logiquement (et joyeusement) futuriste. C’est dire si elle est attentive, ici et maintenant, à ce qui se dit dans le monde bonobo et alentour. Je ne vais pas vous la faire bonzarchic, voyez par vous-même.

may le monde à n’en pas douter est un livre de SF. Il est une œuvre d’imagination. De toute évidence ses personnages sont tous vrais, ils sont attachants, on les aime aussitôt. Pour autant ils changent d’identité tout le temps, font des sauts de côté, se forment puis se déforment dans un miroitement infini, de monde en monde. Changer/ ne pas est la grande affaire humaine, vous n’êtes pas d’accord ? Nous sommes ici en plein tourbillon. Qui est qui, on ne sait plus qui l’on suit. Filez les personnages, vous comprendrez.

may le monde à n’en pas douter est un livre de SF. Il est une œuvre d’idées. Sur le(s) monde(s), l’humanité, la vie et la mort, les êtres, tous les êtres, homme femme enfant, plantes et bêtes. Il est une œuvre de forêt, de foisonnement, d’ensemencement.

may le monde à n’en pas douter est une œuvre de Science-Fiction. Un auteur, Michel Jeury, y joue de tout son savoir, qui n’est pas mince, pour vous transporter de l’intérieur de votre quotidien vers la fiction. Rien ici n’est bizarre mais tout est étrange. Il tient du Docteur Goldberg autant que de Panthéra la panthère.

Autant de lectures que de mondes parallèles. Il y aurait tant et tant à dire. Lisez, à vous de jouer, à vous de sauter. Dans may le monde, bien sûr, il y a may. Comme joli mois de. Comme peut-être. Peut être, je devrais dire. Une fillette charmante, vivante à un point. C’est une autre lecture ici tout à coup, faite par un homme à une fillette malade, délicatement, chaleureusement, une lecture de chevet, un souffle dans la nuit, un espoir et une élévation, un calme et une rage, une réinvention… Et vice et versa.
On nous dit que Michel Jeury, auteur prolixe, fait retour à la Science-Fiction. Il me semble moi bien plutôt qu’il ouvre des perspectives le long desquelles j’espère me laisser changer à nouveau. Le plus tôt sera le mieux.

Merci aux éditions Robert Laffont et à Blog-O-Book pour cette lecture.




may le monde, Michel Jeury, éditions Robert Laffont (Ailleurs et demain), 403 p.
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Bon ben, prix Hugo 2010 alors, comme tout le monde 
Par Gromovar le 06/09/2010 à 07:34

Best Novel: "The City & The City", China Miéville (Del Rey; Macmillan UK) ET "The Windup Girl", Paolo Bacigalupi (Night Shade)

Best Novella: “Palimpsest”, Charles Stross (Wireless; Ace, Orbit)

Best Novelette: “The Island”, Peter Watts (The New Space Opera 2; Eos)

Best Short Story: “Bridesicle”, Will McIntosh (Asimov’s 1/09)

Best Related Book: This is Me, Jack Vance! (Or, More Properly, This is “I”), Jack Vance (Subterranean)

Best Graphic Story: Girl Genius, Volume 9: Agatha Heterodyne and the Heirs of the Storm Written by Kaja and Phil Foglio; Art by Phil Foglio; Colours by Cheyenne Wright (Airship Entertainment)

Best Dramatic Presentation, Long Form: "Moon" Screenplay by Nathan Parker; Story by Duncan Jones; Directed by Duncan Jones (Liberty Films)

Best Dramatic Presentation, Short Form: Doctor Who: “The Waters of Mars” Written by Russell T Davies & Phil Ford; Directed by Graeme Harper (BBC Wales)

Best Editor Long Form: Patrick Nielsen Hayden

Best Editor Short Form: Ellen Datlow

Best Professional Artist: Shaun Tan

Best Semiprozine: Clarkesworld edited by Neil Clarke, Sean Wallace, & Cheryl Morgan

Best Fan Writer: Frederik Pohl

Best Fanzine: StarShipSofa edited by Tony C. Smith

Best Fan Artist: Brad W. Foster

And the John W. Campbell Award for Best New Writer (presented by Dell Magazines): Seanan McGuire
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La voie du sabre, Thomas Day 
Par Quadrant Alpha le 06/09/2010 à 07:00
Quatrième de Couverture

Pour parfaire l'éducation de son fils Mikédi, le chef de guerre Nakamura Ito le confie à un rônin du nom de Miyamoto Musashi. Un samouraï de légende, le plus grand maître de sabre qu'ait connu l'Empire des quatre Poissons-Chats. Ensemble, pendant six longues aimées, le maître et l'apprenti vont arpenter la route qui mène jusqu'à la capitale Edo, où l'Impératrice-Dragon attend Mikédi pour en faire son époux.

Mais la Voie du Sabre est loin de trancher l'archipel en lime droite : de la forteresse Nakamura aux cités flottantes de Kido, du Palais des Saveurs à la Pagode des Plaisirs, Mikédi apprendra les délices de la jouissance, les souffrances du combat, et la douceur perverse de la trahison.






Auteur : Thomas Day
Edition :
Folio, Collection : SF
Série : La voie du sabre 1/2
Parution : 10/2002, Pages : 294, Prix Indicatif : 5,50 €, ISBN : 9782070420483



Présentation
Amateur du Japon contemporain mais aussi du Japon historique et de Chanbara, cet ouvrage m'a permis de faire coup double en profitant pleinement de cette ambiance et de découvrir par son intermédiaire un auteur de SFFF Français que je n'avais pas encore abordé.

Semblant maitrisé son sujet, Thomas Day nous offre ici une vision romancée de l'illustre Miyamoto Musashi par les yeux de son élève Mikèdi. Dans un récit fantastique ou l'Empire des quatre Poissons-Chats se substitue avec talent et naturel au Pays de l'Empire du Soleil Levant, cette fresque initiatique d'un jeune homme héritier d'un Daimyo à qui son maître va tenter de faire entrevoir la voie du sabre. L'Empire des quatre Poissons-Chats est un Japon "Fantaisiste" (dans le bon sens du terme), ou les dragons et la magie existent bel et bien, mais qui ressemble sur bien d'autres points à s'y méprendre au Japon historique. Cet ouvrage composé de trois rouleaux est la transposition d'une nouvelle (constituant le premier rouleau) parue préalablement au sein de l'anthologie "Fées & Gestes".

La longue quête de Musashi pour retrouver le Wakizashi légendaire de son daisho papillon, va ainsi être remisée au second plan tandis qu'il entame la formation de son jeune élève. C'est ainsi que nous allons voir arpenter la route par un rônin sale et aux manières brusques, accompagnée comme son ombre par un jeune garçon vaniteux, en quête de puissance et de pouvoir. Les étapes de cette formation seront ainsi jalonnées de combats, de morts, de stupre et de plaisirs. Les scènes de batailles font immanquablement penser à certaines scènes épiques de Chanbara ou l'on imagine sans peine les ralentis et les prouesses martiales hors norme des protagonistes. La poésie et les légendes y côtoient la violence brute et l'action de fort belle manière. La véritable personnalité des deux compagnons se faisant un peu plus jour tout au long de ce périple pour parvenir à un dénouement touchant.

Un roman court, trop peut être, qui se veut une brillante évocation et un hommage sincère à une figure légendaire du Japon. Un texte que je vous conseille de découvrir, pour vous plonger le temps de quelques heures délicieuses dans une ambiance dépaysante. L'ouvrage se clos sur un lexique bienvenu pour ceux n'étant pas assez familier avec certains termes Japonais, une bibliographe de référence comportant nombres d'ouvrages des plus intéressant et une vidéographie qui permettra à chacun de replonger dans l'ambiance du Japon médiéval.





Imagine...erre, Welcome to Nebalia,
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Actus de la semaine (11) 
Par Tigger Lilly le 05/09/2010 à 22:25
Les Actus de la semaine et puis je file au lit. Votre dévouée est en effet en mode dort-debout.• La plate-forme de ventes de livres au format numérique du Bélial continue de faire couler l'encre (numérique) : la réponse de l'auteur Ayerdhal à ce sujet, ainsi qu'une interview d'Olivier Girard et de Clément Bourgoin sur ActuSF.• Les nouveautés de septembre dans les littératures de l'imaginaire sur
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Greg Egan : un moraliste dans l'ère du choix (5) 
Par Génération sf le 05/09/2010 à 11:27

897053718.jpg    On peut se demander, après ce survol d'une partie de l'œuvre de Greg Egan si, non content de ne pas être un romantique, il n'est pas aussi un pessimiste forcené. Y a-t-il quelque chose à attendre d'un monde d'égoïstes dont on ne peut être sûr q'ils auront assez de jugement moral pour inventer l'humanité sans s'auto-détruire et sans devenir des monstres ? En d'autres termes, si votre père, ou votre voisin, se révèle être Adolf Hitler et qu'il n'y a pas de chevalier armé d'un sabre laser pour le rameber du bon côté de la Fore, qui sauve l'humanité de sa tendance à l'aveuglement et à l'auto-destruction ?

    Dans « La caresse, le policier kidnappé par Lindhquist, le créateur de tableaux vivants, n'a d'autre justification pour l'exercice de son léter que son sens inné de la justice. Harold, le sienifique de « La Cuve », est amoureux. D'un amour non partagé et qui empoisonne ses jours au point qu'il voudrait, à défaut de le comprendre, s'en débarrasser — être libre. Mais « quelque chose dans son génome, ou dans son passé a décaré que cela ne devait pas être. Ou peut-être que le dé quantique a été lancé en sa faveur. Pour cette fois. » Il ne commet pas le crime. De façon inexplicable et irrationnelle, parce qu'il se trouve doté d'un certain sens de la morale et de la justice… mais il aurait pu en être autrement.

1645492002.jpg    La solution se trouve peut-être dans L'Énigme de l'univers, où Andrew North se rend sur une île corallienne artificielle située en plein Pacifique… un territoire créé par un groupe de bioingénieurs anarchistes. Non pas que Greg Egan exprime ouvertement sa sympathie pour les anarchistes… mais c'est le seul système politique qu'il ait jamais pris la peine de décrire un peu en détail. Et quand les problèmes ne peuvent pas être résolus par des héros dans la dimension mythique; il faut bien qu'ils le soient par des humains dans la dimension politique. À moins que ne s'opère, toujours comme dans L'Énigme de l'uinvers, une transformation de l'univers au niveau mathématique, physique et métaphysique. Un aspect de l'œuvre de Greg Egan qui mériterait un article à lui tout seul.

    En attendant, il ne nous reste plus qu'à recommander au lecteur de lire ses textes. Ils expriment, mieux que les navrantes imbécillités de « penseurs » incapables de comprendre la nature de cette étrange époque, ce qu'il en est de la vie à la fin du XXe siècle. 

 

Sylvie Denis
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BOF 
Par Gromovar le 05/09/2010 à 11:07


Il y a deux ans, j'avais adoré Eifelheim de Michaël Flynn. Je me suis donc jeté sur "Up Jim River", suite de "The January Dancer" (que je n'avais d'ailleurs pas lu, mais il se disait que ce n'était pas indispensable). Mal m'en a pris.
Chose rarissime, j'ai arrêté la lecture de "Up Jim River" au tiers environ tant je ne supportais plus ce livre. Pourtant, la quête menée par deux personnages intéressants (tout au moins l'un des deux, au syndrome de personnalité multiple induit) aurait du me séduire. Une chasse à l'homme (à la femme en l'occurrence) au travers de la galaxie, de monde en monde, à la recherche d'un agent disparu dans des conditions mystérieuses. Malheureusement, Flynn crée des mondes plus absurdes les uns que les autres (la palme étant détenue par l'empereur de Thistle et sa cour grotesque), et un langage surchargé au point d'en devenir monstrueux et de gêner la lecture (j'avais pourtant survécu au Livre de Dave, ce qui signale que j'ai du courage dans le domaine de l'innovation linguistique). Flynn a sûrement voulu faire baroque, mais n'est pas Stephenson qui veut, et il obtient surtout du boursouflé. Ca rappelle les délires orientalisants du XXVIIème siècle avec Mamamouchis et autres inepties. Dans tout ça peu d'action et de progression pour l'instant, en revanche quantité de longues considérations sans intérêt narratif. On peine sur la langue, et, comme si ce n'était pas suffisant, on s'ennuie. Escalader le "Livre de Dave" conduit à un superbe panorama, escalader "Up Jim River" ne conduit à rien de gratifiant. A éviter.
Up Jim River, Michaël Flynn
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Etoiles, Garde-à-vous de Robert A. Heinlein 
Par Efelle le 05/09/2010 à 09:47

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- ... sans coercition, incitation ni promesse d'aucune sorte et après avoir été pleinement averti et éclairé quant aux conséquences de mon serment, je déclare m'engager ce jour au Service de la Fédération Terrienne pour un temps qui ne saurait être inférieur à deux années et qui peut être prolongé au gré des nécessités du Service...

Là, j'ai légèrement tiqué. J'avais toujours considéré que la durée d'engagement était de deux années, sans doute parce qu'il en était ainsi dans l'idée de tous les civils. En fait, nous étions en train de nous engager pour la vie.

Juan Rico est un jeune homme plein d'avenir, du fait de la richesse de ses parents son avenir est tout traçé : université pour intégrer l'entreprise de papa pour prendre, à terme, la relève. Tant pour l'appel de l'aventure et du voyage que par l'influence de ces amis, Johnny décide de s'engager pour le service fédéral qui lui octroiera à sa sortie la pleine citoyenneté... Moins brillant que ces camarades, il est affecté à l'infanterie mobile, des marines équipés d'exosquelettes surarmés...
Pendant sa formation, le conflit latent avec les Punaises éclatent... La carrière de Juan ne fait que commencer.

Bien que le roman démarre par un flashback en pleine action, ce récit initiatique se concentre sur la formation de Juan et la philosophie sous-jacente à ce régime militariste non autoritaire. La citoyenneté n'est en effet accordé qu'aux anciens soldats partant du principe que les seuls acteurs valables du régime sont ceux qui ont eu le courage et la volonté de se dresser pour le défendre. Les civils ne sont pas pour autant sous le joug d'une dictature, seul la justice est expéditive le fouet pour les délits, la corde pour les crimes.

L'armée imaginée par Heinlein est à la fois une utopie et une critique des armées du XXeme siècle, on en recrute que sur la base du volontariat, après un tri impitoyable sur le volet, les démissionnaires sont instantanément rayé des cadres et renvoyés dans leur foyer. Dans ces conditions, la formation est impitoyable, seul 20 % des recrues sont retenues au terme d'une formation où les accidents mortels sont possibles.

Ted avait commis la faute à ne pas commettre. Et c'était vraiment une faute. Nous détestions tous le Régiment (qui l'aimait, au fait ?) mais Ted avait vraiment essayé de toutes ses forces de gagner sa franchise de citoyen. Il avait l'attention de se lancer dans la politique dès son retour à la vie civile. Il nous disait toujours :"Vous verrez... il va y avoir du changement."
Maintenant, il n'avait plus aucune chance de se retrouver jamais derrière un bureau. Mais si cela lui était arrivé à lui, il pouvait en être de même pour moi. Moi aussi je pouvais craquer. Demain, dans une semaine... Et je n'aurais pas le droit de donner ma démission. Et je recevrais autant de coups de fouet que Ted.

Passé ce cap, la survie des soldats devient la principale motivation des officiers, on ne sacrifie personne volontairement, on ne laisse personne derrière dans la mesure du possible... Dans ce régime, nombre de généraux français ayant officié entre 1914 et 1918 aurait été pendu.

Heinlein explore son hypothèse à l'extrême, imaginant une société disciplinée (en opposition au laxisme de l'éducation du XXeme siècle) et une armée totalement utopique. L'argumentation n'exclue toutefois pas une société libérale (au sein US du terme). Le récit fait la part belle à la formation et l'éducation de Juan, individu somme toute assez moyen auquel il est facile de s'attacher. Les scènes d'actions sont rares, pas plus de deux sauf erreur, mais prenantes.

Rien de ce qui a de la valeur n'est gratuit. Même le souffle de la vie, nous ne l'obtenons à notre naissance que par la souffrance et un sursaut d'effort.

Ce court roman d'Heinlein remplit parfaitement son rôle, après un démarrage au coeur de l'action, l'idéologie explorée l'auteur  est lancée violemment à la face du lecteur. Développée et nuancée ensuite, elle ne laisse pas indifférent et remplit son rôle épidermique, à savoir la critique des systèmes politiques actuels. Plus que le panégyrique d'un système disciplinaire et militariste (le point de vue est trop utopique et critique des armées passées pour être crédible), j'y ai vu une critique des failles de nos systèmes politiques. Un roman coup de poing qui ne laisse pas indifférent.

Sur la lancée, j'ai revu le film de Verhoeven, joyeusement subversif et second degré, l'armée utopique ayant disparue au bénéfice d'une critique acerbe des dérives sécuritaires, puis relu l'excellente chronique de Nébal sur le Cafard Cosmique.

L'avis de Traqueur Stellaire.

 

SSW           defi_robert_heinlein_small

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Greg Egan : un moraliste dans l'ère du choix (4) 
Par Génération sf le 04/09/2010 à 09:56
1833855176.jpg    Cette aspiration à une forme quelconque de libération est illustrée dans « Le Coffre-fort », où un personnage sans nom se réveille chaque matin dans un corps différent. Incapable d'obtenir le moindre contrôle sur les conditions matérielles de son existence, il se contente d'épouser, jour après jour, l'identité de ses hôtes, jusqu'à celui où il découvre comment son esprit a réussi à survivre en empruntant les capacités du cerveau de ses hôtes. Il décide alors de prendre sa vie en main et de s'affirmer en tant que personnalité autonome. On peut difficilement trouver plus bel exemple de ce que Sartre appelle l'exercice de la liberté en situation que cet homme dont la vie est dispersée de manière fractale (de la même façon, soit dit en passant, que les réalités virtuelles de La Cité des permutants) et n'existe, littéralement, que sous forme de statistique de ses passages dans le cerveau de ses hôtes. C'est néanmoins ce personnage encore plus prisonnier des circonstances que le héros d'« Orbites instables » qui décide mlagré tout de survivre, d'exister et d'agir. Comme démonstration de la liberté et de la ténacité humaine, on a rarement fait mieux.
    Cet homme sans nom est d'autant plus remarquable que non seulement il n'est pas devenu fou, mais qu'il se refuse à se suicider : ce serait tuer l'un de ses hôtes, et pour autant que sa vie ait été éloignée de celle du commun des mortels, il semble bien y avoir acquis un certain sens moral, qui l'empêche de commettre un crime. En effet, les personnages de Greg Egan que nous avons rencontrés jusqu'à présent ont parfois pris des décisions discutables — mais elles ne concernaient qu'eux. Que se passe-t-il, dans un monde où aucun dieu ne dispense une morale toute prête et où la science permet de faire à peu près ce que l'on veut, lorsque des êtres qui n'ont de « philosophie » que celle de satisfaire leurs désirs les moins justifiables en ont aussi les moyens ?
348694760.jpg    Dans « Le Tout-p'tit », un homme dont la compagne ne veut pas avoir d'enfant achète un kit qui lui permet de porter un enfant d'ntelligence limitée, et destiné à mourir ver sl'âge de quatre ans. Hélas, le kit est de mauvaise qualité, et l'enfant réussit à parler, ce qu'il n'aurait amais dû être capable de faire. dans « Les Douves » et dans L'Énigme de l'univers, des scientifiques parviennent à créer un ADN différent et un système immunitaire qui lui permet de résister à tous les virus existant sur la planète — et de survivre au cas où le reste de l'humanité succomberait à l'un d'eux. 
    Dans « La Caresse », l'héritier d'un empire pharmaceutique se passionne pour la réalisation de « tableaux vivants », reproductions fidèles d'œuvres d'art. Au nom de sa philosophie de l'art et de la beauté, il crée une chimère homme/léopard et kidnappe un policier à qui il fait subir des opérations de chirurgie eshétique afin qu'il ressemble à l'un des éléments du tableau symboliste qu'il veut reconstituer. Il a, par ailleurs, utilisé le cerveau de son propre fils pour y « réimplanter » sa mémoire. Enfin, le protagoniste du « Coffre-fort » doit sa situation à son père, un chercheur qui a obtenu ce brillant résultat en détruisant, à fin d'expérience sur les capacités du cerveau en cas de dommages, le cerveau de son jeune fils.
    Il n'y a, dans l'univers eganien, que deux grands crimes. le premier consiste à traiter l'homme comme un objet. Autrement dit, à faire ce que font les fascistes de tout poil sur cette terre : nier l'autre dans son humanité, le traiter comme un objet, soit en l'éliminant, soit en l'utilisant. On trouve des exemples de ce type de comportement dans les nouvelles déjà citées, mais aussi parexemple das « La Cave », où le personnage principal travaille dans une usine qui fabrique et utilise des fœtus humains de quelques jours pour en extraire des hormones et autres composés chimiques, ou bien dans « Le réserviste », dont le riche propriétaire entretient un troupeau de clones à l'intelligence volontairement limitée, dans le but de lui servir de banque d'organes vivante — il est alors bon de se souvenir que Greg Egan a écrit des nouvelles d'horreur et que nous devrions remercier David Pringle pour l'avoir poussé dans la direction de la science-fiction.
2123817256.gif    Le second crime c'est le fanatisme, qui résulte le plus souvent de ce que l'auteur semble considérer comme un défaut rédhibitoire chez un être humain : l'incpacité à « voir la réalité telle qu'elle est », cette faculté qu'ont les humains de s'illusionner, que ce soit au moyen de visions du monde erronées, de religions, de « mythologies stupides » ou de justifications fallacieuses. C'est tout le sujet de L'Énigme de l'univers. C'est le cas dans « Orbites instables », où ceux qui ont été capturés par les attracteurs idéologiques sont décrits comme auto-satisfaits et complaisants. Dans « Silver Fire », des fanatiques arrivent à faire croire aux membres de leur secte qu'une nouvelle maladie, dont les sympt$omes sont particulièremet horribles et douloureux, est en fait un moyen de connaissance et d'extase mysique… Ils n'ont évidemment pas le beau rôle dans la nouvelle. les constructeurs de a athédrale virtuelle de « Notre-dame de Tchernobyl » n'apparaissent pas véritablement comme des monstres de discernement intellectuel… Il ne fait pas bon, selon Greg Egan, de se contenter d'une seule grille de lecture, d'une vision définitive du monde : seul le doute, cet opium des intellectuels, trouve véritablement grâce à ses yeux.

 

Sylvie Denis
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Jeu-concours : "Futurs : capitalismes hallucinés" 
Par Anudar le 03/09/2010 à 20:31
Avis aux lecteurs :

Nobles seigneurs de la guerre, farouches Fedaykins, space-orks, nomades Extros, Princes-Marchands, Intelligences Artificielles, voyageurs spatio-temporels, vous tous, en quelque sorte... Pour les dix ans de la collection Folio SF et grâce à un aimable partenariat, la Grande Bibliothèque a le plaisir de vous ouvrir son premier jeu-concours ! Cinq des participants pourront gagner un livre offert par les Editions Gallimard, en l'occurrence, un exemplaire du roman Evadés de l'enfer ! de Hal Duncan, inédit en français.
Mais comment participer ?

Rien de plus simple. J'ai sélectionné un corpus de lectures tournant autour du thème qui donne son titre à ce concours, à savoir "Futurs : capitalismes hallucinés". Il vous suffit d'être le premier à lire l'un de ces livres et d'en apporter la preuve pour être désigné vainqueur. Quelques règles :
  1. Le jeu est ouvert à n'importe quel visiteur de mon blog, et sera ouvert jusqu'au 20 Octobre (environ !).
  2. La preuve de lecture sera un compte-rendu respectant la forme utilisée sur ce blog, à savoir une introduction, un résumé censé allécher le lecteur, puis pour conclure une courte analyse.
  3. La preuve de lecture devra être postée en commentaire public à la suite de ce message, la date et l'heure de publication faisant foi pour déterminer un gagnant.
  4. Chaque participant garde la pleine propriété de son compte-rendu de lecture et sera invité, le cas échéant, à le publier aussi sur son propre blog. Il pourra utiliser l'image proposée en ouverture et en fermeture de ce message pour matérialiser sa participation au concours.
  5. Les rétro-lectures ne sont pas acceptées : si vous avez déjà lu un des livres proposés, merci de ne pas le choisir.
  6. Tout gagnant sort du concours aussitôt (afin qu'il y ait le maximum de gagnants !).
  7. Le concours prend fin dès que cinq gagnants sont désignés.
Et voici le corpus de lectures choisies pour ce concours "Futurs : capitalismes hallucinés"...
  • Joan D. Vinge, Cat le Psion (Edit : lu).
  • Joan D. Vinge, Pluie de Rêves.
  • Richard Morgan, Carbone modifié.
  • Pierre Bordage, Wang tome 1.
  • Pierre Bordage, Wang tome 2.
  • Norman Spinrad, Jack Barron et l'éternité.
  • Norman Spinrad, Les Années Fléaux.
  • Ivan Efremov, L'Heure du Taureau.
Souvenez-vous, écrire le premier la chronique d'un seul de ces livres est suffisant pour gagner votre exemplaire de Hal Duncan ! Alors, n'hésitez pas !

Bonne lecture et... bonne chance !


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Les conquérants de l'univers 
Par Lhisbei le 03/09/2010 à 16:51

les_conqu_rants_de_l_universLes conquérants de l'univers

De Richard Bessière

Fleuve Noir - 190 pages

Pour sa participation au Summer Star Wars, Ferocias joue à archéologue du space-opera. Ses billets donnent vraiment envie de fouiller le grenier, de dénicher les vieilles malles de grand-mère pour plonger dans le space-opera de grand père. J'ai donc exploré les BAL (bibliothèques à lire) de Mr Lhisbei et voici ce que j'ai trouvé : le premier roman de la collection Anticipation du Fleuve Noir, collection dite « Fusées » à cause de la fusée qui orne sa tranche son dos. La fusée de la couverture annonce la couleur : space op' nous voila.

Les conquérants de l'univers, premier volume d'un cycle éponyme en 5 tomes, de Richard Bessière a été publié en 1951. C'est Internet qui nous le dit car le livre ne possède ni dépôt légal ni date d'édition ni ISBN... Richard Bessière est ce qu'on peut appeler un auteur prolifique : il affirme sur son blog (inactif depuis mars 2007) avoir à son actif 285 ouvrages ! A noter aussi : les éditions Éons ont réédité en un seul volume les cinq romans du cycle des Conquérants de l'univers.

Je ne résiste pas à la tentation de reproduire la quatrième de couverture :
A bord de leur appareil interplanétaire, six terriens se trouvent lancés dans l'aventure la plus extraordinaire qu'on puisse rêver. Vous allez faire connaissance avec ces audacieux astronautes qui ne tarderont pas à vous devenir familiers, et vous suivrez leurs aventures avec un intérêt qui ne faiblira jamais. C'est Jules Verne qui a ouvert la voie au roman d'Anticipation. Plus près de nous, H.-G. Wells est allé encore plus loin. Mais le roman de F. Richard-Bessiere que nous vous présentons est bien le plus extraordinaire et le plus captivant qu'on ait écrit jusqu'à ce jour.        

Nous voila embarqué à bord du Météore, premier vaisseau capable d'arracher l'homme à la pesanteur terrestre, parti à la découverte de l'Univers. Le Météore, créé par le professeur Bénac avec l'aide de son filleul Richard, grâce aux fonds du sud-américain Don Alfonso, est un engin digne des romans de Jules Verne : fabriqué dans un alliage de métal nouveau il dispose d'une propulsion révolutionnaire et de quatre niveaux qui assurent confort et sécurité. L'expédition de Bénac devait initialement concerner trois personnes. Le professeur Bénac et Richard devait se faire accompagner par Jeff grand reporter américain chargé de couvrir en exclusivité l'évènement. Mais Ficelle, mécanicien aux doigts magiques, et Don Alfonso se trouvent malencontreusement piégés à bord au moment du décollage. Miss Mabel, jeune étudiante anglaise, a fait valoir des arguments de poids pour intégrer l'équipe : « Mais qui s'occupera du ménage ?  »  et  « Comment voulez-vous être présentables lorsque vous arriverez chez les martiens ? Croyez-vous que ces gens-là auront une bonne impression des terriens lorsqu'ils verront vos pantalons en accordéon et vos cols froissés ? »1. Bénac finit par céder à condition que Miss Mabel « maîtrise ses nerfs »2. Ils seront donc six à s'élancer, à la prodigieuse vitesse de 45 kilomètres par seconde, vers la Lune, première escale de l'expédition, avant de prendre la direction de Mars.

Richard Bessière nous dispense régulièrement des cours d'astronomie (Mabel finira même à lire un livre traitant de cette matière) selon les connaissances de l'époque. Dix ans avant le premier vol spatial habité et la conquête spatiale, la face cachée de la Lune est un terrain de fantasmes. L'auteur résiste à la tentation de le peupler de Sélènites ce qui, en soi, constitue déjà une originalité. Dans les années 50 les canaux de Mars se prêtent à toutes les interprétations possibles et se trouvent plutôt bien exploités dans ce roman. La description de la société martienne fourmille d'idées : la rationalité scientifique gouverne la planète et la critique sociale n'est pas bien loin. Certaines scènes sont vraiment très gaies (comme la compétition sportive sur Mars).   

Richard Bessière, qui avait 18 ans à la parution du premier volet des Conquérants de l'Univers, fait preuve d'érudition (qui, certes, parait bien dépassée de nos jours) et d'une imagination débordante qui compensent une écriture parfois maladroite et au style suranné. Sur 190 pages, le rythme échevelé condense les aventures lunaires et martiennes de notre fine équipe proposant de nombreux rebondissements au risque de survoler ces aventures. Un romancier moderne aurait développé un peu plus chacune des péripéties de nos aventuriers. Je n'envisage pas de lire la suite - archéologue du space opera étant un hobby pour moi - mais si quelqu'un m'offre les livres, je me sacrifierai ...   

1Nous sommes en 1951 n'oublions pas. Remercions les féministes d'être passées par là.

2 Elle prouvera par la suite qu'elle les maîtrise parfaitement : juchée sur un rocher « la courageuse jeune fille » tire sans arrêt sur les créatures préhistoriques qui peuple la face cachée de la lune (même si pour cela elle doit serrer « convulsivement » les lèvres) ; et ne s'évanouit qu'après la bataille et pour une excellente raison : elle est grièvement blessée et perd beaucoup de sang.

Consulter la bibliographie de l'auteur sur le Répertoire de la Science-Fiction.

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