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06/10/2009 : La Stratégie Ender - Orson Scott Card 05/10/2009 : Darwinia - Robert Charles Wilson 28/09/2009 : Les Gardes Phénix - Steven Burst 28/09/2009 : Le Dernier Magicien - Megan Lindholm (Robin Hobb) 28/09/2009 : Les Chroniques de Thomas Covenant 1 - Stephen R. Donaldson 19/09/2009 : Harry Potter and the Philosopher's Stone - J.K. Rowling 19/09/2009 : Les Aventuriers de la Mer - Tomes 4 à 6 - Robin Hobb 06/09/2009 : Cetaganda - Loïs McMaster Bujold 30/08/2009 : Préludes au Trône de fer - Georges R.R. Martin 28/08/2009 : Le Sorcier de Terremer - Ursula Le Guin
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La Stratégie Ender - Orson Scott Card 
Par Arutha le 06/10/2009 à 14:16
Ender n'a que six ans lorsqu'on vient le chercher pour intégrer à l'école de guerre. Il doit alors quitter sa famille pour une longue période et en particulier un frère cruel et une soeur aimante. Le but avoué des responsables de l'école est de trouver celui ou celle qui sera le futur commandant en chef des forces internationales capable d'anéantir les plus redoutables ennemis de l'humanité, les doryphores, créatures venues de l'espace. Il apparait vite que ce chef sera Ender ou ne sera pas. Dès lors commence pour l'enfant un entrainement exigeant qui le poussera à donner le meilleur de lui même. Mais en le poussant à ce point, ne va-t-on pas simplement le détruire ?



J'ai effectué cette lecture dans le cadre du Cercle d'Atuan. Les échanges que nous avons pu y faire laisse apparaitre deux critiques principales. La première porte sur l'âge d'Ender que d'aucuns jugent incompatible avec ses capacités exceptionnelles. La seconde sur le nombre pléthorique d'exercices de combat.
Concernant la première je ne pourrais qu'évoquer le fameux pacte auteur-lecteur qui impose à ce dernier d'accepter sans réserves les postulats du premier sans quoi il lui est impossible d'apprécier l'oeuvre. Imaginer qu'un enfant de six ans a un quotient intellectuel au moins égal à celui d'un adulte n'est à mon sens pas plus difficile que d'admettre l'existence des dragons. Quant à la multiplicité des combats, elle se justifie pleinement dans le cadre d'une école de guerre qui a pour vocation l'émergence d'un stratège exceptionnel. Qui plus est, ces combats sont particulièrement bien décrits et l'ensemble de l'action reste constamment compréhensible ce qui est plutôt rare dans le domaine. De plus, chacune de ces batailles permet à Ender d'évoluer et c'est donc bien plutôt ses facultés d'adaptation qui sont au centre du récit qu'une simple succession de combats.
Pour le reste, La Stratégie Ender est un roman beau et fort. La réputation de Card en tant que conteur n'est plus à faire et il donne ici la pleine mesure de son talent. On ne sort pas de la lecture sans avoir une multitude de questions qui nous tournent dans la tête. La moindre de ces questions n'étant pas : la fin justifie-t-elle les moyens ?
Quant à la fin, somptueuse, elle nous éclaire sur le caractère profondément humaniste de l'auteur.
A lire d'urgence si vous ne l'avez pas encore fait en prenant soin de laisser à la porte tous vos a priori.

Critiques des autres "Atuaniens" :
Daenerys
El Jc
Iani
Olya
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Darwinia - Robert Charles Wilson 
Par Arutha le 05/10/2009 à 09:44
Une nuit de 1912, une grande partie de l'Europe et le Royaume-Uni disparaissent. Ou pour mieux dire, sont remplacés par des terres aux contours, au relief et à l'hydrographie sensiblement similaires. Mais tout ce qui y vivait, y compris hommes et plantes, ont laissés leur place à une faune et une flore entièrement nouvelle. Lorsqu'une expédition s'organise pour explorer ce nouveau monde, le jeune photographe Guilford Law décide d'être du voyage. C'est ainsi qu'après avoir confier sa femme et sa fille à de la famille dans la nouvelle ville de Londres, il rejoint le nouveau continent européen.
Le but de l'expédition est de remonter le cours du nouveau Rhin et de traverser les Alpes. Mais en plus des dangers naturels de ce nouveau monde les explorateurs auront à affronter des périls nés d'une guerre éclair qui éclate entre les britanniques, qui revendiquent les terres qui ont remplacées la Grande-Bretagne et les américains bien décidés à coloniser ces terres qui viennent de surgir de nulle part. Mais le mystère même qui préside à l'émergence de ce nouveau continent n'est-il pas porteur d'un danger encore plus grand ?

Au moment de faire ma chronique, j'avoue ma difficulté à décider si j'ai apprécié ou non ce livre. D'aucuns diront que c'est probablement le signe que je ne l'ai pas aimé tant que ça. Peut-être. Le fait est que je suis certes parvenu jusqu'à l'ultime page sans effort et sans réel déplaisir. Et pourtant. Alors que la réputation de Wilson n'est plus à faire dans le domaine de la peinture des personnages, j'ai eu l'impression qu'il y avait mis, cette fois-ci, moins de soin. Reste l'histoire, ou devrais-je dire les histoires ? Car outre les aventures de Guilford, nous suivons également les péripéties de sa femme et de sa fille, ainsi que celles d'un médium "possédé" par un dieu. Procédé classique me direz vous. Les différentes histoires finissent par aboutir au même point et forment alors le dénouement. Sauf que non, pas tout à fait ici. L'histoire de l'épouse de Guilford n'apporte pas grand chose au récit global et celle du spirite pas beaucoup plus. Quant aux interludes qui servent d'explications aux évènements décrits, ils sont complexes dans le détail, lorsque l'auteur nous livre les fruits de son imagination. Nous assistons à un déballage de ce qu'il faut bien appeler parfois des élucubrations dont le sens nous échappe la plupart du temps. Dans les grandes lignes toutefois, les explications sont très simples. Trop peut-être ? Nous ne sommes pas si loin d'avoir affaire à des Dei ex machina et grâce auxquels on va pouvoir justifier tout et n'importe quoi.
Bon, on l'aura compris, après mûres réflexions, je crois pouvoir dire que ce Darwinia ne figure pas au sommet de mon classement des oeuvres de Wilson et, je le crains, loin du sommet de tout ce que j'ai lu. A la différence de mes camarades de la blogosphère littéraire, je ne suis pas sûr que les romans de Wilson s'améliorent au fil du temps. Celui-ci est déjà le deuxième de suite qui me laisse sur ma faim. Les récits s'étoffent, certes, mais parfois de façon un peu artificielle. L'idée de départ, comme bien souvent chez cet auteur, était très séduisante, mais la montagne a accouché d'une souris. En vérité, il n'aura réussi vraiment si j'en juge par les critiques diverses et variées, que Les Chronolithes et Spin. Vivement que je les lise.

L'avis d'Efelle
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Les Gardes Phénix - Steven Burst 
Par Arutha le 28/09/2009 à 19:04
Le jeune gentilhomme Khaavren se rend à Dragaera, la capitale de l'empire. Il a bien l'intention de rentrer dans la Garde Impériale. En chemin il rencontre deux autres nobles : Aerich et Tazendra. C'est ensemble qu'ils se rendent à la capitale. Là ils retrouvent une autre connaissance, Pel, qui se trouve être un membre de la Garde. Ce dernier présente nos amis à son capitaine et bientôt, ce sont trois nouvelles recrues qui viennent renforcer les rangs des troupes d'élite impériales. Très vite les quatre compagnons deviennent inséparables. Ils se voient bientôt confier une mission qui va les conduire à l'autre bout de l'empire. Mais nombre de dangers les guette sur le chemin.


Autant vous prévenir tout de suite, ce livre est un vrai bonheur. J'ai cru en l'entamant avoir affaire à un hommage de Burst à l'oeuvre d'Alexandre Dumas. Alors certes, l'hommage est là. J'y reviendrais bientôt. Mais l'auteur y a ajouté une bonne dose de fantaisie. Le résultat est un texte qui fait plus que flirter avec le farfelu. Les dialogues sont la plupart du temps absolument invraisemblables. Mais toujours savoureux et désopilants. Les situations ne sont souvent guère crédibles non plus. Mais qu'importe, elles sont drôles.
Mais ce qui a fait le succès des romans de capes et d'épées ne manquent pas. Missions secrètes, chevauchées à travers le pays, batailles rangées dans les auberges, duels, combats acharnés, mais aussi, amitié, honneur, sens du devoir, amour. Nos amis ont tout des quatre mousquetaires (même si une femme s'est glissée parmi eux). Jusqu'à l'incontournable valet Picard qui trouve ici son alter ego.
Mais rien de tout ça n'est réellement pris au sérieux. Au final, on obtient un Dumas mâtiné de Voltaire. Car on ne peut pas ne pas penser à Zadig ou à Candide.
C'est bien, c'est plaisant, c'est drôle. C'est à lire. Et pas plus tard que tout de suite, maintenant.

Allez donc voir la vidéo de l'ami Salvek
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Le Dernier Magicien - Megan Lindholm (Robin Hobb) 
Par Arutha le 28/09/2009 à 19:00
C'est l'histoire d'un magicien. Du Magicien devrait-on dire. C'est ainsi qu'on l'appelle. Personne ne connait son nom. Lui-même l'ignore sans doute. C'est aussi un sans abri. Chaque jour il parcoure Seattle, un peu au hasard. Chaque nuit il regagne son repaire : un vieil immeuble inoccupé. Il n'a que peu d'amis. Tous magiciens. Un jour il rencontre une jeune femme. Elle tient absolument à l'aider même si lui ne veut rien savoir. Mais il rencontre aussi une redoutable ombre grise. Une menace.

Ce Dernier Magicien est un livre plutôt atypique. Très original. D'abord, vous l'aurez compris, parce qu'il s'agit d'Urban Fantasy. Les romans de fantasy se déroulant dans notre monde contemporain ne sont pas légions. En tout cas pas dans ma bibliothèque. La magie y est d'ailleurs discrète. Et pas commune. La plupart des pouvoirs de nos magiciens sont peu spectaculaires. Ils seraient, pour certains, du genre à nous faire nous demander : à quoi ça sert ? Souvent, ils s'apparente davantage à des devoirs, des obligations. Le Magicien peut et doit nourrir les pigeons du parc à l'aide d'un sac de maïs inépuisable. Mais il peut aussi, ce qui semble plus utile tout de même, susciter les confidences des gens qu'il croise et trouver les mots précis qui vont les aider.
Rien de bien spectaculaire, donc. Cette histoire s'attache même aux aspects les plus ordinaires de la vie. Mais de la vie des sans abri, de ceux qui sont seuls, de ceux qui n'ont rien. Une fois encore, l'auteure s'intéresse tout d'abord aux gens, à ce qu'ils pensent, à la façon qu'ils ont de lutter contre les problèmes qu'ils rencontrent. Ou à leur façon de baisser les bras. Et pourquoi ils luttent, pourquoi ils abandonnent. Elle nous parle de solitude et d'errance. De vies brisées. D'incommunicabilité.
C'est un livre simple, triste et beau.
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Les Chroniques de Thomas Covenant 1 - Stephen R. Donaldson 
Par Arutha le 28/09/2009 à 15:47
La Malédiction du Rogue

Thomas Covenant est un écrivain à succès. Mais il est atteint d'une terrible maladie. Si terrible à vrai dire que tout le monde le fuit, à commencer par sa femme dont il divorce. Il se retrouve vite effroyablement seul. Isolé au milieu de ses semblables. Jusqu'au jour où un accident le projette dans un monde étrange et chargé de magie. Les deux premières créatures qu'il rencontre sont deux êtres malveillants. Sialon Larvae, tout d'abord, fait partie des lémures, des créatures maléfiques qui vivent sous le mont Tonnerre. Assoiffé de pouvoir il menace Covenant de manière hystérique. Le second, le seigneur Turpide le Rogue, le Tueur Gris, Pulverâme, Crochal l'Equarisseur, car il a bien des noms, est beaucoup plus maître de lui et semble bien plus puissant, partant, bien plus dangereux. Il impose à Covenant de devenir son messager pour porter l'avertissement qu'il désire adresser aux seigneurs du Fief. Commence alors pour Covenant un combat contre la folie qui le guette dans ce monde qu'il ne peut accepter comme réel. Combat d'autant plus difficile que, si ici personne ne le fuit pour sa maladie, inconnue dans le Fief, peu lui font totalement confiance. N'est-il pas après tout le messager de la Corruption ?
Et s'il était de nouveau un paria ?

Bien sûr, on pourra penser que l'histoire d'un type de notre monde projeté dans un univers parallèle sent un peu le réchauffé. Ce serait négligé deux points importants. Le premier est que le roman date de 1977. Loin d'être une resucée d'un vieux thème il fait plutôt figure de précurseur. Le second tient à la personnalité de Thomas Covenant. Il existe peu de héros aussi pitoyable, peu charismatique, voire détestable que lui. Le ton du livre est à l'avenant : noir.
Et c'est bien là que réside toute la force du roman. Son héros n'a rien d'un guerrier invulnérable. Il est très malade. Il est sujet au vertige. Il est agressif, voire violent. Et sa violence le conduit même à des actes impardonnables. De plus il préfère, pour sa santé mentale, penser que le monde dans lequel il se retrouve n'est qu'un rêve. Il se fait appeler d'ailleurs, non sans ironie, Thomas l'incrédule.
Pourtant, petit à petit, le lecteur finit par s'attacher à ce personnage. Sans doute parce que par son côté ordinaire il se rapproche de nous. Tout en restant extraordinaire par la maladie qui le touche. Il y a une douleur en lui que nous ne pouvons pas comprendre et que nous ne pouvons qu'imaginer.
L'histoire quant à elle ne révèle pas beaucoup de surprises. Un méchant au pouvoir terrifiant secondé par une armée de créatures maléfiques. Une collection d'objets magiques : anneau, bâton, pierre... Une compagnie partant dans une quête. Un pays peuplé de chevaux exceptionnels et révérés par tout un peuple. Tout cela n'est pas sans nous rappeler un certain Seigneur des Anneaux. Mais il reste néanmoins quelques trouvailles. Un peuple de géants en exil. Des gardes du corps étranges.
Mais pour dire la vérité, tout repose essentiellement sur la personnalité de Thomas. Il est sans conteste le héros de ce roman, omniprésent et il ne partage pas volontiers la vedette.
Alors certes, s'il était préférable de lire cet ouvrage lors de sa sortie, il n'en reste pas moins vrai qu'il nous offre cependant quelques heures de lecture agréables.
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Harry Potter and the Philosopher's Stone - J.K. Rowling 
Par Arutha le 19/09/2009 à 17:03
Est-il indispensable de faire un résumé du premier volet de Harry Potter ? Allez oui, pour le martien à destination de Jupiter et en transit sur Terre.
Harry potter n'est qu'un bébé lorsque ses parents disparaissent tragiquement. Il est confié à sa seule famille restante, son oncle et sa tante, par des personnages pour le moins étranges. Sa famille d'accueil est loin d'être ravie à l'idée d'élever un enfant dont l'étrangeté qu'il lui prêtent les terrorise. Lorsque Harry atteint son dixième anniversaire un étrange géant vient lui annoncer qu'il va désormais effectuer sa scolarité dans une école de magie. Il apprend par la même occasion que ses parents ne sont pas morts dans un accident de voiture, comme il l'a toujours cru, mais tués par un magicien maléfique, Voldemort. Et ce magicien pourrait bien avoir envie de finir son travail.

Alors pourquoi ce premier opus des aventures de Harry Potter m'a-t-il plu ? D'abord parce que, une fois n'est pas coutume, j'ai choisi de le lire dans sa langue d'origine. Et la lecture s'est révélée aussi fluide que possible pour quelqu'un qui ne pratique que rarement l'exercice. On a beau dire, mais il est tout de même bien gratifiant de venir à bout d'un défi qu'on craignait trop difficile à relever. Il est vrai que les romans de Harry Potter s'adressent à un jeune public. J'ai donc peu ou prou le niveau d'un petit anglais de 10 ans. C'est une indication pour moi.
Une autre source de plaisir est l'extrême similitude du film avec le livre. Ce premier épisode étant le seul que j'ai vu dans son intégralité et ce plusieurs fois, j'ai pu apprécier encore davantage la lecture qui ne m'a demandé aucun effort d'imagination pour générer des images.
En outre, même si le coeur de cible est à l'évidence les pré-adolescents, le roman se laisse lire sans déplaisir par un senior tel que moi. Le propos n'est par ailleurs jamais puéril ou infantilisant.
Reste que je n'aurais pas aimé suivre des cours dans l'école de Potter. La compétition malsaine entre les maisons est, non seulement tolérée, mais encouragée. La discipline y est terrible. Les jugements y sont le plus souvent arbitraires. Les châtiments fréquemment disproportionnés. Je me suis même surpris à en vouloir au géant Hagrid qui laisse les enfants prendre le risque de se faire punir pour réparer les conséquences de ses manquements aux règles. Et lorsque les enfants sont effectivement attrapés et punis, il n'a aucune réaction. D'une façon générale d'ailleurs, peu d'adultes ont le beau rôle, ce qui est peut-être bien voulu par l'auteure.
J'ai également été surpris de constater que, encore davantage que dans le film, Harry et son copain Ron sont de bien piètres élèves. Ils ne font d'ailleurs pour ainsi dire pas usage de la magie au cours de l'aventure.
Une série à lire donc, au moins pour son premier opus et si possible en anglais, le niveau exigé étant à la portée du plus grand nombre.
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Les Aventuriers de la Mer - Tomes 4 à 6 - Robin Hobb 
Par Arutha le 19/09/2009 à 11:25


Tome 2 V.O.

Difficile de faire un résumé d'un second tome sans dévoiler des éléments de l'intrigue du premier tome. Difficile donc d'en faire une critique sans pouvoir parler des personnages. Parce que, comme d'habitude, les personnages et la peinture qu'en fait Robin Hobb est la qualité numéro un de ce roman. Tout juste pourrais-je dire que, à côté des histoires individuelles de chacun, toutes plus intéressantes les unes que les autres, nous sommes témoins des signes avant coureurs de grands bouleversements politiques. Chacun y joue son rôle. Les uns en sont les acteurs, volontaires ou involontaires. D'autres prennent la diligence en marche et jouent les opportunistes. Certains, enfin, ne sont que spectateurs et réagissent aux évènements pour sauver ce qui peut l'être. De nombreux drames se jouent et certains personnages se découvrent des qualités insoupçonnées.
Les serpents de mer qui servaient de fil rouge tout au long du premier tome dévoilent un peu de leur mystère.
Et nous avons même droit, le long de quelques pages, à un séjour dans le Désert des pluies, pays d'origine des marchands de Terrilville.
Donc, encore et toujours de l'excellent Robin Hobb. On aime ou on n'aime pas, mais quand on aime, quel plaisir.
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Cetaganda - Loïs McMaster Bujold 
Par Arutha le 06/09/2009 à 20:09
La saga Vorkosigan
Miles Vorkosigan et son cousin Yvan sont les représentants officiels de l'empire de Barrayar lors des cérémonies funéraires de l'impératrice-mère de Cetaganda, l'ennemi héréditaire. Pour le moment, les deux empires sont en paix mais il suffirait d'un étincelle pour raviver le conflit qui couve. Alors forcément, lorsque Miles se retrouve par hasard en possession d'un objet crucial aux yeux des plus hautes autorités Cetagandaise, la situation se complique. Notre héros découvre bientôt un complot non seulement interne à Cetaganda mais qui tendrait également à impliquer Barrayar. Sans parler des tentatives d'assassinat dont notre héros est la cible.

Quel dommage que je vous parle, pour la première fois, d'une de mes séries préférées, par le biais d'un épisode qui m'a donné tant de mal à lire. Il n'est pas exclus que cela soit du à mon état d'esprit du moment. Pourtant, mes autres lectures n'en ont pas souffert. Il m'a fallu des semaines pour venir à bout de ce roman de 350 pages. Quand on sait à quel point le style de la saga est fluide, c'est impressionnant.
Mais laissez-moi vous présenter Miles Vorkosigan. Il est le fils unique de Cordelia Naismith native de Beta et du comte Aral Vorkosigan de l'empire de Barrayar dont il a été accessoirement le régent. A la suite d'une attaque chimique dont a été victime sa mère avant sa naissance, Miles souffre d'un squelette particulièrement fragile et d'une taille restreinte. Ces handicaps sont un frein à la carrière militaire qu'il envisageait, mais il les compense par une intelligence et une audace hors du commun.
Dans Cetaganda l'humour est toujours présent. Miles est toujours aussi doué pour se mettre dans des situations délicates. Il a toujours le même talent pour rouler ses supérieurs dans la farine. Et pourtant la sauce ne prend pas vraiment. La faute sans doute aux personnages Cetagandais auxquels Miles est confronté, qu'ils soient ennemis plus ou moins déclarés ou alliés à la fiabilité incertaine. On ne naviguera dans cet opus qu'au sein de la haute, très haute société Cetagandaise qui, c'est le moins qu'on puisse dire, n'a rien ni d'attachant ni de passionnant. Dès lors, on se moque bien de ce qui pourrait arriver si ce n'est bien entendu à Miles lui-même.
J'ai de loin préféré les deux précédents volumes mettant en scène Miles Vorkosigan, à savoir L'apprentissage du guerrier et Miles Vorkosigan titre issu du héros éponyme. On pourra même se passer de la lecture des deux premiers tomes Cordelia Vorkosigan et Barrayar qui sont un peu en dessous même s'ils sont importants pour connaître l'origine de Miles.
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Préludes au Trône de fer - Georges R.R. Martin 
Par Arutha le 30/08/2009 à 14:14
Le Chevalier Errant suivi de L'Epée Lige

A la mort de Ser Arlan de Pennytree, Dunk, son écuyer, tient à reprendre le flambeau de son maître. Il décide de devenir à son tour chevalier errant afin de mettre son épée au service des nobles causes. Mais pour améliorer ses conditions, rien de tel que d'être vainqueur d'un tournoi. Chemin faisant, Dunk fait la connaissance d'un étrange petit garçon qui se fait appeler l'Oeuf. Sans doute à cause de son crâne rasé. Arrivé au tournoi, Dunk s'aperçoit à quel point il est difficile de s'improviser chevalier. D'autant que les évènements prennent une tournure qu'il n'avait pas envisagé. Va-t-il s'en sortir intact au milieu de tous ces Grands qui ne sont souvent nobles que par leur titre ?

Quelques temps après, nous retrouvons Dunk et l'Oeuf, devenu officiellement son écuyer. Après un long périple à travers Westeros, ils se sont mis au service de Ser Eustace Osgris, un petit seigneur sans cesse en conflit avec sa redoutable voisine, la Veuve Rouge. Suite à un nouveau et terrible problème de voisinage, qui met en cause la survie même du domaine d'Osgris, Dunk, le géant, va devoir faire appel à toute sa diplomatie pour régler l'affaire. Mais aucun des deux protagonistes ne va lui faciliter la tâche.

Il m'a été difficile naguère de dire du mal de ce monument qu'est Terremer. Aujourd'hui, au moment de critiquer les deux nouvelles de Martin, je n'éprouve pas la moindre difficulté. La raison tient en ma parfaite mauvaise foi quand il s'agit de parler de l'oeuvre de Martin, en particulier quand elle concerne l'univers du Trône de Fer. Vous voilà prévenus.

L'ambition clairement affichée du Chevalier Errant, en dehors de nous offrir un voyage à Westeros, est de nous expliquer, par le menu, comment fonctionnait un tournoi au moyen-âge. On y retrouve l'éphémère village de tentes chamarrées, la troupe de seigneurs et chevaliers de tous rangs, les règles de chevalerie, les combats souvent féroces ... Mais comme si cela restait insuffisant et comme, somme toute, nous sommes en Westeros, Martin y a ajouté un conflit personnel mettant en cause quelque prince d'une famille que les lecteurs du Trône de Fer connaissent bien et dont l'emblème figure un dragon. Ici, encore bien davantage que dans la série d'origine, la magie est totalement absente. Le récit revêt plus que jamais des allures de roman historique. L'humour y est toujours présent. Mais la mort rode toujours.
Force est d'admettre cependant que pour tous ceux qui n'ont pas lu Le Trône de Fer, il est parfois un peu (très) difficile de s'y retrouver dans cette litanie de noms de familles nobles du royaume. Mais c'est également ce clin d'oeil appuyé à la série qui va faire apparaître un sourire béat sur le visage des fans.
En tout état de cause ce Chevalier Errant est une bonne surprise. Ne serait-ce que pour le voyage qui nous est proposé au pays des Sept Couronnes.

Dans L'Epée Lige nous retrouvons donc Dunk et l'Oeuf. Ils sont au service de Ser Eustace Osgris. Celui-ci est le dernier représentant d'un famille autrefois importante mais qui a aujourd'hui perdu tout son lustre. Ici encore, le récit est prétexte à une histoire très didactique dans laquelle nous sont exposés quelques aspects de la vie quotidienne dans un domaine féodal.
Les querelles avec les voisins (qui cachent souvent un vrai souci de rester maître chez soi), les responsabilités du seigneur vis-à-vis de ses gens, la constitution d'une armée de paysans, comment les noms de famille sont attribués aux plus modestes, la justice ...
Et ici encore, et peut-être même davantage, l'humour est présent. Même et surtout dans les situations les plus dramatiques. Comme en témoigne du reste cet échange :

- J'aimerais autant n'avoir pas à vous tuer.
- J'aimerais autant n'avoir pas à mourir.

Il est en revanche bien moins nécessaire d'avoir une bonne connaissance de la série mère pour apprécier le texte. Même si un certain nombre de dialogues font allusion aux grandes familles du royaume et à leurs relations.

Au final, je dirais que ces deux textes s'adressent tout de même plus spécialement aux fans de la série. Les autres risquent d'être un peu perdus et de ne pas apprécier tout le sel de certaines situations.

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Le Sorcier de Terremer - Ursula Le Guin 
Par Arutha le 28/08/2009 à 11:06
Duny est un jeune garçon qui vit sur l'île de Gont, réputée pour ses sorciers. Un jour, Duny découvre son talent pour la magie. Sa tante, la sorcière du village, décide de lui enseigner tout ce qu'elle sait, finalement bien peu de choses. Lorsque les Kargues, les voisins belliqueux, débarquent sur Gont, Duny parvient à en débarrasser l'île. Il est alors confié aux bons soins d'Ogion, un puissant mage, qui le baptise Ged, son nom secret, encore qu'il soit connu par le reste du monde sous le nom de l'Epervier. Tandis qu'il suit l'enseignement de son maître, Ged libère, à cause de sa vanité, une ombre maléfique qui ne cessera pas de poursuivre Ged. Quelle est la nature de cette ombre ? Ged en viendra-t-il à bout ?

Comment faire la chronique d'un monument de la fantasy ? Dire qu'on est resté insensible à la force du récit nous fait passer pour des béotiens. Et pourtant. Bien que le style soit très fluide, que le texte n'ait pas pris une ride en quarante ans, que le rythme soit soutenu, il manque un je-ne-sais-quoi au récit pour accrocher le lecteur. La faute déjà peut-être au rythme dont j'ai déjà parlé. Les évènements s'enchainent si vite qu'on a à peine le temps de s'installer dans l'histoire. Autre conséquence : les personnages manquent un peu de profondeur. Ged est au final peu attachant.
Il reste que le monde créé par Ursula Le Guin ne manque pas d'intérêt. Cet univers d'îles est original. Le système de magie est bien détaillé et possède une certaine vraisemblance.
J'avais déjà lu ce Sorcier de Terremer il n'y a pas si longtemps. J'en avais tout oublié et je n'avais jamais été pressé d'en lire la suite. Force est de constaté après cette seconde lecture qu'il y a si peu à se rappeler que l'oubli est compréhensible.
A lire donc pour compléter sa culture fantasy et aussi parce que la lecture en est agréable. Mais autrement, assez dispensable.

Chroniques des potes du Cercle d'Atuan:
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