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| Une BD steampunk sympathique. |
Ce débat organisé dans le cadre des Imaginales 2013 rassemblait :
sur le thème du roman d’aventure, et était modéré par Carole Ecoffet.
L’enregistrement réalisé par ActuSF est écoutable en ligne, ou bien téléchargeable directement sur ce lien.

Couv. service artistique Seuil d’après (c) Hannah Stouffer / fstop / Corbis et (c) Bill Varie / Getty Images
Beaucoup de retombées en ce moment autour des dernières publications, Léviathan : Le Pouvoir, Elfes et Assassins et « Derrière les barreaux ». Un nouvel entretien à signaler, autour de Léviathan : Le Pouvoir, cette fois, sur le site Unwalkers.
J’ai trouvé ce dernier tome, hyper puissant, serait-il la valeur ajoutée des 2 tomes, ou bien les deux premiers tomes seraient il le chemin pour accéder au graal ?
Les deux. Un récit de cette longueur accumule nécessairement de l’élan et de l’énergie jusqu’au bouquet final, dont on espère (quand on est l’auteur) et exige (quand on est lecteur) qu’il vienne éclairer tout le chemin parcouru avec ces personnages, et le justifie. Après, même si j’avais planifié toute la trilogie avant d’écrire la première ligne du premier volume, l’histoire a connu quelques déviations en cours de route, suggérées par les personnages eux-mêmes. Entre chaque livre, j’ai pris le temps de réfléchir à ce qui, à mon sens, avait plus ou moins fonctionné, ce que je pensais avoir plus ou moins réussi, et de recueillir le ressenti des lecteurs pour voir ce qui avait bien reçu, bien compris, et ce que je pouvais travailler davantage ou améliorer sur le volume suivant.
L’intégralité de l’entretien se trouve sur cette page ; merci à Unwalkers pour son « coup de coeur » !
Les uchronies ne sont bien évidemment l’apanage des romans, les comics s’y sont aussi frottés. La preuve avec le pitch génial de “Superman : Red Son” : et si Superman avait atterri sur Terre quelques heures plus tôt, et donc non plus aux Etats-Unis mais en URSS ?
Quatrième de couverture :
« Que se serait-il passé si le jeune Kal-El, unique survivant de la planète Krypton, avait atterri en Union Soviétique plutôt qu’aux États-Unis ? Découvrez l’histoire du ‘camarade Superman ’ et de son rival de toujours, Lex Luthor ! »
Superman est un personnage délicat à manier. Tellement fort, tellement surhumain, que rien ou presque ne peut lui arriver. Et utiliser la kryptonite à tous les coups pour l’affaiblir reste une solution de facilité, au risque de bien vite tourner en rond. Avec “Superman : Red Son”, Mark Millar a décidé de jouer le jeu d’un Superman “parallèle”. Rien de commun avec le Superman classique (même s’il s’est permis un raccord avec le personnage que l’on connait à la toute fin du récit), ici Superman est au service du communisme ! Donc oui, je ne suis pas un grand fan de l’homme d’acier, mais ce pitch m’a fait me pencher sur ce volume.
En effet, voir le Kryptonien adopté par Staline, puis leader communiste à la mort de ce dernier, souhaitant faire le bien de tous, mais s’apercevant que cela n’est pas si simple, voilà qui avait tout pour plaire !
Et je suis à la fois charmé et déçu. Charmé tout d’abord par ce qui saute aux yeux : la réussite visuelle. S’inspirant d’affiches de propagande, certaines planches sont vraiment superbes dans le choix des couleurs, les postures, etc… Jolis travail des dessinateurs Dave Johnson et Kilian Plunkett. Charmé également par la reprise des grands personnages de l’univers DC et l’inventivité de Mark Millar pour leur positionnement : Wonder Woman en alliée puis en ennemie de Superman, un superbe Batman coiffé d’une chapka en anarchiste qui veut tout faire pour faire tomber l’homme d’acier, Lois Lane mariée à Lex Luthor, et sans doute tout un tas d’autres que je n’ai pas relevés.
Ce qui me déçoit un peu, c’est que j’aurais aimé que Mark Millar aille un peu plus loin dans la critique sociétale. Il y a bien quelques pistes de réflexion ici ou là, mais j’ai eu l’impression qu’il avait enclenché le frein à main, comme s’il n’osait pas y aller à fond, aussi bien sur le plan réflexif (le totalitarisme voire le fanatisme incarné par un Superman pourtant pétri de bonnes intentions), que sur le pur plan scénaristique. Peut être que s’attaquer au “mythe” Superman est finalement (en tout cas aux USA) quelque chose de plus délicat qu’on veut bien le croire, surtout quand il s’agit de faire passer le symbole de l’Amérique toute puissante chez l’ennemi historique !
Reste tout de même une uchronie rafraîchissante, une vision originale et décalée qui ne manque pas d’intérêt. Ce n’est donc pas le chef d’oeuvre attendu, mais ce fut tout de même un très bon moment !

Douze Cordes. 12 nouvelles musicales, [s.l.], aNTIDATA, 2010, 137 p.
On a beaucoup fait, autour de moi, de propagande en faveur des éditions aNTIDATA, et notamment de leurs anthologies thématiques. Il était donc bien temps que je m’y mette. Mon choix s’est tout naturellement porté sur Douze Cordes, recueil de douze brèves nouvelles musicales (dépassant rarement les dix pages), parce que la musique, c’est la vie (sauf quand c’est sa fête). Chaque texte se voit attribuer un genre musical plus ou moins précis, ainsi qu’une playlist en guise de présentation de l’auteur (on notera au passage une forte proportion de débutants ou presque, ce qui, j’imagine, peut expliquer bien des choses).
Je me sens un tantinet désarmé pour livrer le moindre commentaire intéressant sur cette courte anthologie, et la brièveté des nouvelles n’y est pas pour rien : difficile de ne pas en dire trop dans certains cas, quand, dans d’autres, le récit cède la place à la saynète plus ou moins rétive au compte rendu. C’est d’ailleurs là à mon sens un défaut de cette anthologie, pour laquelle je suppose un appel à textes très restrictif, et peut-être trop, en ce qui concerne la longueur… Mais bon, on va tenter de faire comme si.
Commençons par le meilleur. Ça tombe bien, la première nouvelle, « Hamburger chéri » de Cécile Coulon (« punk rock vintage ») en fait partie : joli portrait d’une jeune femme, effectivement aussi naïf qu’une chanson des Ramones, mais mieux écrit, ça se lit bien. Autre franche réussite, « Sixième bleue » d’Olivier Salaün (« variété à pleurer ») est une tendre évocation d’amour pré-pubère sur fond de l’immortelle « Aline » de Christophe ; bien vu. Je retiens également dans cette catégorie « Le Schnark de Levallois » de Malvina Majoux (« indus »), amusant et touchant, quand bien même hermétique, récit de la lutte d’un vieillard contre les travaux qui anéantissent sa ville. Mais c’est hélas à peu près tout…
Il y a quand même d’autres nouvelles assez correctes : « Le Seuil (variation sur Free Bird) » de Scarlett Allainguillaume (« blues blanc ») en fait partie, plus du fait de son écriture que de ce qu’elle rapporte. Je note également ici « Sur un air d’Elena » de Ludmila Safyane (« King of pop music »), avec sa lolita obsédée par Michael Jackson. J’ai hésité à faire figurer dans le premier ensemble « Un café et une guitare » de Gilles Marchand (« psyché de bar »), évocation sympathique d’un musicien (?) un peu à l’ouest, mais le style m’a semblé souffrir de quelques petits pains, pas dramatiques, mais tout de même regrettables. Enfin, à la limite, j’accorde le bénéfice du doute à « Tout ce que tu fais est merveilleux » de Charlotte Monégier (« chanson française »), avec du Piaf et de l’imposture.
Le reste, hélas, me paraît au mieux sans intérêt (« La Faucheuse n’aimerait pas les aubades ? » de Bertrand Redonnet, « folk old school » ; « Le Trombone en or » de Christophe Ségas, « fanfare » ; « Armor – Andalousie » de François Martinache, « beach flamenco »), au pire mal écrit ou construit (« 35 » d’Amandine Bellet, « musique d’ascenseur ») ; « Un crime parfait (pour Massenet) » de Christophe Despaux, « electro-pop tueuse »), et je ne vois pas vraiment ce que je pourrais en dire de plus…
Bilan des plus mitigés, donc, pour ce premier contact avec aNTIDATA… Mais bon, je retenterai l’expérience tout de même.
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