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08/02/2010 : Du cyberpunk au biopunk : libérez les biotechs ! 07/02/2010 : Alexandre Beliaev - Le Pain éternel 07/02/2010 : King encore plus digeste 06/02/2010 : Dimension Latino 04/02/2010 : Le prix "russophonie" remis à une oeuvre fantastique 03/02/2010 : Micro Frankenstein 03/02/2010 : Achat malin 03/02/2010 : Auteur à découvrir d'urgence 02/02/2010 : Chasseurs de fantasmes 02/02/2010 : Ikigami Tome 2, Motorô Mase (イキガミ)
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Du cyberpunk au biopunk : libérez les biotechs ! 
Par Traqueur Stellaire, le 08/02/2010 à 04:07.

GFP Bunny - lapin transgénique fluorescent (2000), par l'artiste de biotech-art brésilien Eduardo Kac

Les années 80 ont vu naître les outils modernes d’informatique et de télécommunication que nous utilisons désormais, alors que les multinationales prenaient de plus en plus le contrôle de l’économie libérale. La science-fiction, loin d’être en reste face à ces mutations de nos sociétés, n’a pas manqué d’anticiper ces bouleversements sociaux et technologiques. Le sous-genre du « cyberpunk », terme né sous la plume de Gardner Dozois pour désigner le style de William Gibson dans Neuromancien, est considéré comme le mouvement de contre-culture issu de ces influences.

L’influence du mouvement punk, qui prophétise avec son fameux « No Future ! » un avenir dystopique, se mêle alors au préfixe cyber dans ce mouvement aux confluences entre informatique, intelligence artificielle, multinationales, altermondialisme et théories du complot. Loin d’être dépassé, le mouvement a su se renouveler  aujourd’hui.

Dans les années 90, une autre révolution rattrape le grand public. La biologie moléculaire, qui a fait ses premiers pas après-guerre avec la publication de la structure 3D de l’ADN et le triomphe du dogme ADN-ARN-Protéine, s’échappe désormais des laboratoires. Les firmes de biotechnologies font parler d’elles dans les médias, alors que le génome humain est en cours de séquençage. Apparaît alors une nouvelle branche du cyberpunk : le biopunk. Les premier recueils à revendiquer cette étiquette sont peut-être Ribofunk, de Paul Di Filippo (1994), ou encore la trilogie Xenogenesis, d’Octavia Butler (1987-1989). D’autres auteurs ont également marqué la naissance du genre, comme dans les romans Zodiac de Stephenson (1988), Holy Fire de Bruce Sterling (1996) ou le Parc Jurassique de Michael Crichton (1990). Le cinéma a également fait connaître le biopunk grâce à des films mythiques comme La Mouche (1986), Jurassic Park (1993) ou encore Gattaca (1997). Le sous-genre perdure à l’heure actuelle : Next de Crichton (2006) et se mêle au domaine informatiques dans le Goût de l’Immortalité de Catherine Dufour (2005). Bien-sûr, il serait regrettable de ne pas évoquer d’auteurs précurseurs, comme Aldous Huxley et son Meilleur des Mondes (1932). Mais il faut le relier aux propres influences de son temps. Il serait fastidieux de lister de manière exhaustive toutes les œuvres culturelles abordant ou se réclamant du biopunk, car le mouvement ne se limite pas qu’à ces expressions littéraires. Digne fils du cyberpunk, englobe à son tour des mouvements techno-progressistes militant pour un « open-source » génétique et tout un réseau de hobbyistes qui se reconnaissent sous le nom de « biohackers ».

Le biologiste Paul McAuley couvrait à New York en 2000, pour la revue Nature, le VirCon 2010, première rencontre du mouvement biopunk. Pendant 24h non-stop, ces « biohackers » échangèrent sur le séquençage, la manipulation de facteurs biologiques et le clonage de gènes dans des plasmides, bactéries et même virus. Réunis autour de leur passion pour la biologie moléculaire, les biohackers promeuvent tous la même culture commune : celle d’un open-source génétique, où aucun gène ni génome n’est déposé sous licence mais doit rester libre d’accès pour tout un chacun. Ils piratent dans ce but les banques de données génomiques et placent ces données sur des serveurs pirates, en Finlande ou à Cuba.

Où peuvent bien manipulent ces biohackers ? Dans leurs garages, ainsi que le précise dans son nom le « garage biotech movement ». Sous cette bannière se reconnaissent les groupes de DIYbio (do it yourself bio) qui se réunissent fréquemment dans des grandes villes américaines. En septembre dernier, les biohackers de New York se retrouvaient lors d’une « DNA extraction Party ». Leurs objectifs ? Briser les barrières institutionnelles ou industrielles et rendre la science aux citoyens. Mais comment d’enthousiastes particuliers peuvent-ils lutter face aux firmes de biotechs ? A l’image de Linux versus Windows, les projets open source fleurissent. Kay Aull, s’est génotypée elle-même pour savoir si elle portait le gène de l’hémochromatose qui affecte son père. Meredith Patterson, un informaticien, travaille sur un biosenseur détectant la mélamine, le fameux contaminant du lait frelaté chinois en 2008.

L’équipement de ces laboratoires d’appartement n’est même plus un problème : il suffit d’un peu de recherche sur e-bay pour trouver des thermocycleurs pour moins de 60 $ (cet appareil, appelé également machine PCR, permet de copier en grande quantité une séquence d’ADN ou d’ARN). Les mailing-lists électroniques fourmillent d’astuces. Deux équipementiers se sont même lancés dans toute une gamme de produits à destination du mouvement biopunk : Pearl Biotech propose ainsi une boîte à électrophorèse (pour séparer ADN, ARN ou protéines sur gel) à 200 $. Ginko Bioworks commercialise même un kit de clonage innovant recommandé pour le partage libre d’informations génétiques. Vous trouvez cela cher ? Notez qu’un PC portable pour jouer intensément aux derniers jeux vidéos peut facilement atteindre les 1700 euros…

Malgré cela, les biohackers les mieux équipés restent rares, et la revue Nature Biotechnology estime qu’ils ne sont seulement que 12 pour 1000 amateurs enthousiastes inscrits dans un groupe électronique. La question bioéthique reste également posée. Jim Collins, Professeur d’ingénierie biomédicale à l’Université de Boston, considère que le mouvement reste globalement une mauvaise idée. Pour ce chercheur, leurs challenges actuels autour de la biologie synthétique échappent à toute régulation de biosécurité, et pourraient provoquer de regrettables incidents sur eux-même comme sur leur entourage. Et si le rêve d’une génétique open-source provoquait une catastrophe bio-écologique ?

Sources consultées :

  • Biopunk – Wikipedia. http://en.wikipedia.org/wiki/Biopunk
  • Paul McAuley. (2000). Danger – hard hack area. Nature 404, 21.
  • Laura DeFrancesco. (2009). Biotech in the basement. Nature Biotechnology 27(12), 1077-1078.

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Alexandre Beliaev - Le Pain éternel 
Par Russkaya Fantastika, le 07/02/2010 à 18:18.

Alexandre Beliaev (1884-1942), bien qu'étant un auteur de Science Fiction particulièrement méconnu en France, est paradoxalement l'un des Russes les plus traduits. Plusieurs de ses nouvelles ont été traduites par les diverses "Editions en langues étrangères" soviétiques, et un roman, L'Homme amphibie, a été traduit chez Radouga dans les années 1980. Et il a été remis à l'honneur ces dernières années: nous en avons repris une nouvelle pour Dimension URSS, mais aussi et surtout les éditions de L'Asiathèque ont publié deux volumes bilingues de ses oeuvres dans leur belle collection "Langues et Mondes". C'est du premier d'entre eux dont nous voulons parler ici: Le Pain éternel (2005).

Beliaev2.jpg

Ce volume contient en fait deux novella (povest' en russe): Le Pain éternel (1928) et Monsieur le rire (1937), ainsi que deux nouvelles, La Lumière invisible (1938 - laquelle avait déjà fait l'objet d'une traduction) et Cap à l'Ouest! (1929).

Ne nous leurrons pas: seul le premier texte peut être qualifié de petit chef-d'oeuvre. Les autres restent des oeuvres de moindre importance. Mais Le Pain éternel justifie à lui seul la lecture du volume, car Beliaev y officie en utilisant l'un de ses personnages favoris, celui du savant génial dépassé par ses propres découvertes, tombées en de mauvaises mains. Un savant vivant reclus du monde dans un manoir proche d'un petit village de pêcheur, parvient à créer un aliment miracle, une gelée qui se synthétise d'elle-même à partir de l'air. La gelée en elle-même, si elle a un aspect peu ragoûtant, n'est pas infâme de goût, et permet donc de nourrir indéfiniment ses utilisateurs. Pris de pitié pour un homme tombé dans la misère, le savant lui fait don d'un pot contenant une portion de cette gelée inépuisable.

Mais cela vient à se savoir, et la gelée est volée, puis exploitée par des industriels sans scrupules. Malheureusement, sa mise au point n'était pas achevée: elle se met à se développer de façon totalement incontrôlée, menaçant d'engloutir le monde dans un océan de nourriture. Et entendu, l'imbécilité des foules fera que seul le savant sera tenu pour responsable...

Comme l'avait déjà écrit le critique Olivier Noël (Transhumain) sur son blog, on pourrait avoir là, avec quelques décennies d'avance, une idée de la controverse tournant autour des OGM. Cependant, ce serait faire un anachronisme que de s'arrêter à cela: il faut élargir le questionnement à l'ensemble des recherches liées à l'agro-alimentaire. Qu'on pense par exemple que c'est depuis la fin du XIXe siècle que l'on nourrit les veaux de farines animales (fabriquées à l'époque en Argentine par Liebig) afin de pouvoir commercialiser en même temps le lait de leurs mères! La question que pose Beliaev ici est tout bonnement celle très actuelle du principe de précaution, et c'est en cela que son tête est rare et surprenant pour l'époque, qui était alors plutôt technophile. Mais l'auteur lui-même n'est pas technophobe pour autant. Son savant, pour exentrique qu'il est, n'en est pas moins un homme honnête, sincère et oeuvrant pour le bien de l'humanité. De lui-même, il n'aurait jamais commercialisé sa gelée. Et c'est lui aussi, qui trouvera la solution au problème qu'elle pose. Beliaev ne critique pas la science, mais le capitalisme qui l'exploite sans garde-fou.

Qui plus est, comme a son habitude, il n'oublie de distiller au fil des pages quelques notes humoristiques qui font que son texte n'est pas un simple pensum moraliste. En cela, on peut dire que Le Pain éternel, a la différence de bon nombre d'autres oeuvres de Science Fiction de la même époque, a remarquablement bien vieilli et demeure un classique digne d'être lu.

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King encore plus digeste 
Par Gromovar, le 07/02/2010 à 09:57.

Juste un mot pour signaler la sortie VO des deux premiers tomes (il y en aura six) de l'adaptation comics du "Stand" de Stephen King. J'ai déjà dit ailleurs que j'aimais les scénarios de King mais pas ses digressions. Le comics est le moyen idéal d'avoir l'un sans les autres ; Ajoutant au plaisir de l'histoire (l'adaptation est très fidèle) celui des yeux : les dessins et les couleurs sont superbes.
A noter que la VF commence à être publiée par Delcourt. Trois défauts pour cette version, une parution plus étalée dans le temps puisque chaque tome anglais sera coupé en deux, un prix conséquemment plus élevé aussi, un style BD traditionnel au lieu du format comics d'origine. Si on lit l'anglais, le choix est évident.
PS : Ce que vous pouvez voir au-dessus est la conséquence ultime d'une bonne grippe A.
The stand VO t1 et 2, Captain Trips et American Nightmares, Stephen King, Aguirre-Sacasa, Perkins, Martin
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Dimension Latino 
Par Lhisbei, le 06/02/2010 à 10:39.

dimensionlatino02Dimension Latino

Anthologie présentée par Sylvie Miller

Rivière Blanche - 328 pages

Après nous avoir fait découvrir la SF hispanique avec Dimension Espagne, Sylvie Miller récidive avec ce Dimension Latino, consacré à la SF du continent sud-américain. Quatorze nouvelles d'auteurs majeurs nous emmènent en Argentine, au Chili, en Colombie, au Mexique et à Cuba. Chaque auteur a sa notice biographique qui précède la nouvelle, ce qui permet de faire connaissance. Dimension Latino se fend aussi d'une postface impressionnante dans laquelle Sylvie Miller dresse, avec érudition et humilité, un portrait de la SF sud américaine, de son développement, sa géographie... Voilà qui donne envie de pousser la curiosité plus loin sur ces terres exotiques.

Timbouctou, la nouvelle qui ouvre le recueil, surprend par son classicisme de son thème et de son traitement. Une drogue, la Dame Noire, transforme les êtres humains en prédateurs dans un monde aux allures "cyberpunk". J'attendais un dépaysement qui n'est pas venu malgré une belle maîtrise dans l'écriture.  Gu ta gurrarak nous plonge dans les racines du peuple basques. La construction d'une machine à explorer le temps va bouleverser la recherche des origines de ce peuple. Un excellent texte qui fait voyager et découvrir un peuple singulier et qui contient une belle dose d'humour. Seul bémol : la chute, bien amenée est un tantinet prévisible. Nous quittons l'Argentine pour le Chili. Reflets et Exerion, deux courtes nouvelles cyberpunk, ne portent pas à l'optimisme. Sombres et froides toutes les deux elle mêlent intimement réalité virtuelle, fac-similés d'être humains et mort. Dans Comme des poissons dans la nasse le Sud est devenu l'Eldorado. Les pays du nord se sont entretués à coup de bombes nucléaires, les boat-people affluent au Chili mais les frontières sont fermées. Une nouvelle classique sans enjeu majeur même si le retournement de perspective, bien que sous-exploité, reste intéressant. Sur le thème de la rencontre avec l'Autre, Luis Saavedra tisse une nouvelle toute en délicatesse. Le clown de porcelaine est l'une des plus belles nouvelles de ce recueil. Les Exercices filmiques du Colombien Antonio Mora Velez ne m'ont pas marqué tout comme le nostalgique Notre Jerry Garcia du Mexicain Gabriel Trujillo Muñoz. Ces textes ne m'ont pas subjugué et me laissent froide. Au contraire de Décombres, qui, malgré une narration trop morcelée à mon goût, a réussi à me séduire au fil des mots. Le secret de Roberto Lopez Moreno met en scène les peuples précolombiens. Ferocias si tu passes par ici ce texte est pour toi mais pas pour moi. L'impératrice m'a laissée de marbre même si son traitement est angoissant au possible (un air de famille avec Alien...). Les textes de Yoss sont excellents. Les interférences, sur le thème de la connaissance du futur, est un petit bijou même s'il aurait gagné à être un peu plus resserré. La critique de la société cubaine vise juste.  Apolvénusia ™ est une notice hilarante d'un médicament révolutionnaire qui chasse la laideur. Inventif même si un peu creux et une vraie bouffée d'oxygène avant Kaishaku, beaucoup plus sombre. Dans ce texte des extraterrestres éradiquent notre race pour des raisons tout à fait concevables de leur point de vue. J'ai très envie de continuer cette visite en Amérique du Sud avec Yoss et ses Interférences.

Dimension Latino est une anthologie à lire, à découvrir et à apprécier à sa juste (et grande) valeur.

Voici le sommaire complet

  • ARGENTINE :
    Carlos Gardini : Timbouctou
    Magdalena Mouján Otaño : Gu ta gurrarak
  • CHILI :
    Pablo Castro : Reflets ; Exerion
    Rodrigo Jurri : Comme des poissons dans la nasse
    Luis Saavedra : Le clown de porcelaine
  • COLOMBIE :
    Antonio Mora Velez : Exercices filmiques
  • MEXIQUE
    Roberto Lopez Moreno : Le secret
    Gabriel Trujillo Muñoz : Décombres; Notre Jerry Garcia
  • CUBA
    Vladimir Hermandez : L'impératrice
    Yoss: Les interférences ; Apolvénusia ™ ; Kaishaku

L'illustration de couverture, très réussie, est de Guillermo Vidal.

Lire les avis de ActuSF, Le Fictionaute, Wagoo, Yozone, Quadrant Alpha, Phénix Web, KWS.

Merci aux éditions Rivière Blanche pour ce partenariat avec  Livraddict.

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Le prix "russophonie" remis à une oeuvre fantastique 
Par Russkaya Fantastika, le 04/02/2010 à 08:41.

Depuis quelques années, le prix Russophonie réconpense la meilleure traduction française parue dans le courant de l'année précédente d'une oeuvre russe, qu'elle soit classique ou moderne.

Cette année, le prix a été remis à deux traductrices différentes: Sophie Benech, pour Le Conte de la lune non éteinte de Boris Pilniak (Interférences), et surtout Christine Zeytounian-Beloüs, pour Premier rendez-vous, un long poème fantastique d'Andréï Biely (Anatolia).

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Rappelons tout de même que Christine Zeytounian-Beloüs est aussi la traductrice de nombre d'ouvrages dont nous avons déjà eu l'occasion de parler, notamment de Sergueï Loukianenko, Vladimir Makanine, Anatoli Kim, Andreï Kourkov, etc.

Nous ne pouvons qu'être très heureux pour elle!

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Micro Frankenstein 
Par Gromovar, le 03/02/2010 à 09:16.
On peut télécharger ici une excellente nouvelle de Greg Egan, "Crystal Nights".
Un milliardaire crée l'ordinateur le plus rapide du monde pour y développer une intelligence artificielle par simple pression évolutive. Après maints essais et erreurs, les élèves deviennent intelligents, puis ils dépassent le maître ; et on découvre que les intelligences artificielles ont leur propre agenda, différent de celui de leur créateur. Ce démiurge assistera, impuissant, au départ de sa création pour l'univers de poche qu'elle s'est créé.
"Crystal Nights" est une intéressante réflexion sur l'omnipotence de Dieu, dont Egan pourrait tirer de bien plus longs développements. Croisons les doigts. Après tout, la nouvelle "Poussière", présente dans Océanique, est bien devenue le roman "La cité des permutants".
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Achat malin 
Par Gromovar, le 03/02/2010 à 08:40.
Sur l'excellent site Websciption on trouve des livres à acheter à petit prix sans DRM, sous divers formats, y compris pour les Kindle (et y compris quand le livre n'est pas disponible sur Amazon du fait d'un refus de l'auteur ou de l'éditeur). On trouve aussi, pour les amoureux des clubs de lecture, des abonnements mensuels pour 4 livres, publiés en 3 fois, avant la sortie de la version papier.
Un bien bon site qui permet de faire jouer la concurrence en se faisant plaisir (on dirait une remarque de AuFeminin.com, désolé).
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Auteur à découvrir d'urgence 
Par Gromovar, le 03/02/2010 à 08:07.
Paolo Bacigalupi est un jeune auteur américain à mon sens très prometteur. De nouvelles en roman, primés, il décrit un monde effondré qui est peut-être celui dans lequel nous vivrons.
Fin du pétrole, sources d'énergies alternatives forcément malthusiennes, fin de la société suburbaine, ruines, restriction des échanges internationaux, brevetage du vivant et en particulier des semences, police du copyright, génie génétique, virus génétiques comme pendant des virus informatiques, famines, émeutes de la faim, guerres ethniques, réfugiés par millions, inégalités inter et intra nationales. Le monde magnifiquement décrit avec force détails par Bacigalupi n'est pas un monde dans lequel on voudrait vivre (et pourtant n'est ce pas vers lui que nous nous dirigeons à grands pas ?). Il est presque une illustration parfaite des thèses sur l'Effondrement de Jared Diamond. Décidément, plus ça va, plus je me dis que le XXIème siècle sera misérable ou ne sera pas.

Paolo Bacigalupi a publié "Pump Six" (recueil de nouvelles) et très récemment "The windup girl" (roman).
Il donne quelques nouvelles en téléchargement sur son site ainsi que d'autres ici.
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Chasseurs de fantasmes 
Par Lhisbei, le 02/02/2010 à 16:56.

chasseurs_de_fantasmeChasseurs de fantasmes

Anthologie dirigée par Jeanne-A Debats & Michaël Fontayne

Griffe d'Encre - 220 pages

Voici la deuxième anthologie mêlant érotisme et imaginaire de l'année 2009, bien que, chronologiquement, elle soit la première à être parue.  Mis à part leur thème commun (sexe et imaginaire) les deux opus sont très différents. Chasseurs de fantasmes assume plus franchement le côté "sexe" de l'entreprise que 69. Les scènes  érotiques sont plus explicites, sans pour autant tomber dans une pornographie délirante ou nauséabonde (sauf pour la dernière nouvelle). Les textes relèvent du fantastique ou de la SF et la fantasy est absente. La qualité est au rendez-vous. Sexe et imaginaire forment un couple haut en couleur et c'est à se demander pourquoi on ne les marie pas plus souvent... Le soufre probablement... 

Vieillir d'amour, la nouvelle qui ouvre le recueil, donne le ton. L'initiation d'un adolescent par la narratrice, télépathe au pouvoir particulier, initie aussi le lecteur et lui permet d'entrer en douceur (et avec une élégante perversité) dans le vif du sujet. La plume, sensuelle et légère, sait se faire dure et animale, pour mieux séduire le lecteur. Elle place la barre très haut. Les autres textes ont intérêt à être à la hauteur. Vient ensuite le texte de Jean Michel Calvez. Teinté de poésie, tout en délicatesse, brillamment écrit, il n'a cependant pas réussi à me convaincre. Je n'ai pas adhéré à l'univers de l'auteur, qui m'a paru trop artificiel, trop éphémère. (R)êve de Lucie Chenu m'a époustouflé. Court et intense, ce texte à la sensualité exacerbée, qui s'inscrit dans la tradition de la création du double, brouille les frontières entre folie et réalité. La nouvelle d'Anne Viellan nous projette dans un monde complexe où un gardien bienveillant manipule, par croisements génétiques, le devenir de tout un peuple. La nouvelle, trop ramassée, me semble à l'étroit dans ce format. Le texte esquisse seulement les enjeux du gardien et c'est une source de frustration. Jean-Claude Dunyach explore les langages de la peau et son alphabet fait rosir de plaisir. Leni Cèdre nous fait passer des Portes entre les mondes, et nous balade d'orgies en romantisme jusqu'à la surprenante chute finale. Je suis totalement passée à côté du texte de ML Schultze, au style oral qui m'a agacé. Impossible de le terminer malgré sa petite taille. Sable & Sinople font fusionner deux peuples au sens propre et figuré. La nouvelle est un peu longuette à cause de la narration à deux voix mais elle ne lasse jamais. Dans Simulation LOVE Li-Cam transforme un soldat en cobaye sexuel, cobaye qui se prend au jeu de la simulation. Le texte est percutant et chaud, très chaud. Benoît Giuseppin met sa Thaïs face à l'éternel choix entre le bien et le mal, encore que la différence soit bien mince. C'est à grand peine (et le cœur - ou plutôt l'estomac - au bord des lèvres) que j'ai terminé la nouvelle de Christian Vilà. Cannibalisme et boucherie sont anti-érotiques au possible et la communion finale n'a pas eu lieu. C'est avec une pointe de regret que s'est achevée ma lecture : si j'avais su ... Il ne faut cependant pas que ce dernier texte gâche le plaisir ressenti tout au long de la lecture de Chasseurs de fantasmes.

Dans cette anthologie mes coups de cœur vont aux nouvelles d'Ayerdhal, de Lucie Chenu et de JC Dunyach. Chasseurs de fantasmes m'a aussi permis de découvrir la plume de Leni Cèdre, de Li Cam et de Benoît Giuseppin et d'avoir envie d'en lire plus. 

Le sommaire complet :

  • Vieillir d’amour - Ayerdhal
  • Les Éphémères - Jean-Michel Calvez
  • (R)Ève - Lucie Chenu
  • La Trace de l’homme - Anne Viélan
  • Les Langages de la peau - Jean-Claude Dunyach
  • Il tirait son glaive dans les nues - Leni Cèdre
  • L’Anémone - ML Schultze
  • Naufrage - Sable & Sinople
  • Simulation LOVE - Li-Cam
  • Thaïs sur la mauvaise pente - Benoît Giuseppin
  • Les Autres - Christian Vilà

Lire aussi les avis de L’Autre Monde, Mythologica, Phénix-Web, Décalée by Julie, Rana Toad.

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Ikigami Tome 2, Motorô Mase (イキガミ) 
Par Quadrant Alpha, le 02/02/2010 à 07:00.

Quatrième de Couverture

Dans notre pays, une loi entend assurer la prospérité de la nation en rappelant à tous la valeur de la vie. Pour ce faire, un jeune sur mille entre 18 et 24 ans est arbitrairement condamné à mort par une micro-capsule injectée lors de son entrée à l'école. Lorsque l'on reçoit l'Ikagami, c'est qu'il ne nous reste plus que 24 heures à vivre. Mais à quoi passer cette dernière journée, lorsqu'on n'a pas eu le temps de faire sa vie ? Que feriez-vous de vos dernières 24 heures ?




Présentation
Le premier tome de ce manga m'avait fait un tel effet que je me suis demandé assez longtemps si la suite de la série ne me décevrai pas ! Difficile en effet me disais-je de se renouveler lorsque l'on a pris le pari de présenter dans chaque tome deux livraisons d'Ikigami et la manière dont les récipiendaires se comportent à son annonce. Autant le dire de suite, la série continue de fonctionner avec autant de force percutante. Je pense et j'espère que le mangaka nous amènera vers la fin de la série à un autre traitement des événements mais pour le moment, cette succession de portraits est des plus frappante.


La vie privée et les sentiments de Fujimoto commencent tout d'abords à nous être enfin un peu dévoilés. Par petites touches certes, mais suffisamment pour que le personnage s'étoffe et que l'on ne vois pas en lui le seul et simple vecteur de l'Ikigami. Son humanisation devrait d'ailleurs à mon sens être l'un des points fort de la série, puisqu'il incarne depuis le premier tome cette administration invisible et toute puissante semeuse de mort. Les deux Ikigami délivrés au cours de ce tome donnent lieu à de bons épisodes et sont assez touchant l'un comme l'autre. Les personnalités, les parcours et les chemins de vie sont assez distincts au cours des deux premiers tomes pour susciter chez le lecteur la surprise et la curiosité, alors même que le schéma narratif semble devoir se répéter de tome en tome. Ce choix fait d'illustrer cette loi inique par un focus sur les dernières 24h des jeunes condamnés à mort, est on ne peut plus fort. Je reste pour ma part confondu par cette acceptation et cette résignation tacite, tant des malheureux "élus" que de la société dans son ensemble. Le passage ou Fujimoto aborde rapidement lors de sa rupture "les dégénérés", "la délation citoyenne" et "la rééducation forcée" en disent tout de même assez long sur toute l'infrastructure sociétale qui semble soutenir cette fameuse et terrifiante loi de Prospérité Nationale, et qui pour le moment ne fait qu'effleurer le récit.

Je ne peux à nouveau que vous conseiller (comme je l'avais fait pour le premier tome) de découvrir par vous même cette série de manga qui devrait je l'espère faire date. Intelligente, forte et percutante je n'y vois pour ma part que des qualités. Ne prenez pas ces recommandations comme celle d'un spécialiste en la matière, mais bien plutôt comme celles d'un néophyte qui a découvert l'univers des manga par l'intermédiaire de ce titre, qui lui a fait un effet certain. Je vous invite également a emprunter la passerelle pour aller lire ce qu'en pensent nos petits camarades de la toile.



Fant'Asie, Mes Imaginaires, Spocky qui lit




Edition : Asuka Editions
Collection : Seinen
Série : Ikigami 2/7
Parution : Avril 2009
Mangaka : Motorô Mase
Pages : 213
ISBN :
9782849655580
Prix Indicatif : 08,00 €

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