Quatrième de Couverture

Et plus le temps passait, plus cela devenait difficile.
Cette sensation tenace de perdre contact avec la réalité, de regarder le train
s’éloigner dans les ténèbres et de se retrouver seul sur un quai de gare
désert, avec la vérité de
Hades Shufflin est un écrivain de renom qui a basé son succès sur une fresque uchronique steampunk très approfondi. Au moment où Stanley Kubrik se propose d’adapter son prochain roman, la panne d’inspiration survient. En plein spleen qu’il approfondi à coup d’alcool et de drogues, l’auteur plonge en pleine paranoïa : il est épié, s’agit il de son fils putatif ? Des puissances occultes issues de l’univers qu’il a imaginé ?
Seigneur, Hades. On a déjà parlé de ça mille fois. Tu es un
putain d’auteur à succès, d’accord. Ce n’est pas toujours facile à assumer, je
te le concède. Mais ce truc que tu t’es trouvé. Ce truc comme quoi Antiterra
est réelle, comme quoi ton inspiration prend sa source dans l’autre
monde : pitié, arrête avec ça. C’est quoi maintenant ?
Tandis que l’état d’Hades, obsédé par un amour perdu (mais a-t-elle existée ?), se détériore son éditeur prend des mesures radicales. Une simulation sous hypnose, via une innovation technologique, qui permettra d’extraire de son cerveau la matière nécessaire à réaliser le film. A moins qu’il ne s’agisse d’une intrusion des Gardiens dans sa réalité pour corriger le lien improbable qui s’est effectué, via Hades, entre les deux univers ? A moins qu’Hades n'ait définitivement perdu les pédales…
Lorsque tu arriveras sur Antiterra , tu sera pris en charge par nos hommes, mais tu ne te rappelleras de rien : ni ce qui s’est passé ici ni ce qui s’est passé là-bas. Ce qui te restera, c’est la connaissance : la connaissance du monde, la connaissance des livres, de tout ce qui s’est déjà passé, ce que tu as écrit, décrit dans le cycle, et puis des éléments, des traits de caractère banals, une conscience basique, ce genre de chose.
Je vais… rentrer dans mon propre monde, c’est ce que vous essayez de me dire ?
Suis alors le tome 21 de Dreamericana où la conscience du
personnage principal, détruite, est remplacée par celle d’un individu venu
d’ailleurs… Ce dernier n’aura de cesse de retrouver,
Sans cesse, j’imagine notre appareil en chute libre, vrillant vers l’ocre noir des sols, un long cri de terreur. Au pire, je mourrai, et je me réveillerai ailleurs, chez moi, et il ne me restera de ce monde-ci que quelques lambeaux de souvenirs. Ou peut-être pas ?
Devant assumer le passé nihiliste d’Erik Suncliff, il sera balloté de péripéties en péripéties, errant tel un chien dans un jeu de quilles, perdu dans ce monde grandiose plein d’intrigues à tiroir.
Nous débouchons sur une plate-forme. Le point de vue est spectaculaire : un rail suspendu monté sur pylônes louvoie entre deux immeubles massifs, accumulations hétéroclites de terrasses, pontons et coupoles, structures mélangées, fornication des styles.
Premier contact concluant, pour ce qui est des romans, avec Fabrice Colin (j’éviterai de parler de Neuvième Cercle que j’ai lu en 1998), Dreamericana se révèle une excellente surprise. La première partie sur l’auteur présente aussi très bien l’univers qui suit à travers des critiques ou des résumés de quelqu’un des tomes précédents. La plongée de l’auteur dans son univers constitue une mise en abyme d’autant plus agréable que ce dernier y pourchasse les mêmes chimères que dans la réalité, sans se préoccuper véritablement de l’intrigue principale qui évolue malgré lui. Le parallèle entre les deux univers est bien construit et donne une remarquable ambiance dickienne. Un excellent moment et un auteur à suivre…
Il en a parlé : Cédric Ferrand sur Hugin et Munin
Le travail avance maintenant vite sur Dimension Russie. Nous venons de rendre les épreuves corrigées: le livre ne devrait donc plus tarder à partir chez l'imprimeur.
Bientôt, vous pourrez lire l'une des nouvelles, "Viens me voir dans ma solitude", d'Henry Lion Oldie, sur le site de Rivière Blanche. Et maintenant, voici la couverture complète:
L'illustration de première de couverture est de Vladimir Bondar, dont nous vous avons déjà parlé; celle de quatrième est de Elena Gondik.Depuis longtemps déjà, le site officiel des frères Strougatski, non content d'être remarquablement riche, était doté d'une version anglaise offrant nombre d'informations intéressantes aux personnes ne parlant pas le russe.
Mais cette version anglaise est au point mort depuis quasiment sa création en 2000. Or il se trouve que depuis avril 2009, un nouveau site, qui se présente plus sous la forme d'un blog, a été inauguré. Ce site, régulièrement alimenté, propose aux lecteurs anglophones non seulement des études, notes, postfaces ou préfaces, tant de Boris Strougatski que de divers critiques, mais aussi des romans entiers, avec, pour l'instant, Le Petit, Le Scarabée dans la fourmillière, Les Vagues éteignent le vent, et, en cours, Un Gars de l'enfer.
Bonne lecture!
Le travail avance bien sur Dimension Russie. Après deux passages en relecture, dont un du remarquable Nébal, voici maintenant le temps des épreuves, signe que l'anthologie sera bien disponible dès avril prochain, même si son lancement officiel se fera lors des Imaginales, à Epinal.
En attendant, voici déjà le texte de présentation qui sera en quatrième de couverture, en espérant que cela vous fasse envie:
« Transition ». Voilà le mot qui illustre sans doute le mieux les textes que vous allez lire. Car dans ces sept nouvelles encadrées par deux novella, il n'est quasiment question que de transition: transition du monde soviétique au capitalisme, de haut en bas, d'une dimension à l'autre, de la vie à la mort, de l'amour à la haine.
Que l'on devienne simple rayon vert ou basilic, que l'on se lie d'amitié avec des poupées ou bien avec une IA défectueuse, que l'on s'envole en fauteuil roulant ou bien que l'on prête sur gage ses sentiments, peu importe le moyen choisi: la transition doit se faire, elle est inéluctable.

Recueil de nouvelles douces amer, Le Miroir aux éperluettes est une très bonne surprise.
La Bulle d’euze conte une rencontre et une tentative de retrouvée un être cher. Bien construit, prenante, une petite merveille.
La Mirotte met en scène une nouvelle technologie se substituant à la vision, petit miracle pour les aveugles mais aux effets assez surprenant. Intéressant mais pas totalement convaincant.
Thérapie douce m’a semblé doucement cynique dans son évocation d’une méthode évitant tout conflit dans les rapports humains.
Question de mode assez courte évoque une tendance au look destroy mais se termine de manière un peu trop farfelue à mon goût.
Un rêve d’herbe est une nouvelle fantastique poétique, je me suis laissé porté agréablement jusqu’à sa très belle conclusion.
Un signe de Setty, très réussie, narre la rencontre entre une dilettante cherchant à agrémenter son petit univers virtuel et une IA extra-terrestre dénichée par le SETI, un sans faute.
Un recueil élégant, qui se lit avec plaisir, je reviendrai bientôt avec les deux autres déjà parus.
Il m'a donné envie de le lire : Nébal
Les boucles temporelles, ce thème cher à la Science Fiction, existent bel et bien. En effet les éditions RUSCICO, qui commercialisent à l'international le cinéma russe et soviétique, ont démontré en 2005 que l'on pouvait tourner en 1980 un film des années 1950. Ces propos vous semblent obscurs? Voilà quelques explications...
En 1980, les studios de cinéma d'Odessa (Ukraine), produisent un film de Vassili Levine, La Ceinture d'Orion, sur la base d'un scénario de Valentin Selivanov et de l'ancien cosmonaute Alexei Leonov, bien connu par ailleurs pour ses oeuvres de space art (dont quelques unes sont dans le portfolio de Dimension URSS).
L'intrigue de ce film est fort simple: dans un futur proche, plusieurs vaisseaux spatiaux se sont retrouvés à proximité d'un étrange nuage qui a plongé leur équipage dans la folie. Pire: le nuage en question semble se rapprocher dangereusement de la Terre. Fort heureusement, l'Union Soviétique est à même d'armer un vaisseau extrêmement perfectionné, le Phaéton, avec à son bord une équipe de scientifiques dont chaque membre est associé à un double cybernétique (un clone robotique), ce qui permet ainsi une veille permanente.

Ces experts vont donc ce lancer au devant du danger et tâcher de comprendre ce qu'est cet artefact (car la chose s'avérera bien artificielle) qui semble menacer la Terre. De bons principes, une histoire simple mais efficace: voilà qui aurait pu faire un bon film de distraction. Las, le résultat n'est pas à la hauteur, et il faut sans doute ici blâmer l'absence considérable de moyens.

Le jouet en fer blanc - pardon - le Phaéton quitte l'orbite terrestre...
Les scènes spatiales sont en effet particulièrement calamiteuses. Les engins semblent tous faits de plastique, polystirène et tôle de canette. Tous les effets visuelles sont faits par grattages de la pélicule ou peinturlurage. C'est hideux à souhait.
En contrepartie, les scènes d'intérieur sont plutôt réussie: il faut d'ailleurs noter que Leonov semble s'être fait plaisir, en dotant ses cosmonautes d'un confort à la limite du luxe (si l'on veut bien faire abstraction des couleurs, toutes droit sorties des années 1970), quand on sait que le Phaéton est un vaisseau d'exploration expérimental.

Admirez l'extraordinaire bibliothèque de la salle de détente...
On note aussi quelques bonnes idées, comme cette quasi-IA qui pilote le vaisseau:

Au final, en dépit de son ambition scénaristique, d'un jeu d'acteurs on ne peut plus honnête et de plans parfois surprenants d'audace, La Ceinture d'Orion s'avère n'être guère plus brillant qu'un épisode de Cosmos 1999... Ca n'est pas catastrophique au point d'intégrer le catalogue de Nanarland, on ne s'ennuie jamais, mais visuellement, c'est inadmissible, même pour les années 1980.
Ceux qui seraient tout de même intéressés peuvent noter que le DVD est doté d'une bonne version française, ainsi que de sous-titres relativement bien traduits, ce qui n'est pas fréquent pour ce genre de film.
Au XXVème siècle, l’humanité sombre progressivement vers son extinction, abrutie par la consommation massive de tranquillisants et de contraceptifs. Le monde repose désormais entre les mains d’un seul robot, Robert Spofforth, androïde de classe 9 doté de la copie tronquée de l’esprit qui l’a conçu. Accomplissement ultime de la technologie humaine, Spofforth n’en reste pas moins tiraillé par sa condition, et souffre terriblement de ne pas pouvoir se suicider.
Dans cette société moribonde où plus aucun enfant ne naît, Paul Bentley, un petit fonctionnaire, découvre par hasard la lecture. S’ouvre alors pour lui un émerveillement insoupçonné en parcourant ces vieux livres jaunis. Il rêve d’enseigner la lecture à l’Université de New-York, mais le Doyen Spofforth le cantonne au visionnage de vieux films muets en noir et blanc. Peu à peu, Bentley cesse de prendre ses tranquillisants quotidiens et s’interroge sur le monde qui l’entoure. Pourquoi avoir banni tout contact humain ? Les gens sont-ils vraiment plus heureux, alors que les suicides de groupe par immolation se multiplient ? Dans un zoo robotisé, Paul rencontre Mary Lou, une jolie rebelle refusant ce monde mécanisé qui tombe en ruine. A eux deux, ils vivent une histoire d’amour passionnée, mais interdite. Lorsque Spofforth finit par les surprendre, il envoie Paul en prison, et garde Mary Lou à ses côtés. S’en suit, pour les deux humains à présent intellectuellement éveillés, un long parcours initiatique. Est-ce le dernier soubresaut de l’humanité ?
L’oiseau d’Amérique apparaît dans l’œuvre de Tevis comme un retour à « une vie sobre et alerte » . Ce roman dystopique est emprunt d’un double axe de lecture. Tout d’abord, il marque l’évolution personnelle de Tevis. Son précédent roman, l’Homme tombé du ciel (1963), faisait évoluer un héros archétypal, proche de l’auto-portrait, reflétant une peur grandissante de la réalité et le refuge de son auteur dans l’alcool. Pendant les vingt années suivantes, Tevis vit d’ateliers d’écriture et boit beaucoup. Son réveil a lieu dans son retour à l’écriture, avec cet « oiseau moqueur » (titre anglais d’origine) où l’humanité sombre dans l’auto-destruction à grand coup d’abrutissements et d’idioties. Second axe de lecture, Tevis cherche également à critiquer fermement la société américaine de ces années 70-80. Il n’est pas tant question de lapider la contre-culture mais de pointer du doigt la « séduction des moyens qu’offre notre société pour éviter de vivre nos vies, les drogues, la télévision et toutes ces incitations à banaliser notre existence » [1]. Ce constat est particulièrement intemporel et ne concerne que le présent, comme le martèle Tevis. Dans ce futur dystopique, l’homme abruti n’est plus à même de réfléchir à son sort, et étouffe ces pensées illégales dans les drogues et le sexe. « Pas de questions. Relax » . « Sexe vite fait, sexe bien fait » . La lecture, bannie depuis longtemps, est pourtant le seul moyen de réveiller l’homme condamné. Lorsque Paul et Mary Lou apprennent à lire, ils cessent de pratiquer le porno-sexe sans amour et de consommer des drogues avilissantes. Leur relation amoureuse, dévorante et consommée sans complexes, est pourtant interdite par la société individualiste de ce monde en décomposition. Mary Lou tombe enceinte, et Paul est envoyé en prison. Pourtant, les livres sont là, partout, du moment que l’on se donne la peine de s’y intéresser. Usant de références nombreuses à la littérature américaine, Tevis fait de Paul et de Mary Lou ses Candides, et de leur aventure initiatique un réveil progressif de l’humanité, qui privée de la lecture a étouffé sa propre âme.
Roman intemporel, la critique socio-médiatique de Tevis nous fait toujours écho. Télé-réalité, pornographie chic et banalisée chez les plus jeunes, fuite de la réalité dans les drogues et l’alcool, la déliquescence de ce monde dystopique apparaît comme un risque d’évolution constant pour nos sociétés occidentales. Et pourtant, la faiblesse est bien humaine, mais le piège est mortel, puisque l’humanité anesthésiée de ce futur sombre a orchestré, sans le vouloir, sa propre euthanasie.
D’une certaine mesure, ce roman prend le contre-pied du cyberpunk, puisqu’il rejette la drogue, le sexe, les réseaux informatiques et la projection de l’homme dans les cyber-médias. Mais il ne cherche pas à bannir pour autant ces éléments. Il ne vise que leurs excès les plus totalitaires, liberticides et destructeurs. Et pourtant, tout comme dans le cyberpunk, Tevis critique la société présente en la projetant dans un futur dystopique. Tevis ne se définissait pas comme un auteur de SF, mais comme un écrivain utilisant la SF comme outil pour discuter du présent. Comment ne pas faire alors de lien avec le cyberpunk ? S’il utilise à contre-pied les ingrédients les plus classiques de ce sous-genre, il s’inscrit pour autant dans la même démarche. Tevis ne peut donc pas être considéré comme un opposant direct au cyberpunk. Bruce Sterling ne forgera d’ailleurs le terme de « cyberpunk » qu’en 1984, année de décès de Tevis. Mais aussi parce que son intérêt était ailleurs. Au Sense of wonder, Tevis préférait une écriture plus intimiste, à la narration intérieure. Il serait réducteur de cataloguer Tevis comme simple opposant à la contre-culture, à la libération sexuelle, aux hippies, etc… Non. Ce serait chercher des chimères réactionnaires dans son œuvre. Tevis est avant-tout un intimiste. Comme pour ses héros, l’écriture lui sert de catharsis. La critique sociologique ne vient qu’en second lieu. Tout comme elle sert de cadre à sa propre vie.
Ma note : 18/20
[1] Entretien avec Andrew Weiner, The Globe and Mail, 1981, In : L’oiseau d’Amérique (préface), Ruaud A.-F., Ed. Folio-SF, p. 14.

Fatou lève les yeux au ciel, en quête d’un nuage, d’un
répit, d’un miracle. Mais c’est toujours pareil : le ciel est ocre, saturé
de latérite, le soleil voilé cogne à mort. La température doit atteindre
2030, le
réchauffement climatique fait rage, l’Afrique de l’Ouest se désertifie,
l’Europe coule sous les inondations, les Etats-Unis sont ravagés par des
tornades. Les états ont privatisés à tout va et ce sont privés de tout moyen
d’actions sociales : les déshérités sont de plus en plus nombreux et violents,
la population aisée et leurs serfs s’enferment dans des enclaves. A tout cela
s’ajoute le terrorisme high-tech de
Truth est un hacker de haut vol, ayant réussi le casse du siècle : le piratage d’un satellite privé de recherche géologique. Dans son butin se trouve des informations concernant la présence d’une nappe phréatique inattendue au Burkina Faso, plus qu’asséché. Assoiffé de reconnaissance, il met cette image en ligne et en informe le gouvernement concerné.
Le maire tourne son regard vers l’ancien lac en contrebas,
qui étend vers le nord sa morne étendue de sable et d’argile craquelée, langue
de désert ochracée qui vient lécher les faubourgs de
Tandis que la présidente du Burkina Faso obtient d’une ONG européenne et de la Chine le matériel qui doit lui être acheminée par camion. Laurie, sœur de Truth et membre de l’ONG SOS est chargée du convoyage, Rudy réfugié climatique hollandais qui a tout perdu et cherche à fausser compagnie à une organisation néo nazi et peut être aussi à quelques dealers, lui servira de chauffeur.
Une seule réponse sur une centaine d’annonces, c’est significatif : personne ne veut aller dans un pays où les conditions de vie sont infernales. Du coup, Laurie en est venue à se demander ce qui la motive vraiment, elle, au-delà des bonnes raisons qu’elle s’est données. N’est-ce pas une espèce de fascination morbide pour l’agonie : quitter la mort humide pour la mort sèche, mais côtoyer la mort de toute façon ? Ou bien cette immersion volontaire dans l’atroce réalité du monde n’est-elle pas, à l’inverse, une sorte de thérapie psychologique à ce qui commence à toucher tout le monde, même ceux qui se croient à l’abri dans leurs univers virtuels ou leurs enclaves climatisées : côtoyer la mort en permanence, l’attendre chaque jour ?
De son côté, le PDG de la holding détenant le satellite de prospection, entend bien faire valoir ses droits sur cette nappe d’abord légalement puis à coups de barbouzes plus ou moins doués.
- Les gars, vous m’étonnez. Je n’ai pas l’impression d’avoir affaire à des agents de la CIA censés défendre les intérêts des Etats-Unis, mais à des écolos tiers-mondistes. C’est quoi, votre problème ?
- Notre problème, c’est qu’on est sur place, et pas vous.
- Vous devriez venir voir, monsieur Fuller.
- Bordel, non ! Je ne mettrai pas les pieds dans ce nid à poussière, sauf pour y inaugurer ma station de pompage ! Cette nappe m’appartient, il n’est pas question que je négocie quoi que ce soit !
- Arrêter de postillonner, monsieur Fuller, ça fait des taches sur l’écran.
Avec Aqua TM, Jean-Marc Ligny signe un pavé de 730 pages qui se lit très
bien, à la narration bien maîtrisée. Après un début assez désespéré, la
narration distille des bribes d’espoir en dépeignant les modes de vie des
différents peuples du désert. L’ensemble est prenant, l’auteur réussissant à
instiller quelques pointes d’humour à un tableau globalement très noir. Le
trait manque parfois de nuance mais constitue néanmoins un récit très sympathique mêlant mysticisme
et prospective géopolitique sur fond de thriller.